Bourdieu : Un guide pour nos luttes quotidiennes

10 ans bourdieu Janvier 2002 – janvier 2012 : voilà dix ans que disparaissait Pierre Bourdieu, sociologue le plus important de ces dernières décennies, penseur majeur de la domination et de la reproduction sociale, infatigable combattant pour un autre monde. Il est étonnant de constater depuis quelques jours l’unanimisme de façade d’une certaine presse sociale-libérale et de ses relais politiques et universitaires, célébrant aujourd’hui Bourdieu après avoir impitoyablement combattu ses idées. On constate une tendance à séparer en deux l’œuvre et la vie de Bourdieu : d’un côté le chercheur respectable et distingué et de l’autre l’affreux idéologue du mouvement social de l’hiver 1995. Pour nous, il est impossible et même malhonnête de séparer ainsi l’intellectuel du militant, le sociologue du pourfendeur des élites médiatiques et politiques.

Les Héritiers, La reproduction sociale

Né en 193O dans une famille paysanne du Béarn, issu d’un milieu populaire qu’il ne reniera jamais, l’existence de Bourdieu est entièrement tournée vers la recherche des causes sociales et culturelles de la domination des puissants. Jeune agrégé de philosophie, il effectue son service militaire en Algérie où il se découvre une vocation de sociologue. Il observe finement les racines du colonialisme et la destruction par celui-ci des formes de solidarité et de sociabilité traditionnelle. De retour en France, il enseigne à l’école pratique des hautes études en sciences sociales. Un temps sous la protection de Raymond Aron, il rompt avec celui-ci au moment de la grève générale de mai 1968. Il commence, dès cette époque, avec son collègue Jean-Claude Passeron, son travail sur l’école comme lieu privilégié de la reproduction des inégalités sociales. Débutés  en 1964 avec Les héritiers, leurs travaux sont approfondis dans un nouvel ouvrage intitulé La reproduction. Paru en 1970, ce livre fait toujours autorité. La démonstration des deux sociologues bouscule bien des certitudes sur l’école républicaine, en montrant qu’elle est aussi un instrument de reproduction sociale qui a tendance à conforter le système en place. Les enfants issus des milieux populaires réussissent moins bien que ceux qui viennent de la bourgeoisie et qui possèdent déjà un important capital culturel. Cette notion de capital culturel devient un invariant de la pensée bourdieusienne. Le sociologue démontrera inlassablement, qu’au-delà du capital financier, le capital culturel participe autant voire davantage à l’organisation de la société en classes sociales antagonistes. En plaçant au cœur du système une forme de violence sociale symbolique, les puissants perpétuent et légitiment ainsi leur domination.

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“Les nouveaux chiens de garde” : un film à aller voir d’urgence !


La séquence qui inaugure le film est une petite pépite qui nous transporte d’abord en 1963. Alain Peyrefitte, ministre de l’information du Général, s’invite au JT de l’ORTF et y répond aux questions qu’il a préalablement rédigées à l’intention du présentateur qui fait semblant de l’interviewer. Hiératique, le regard fixé sur la caméra, le ministre annonce sans rire -car il n’a rien d’un comique troupier- que le journal de 20 h est en passe d’être relooké par le pouvoir et qu’il permettra enfin aux citoyens… d’accéder à une information objective délivrée par des journalistes indépendants ! Mais ce n’est pas tout. 
Ce morceau d’anthologie du PAF est immédiatement mis en relation avec un débat télévisé des années 1990 lors duquel Anne Sinclair, journaliste vedette, marié à un homme politique de premier plan, déclare, hilare après avoir visionné cette pièce d’archive, que le temps où l’information était indissolublement liée au pouvoir politique et économique était définitivement révolu. Visiblement, l’« indépendante » compagne de DSK, entourée de ses semblables et se gaussant du « soviétisme » que manifestait Peyrefitte, ne perçoit pas que sa déclaration satisfaite n’a rien à envier, dans son hypocrisie, à la proclamation péremptoire du ministre gaulliste plus de 30 années auparavant.

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Envers et contre tout, le peuple syrien vaincra !

Par Jean-François Claudon (75)

« Mettez fin à la violence, arrêtez de tuer vos concitoyens : la répression mène à l’impasse ». Tel est l’avertissement sans frais adressé au régime de Bachar Al-Assad par Ban Ki-moon. Ce dernier trouve même des accents dignes des Philippiques quand il lance impitoyablement au visage du dictateur de Damas que « celui qui exerce le pouvoir en usant de la force ou de la coercition court à sa perte ». Quel brûlot ! Le régime syrien tremble sur ses bases… En réalité, malgré le caractère tragicomique des propos du secrétaire général de l’ONU et de la pathétique incapacité des institutions internationales à faire bouger les lignes, de nombreux observateurs s’accordent à dire que les jours de Bachar Al-Assad sont comptés. « Le soutien du Hezbollah, de la Russie et de l’Iran ne sera pas suffisant pour protéger Assad du sort de Hosni Moubarak », affirme notamment un chercheur cité par le quotidien libanais an-Nahar. Au dire de ce spécialiste, Washington et Paris ont déjà pratiquement acté la fin du régime baasiste. Ehud Barak, ministre israélien de la Défense a lui aussi affirmé début janvier que « la famille Assad n’a plus que quelques semaines à exercer le pouvoir en Syrie ». Il semblerait même que de nombreux travailleurs syriens considèrent déjà le régime comme un mauvais souvenir appartenant à un passé révolu. Pourtant, les faits son têtus. Malgré les cris de faon de Ban Ki-moon, les « protestations » des chancelleries occidentales et de la Ligue arabe, malgré surtout les 5000 cadavres jonchant le sol des villes syriennes de Deraa à Damas, en passant par Homs, et les dizaines de milliers d’arrestations arbitraires qui vouent aux gémonies son régime, Bachar Al-Assad se cramponne au pouvoir, refusant le destin que lui assigne, à l’instar de ses amis Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, le développement impétueux de la révolution arabe.

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Contre l’autonomie des écoles primaires!

Article “coup de gueule” d’un camarade des Jeunes Socialistes.

L’autonomie des écoles, voilà le projet de la Droite pour l’école. Finie l’école égalitariste et émancipatrice. Si la droite repasse en 2012, ce sera course à la compétitivité, restrictions budgétaires calamiteuses et dangereuses, suppression totale de la carte scolaire. L’autonomie budgétaire des écoles élémentaires, cette vision ultra-libérale est un véritable danger pour ce service public car elle mettra en concurrence les établissements scolaires favorisera les inégalités, augmentera de manière vertigineuse les coûts de la scolarité alors que l’école Républicaine est avant tout GRATUITE (laïque, et obligatoire…) et fera du métier d’enseignant un travail précaire et totalement dévalorisé.
On voit ce que cette politique a généré pour la santé, la justice, les universités.

Voici deux extraits de cet article qui en disent long sur cette philosophie qu’il nous faut combattre et contrecarrer en avril et mai :
“l’efficacité “productive” est renforcée avec des classements publics des établissements en fonction de leur niveau de performance et la possibilité pour les parents de choisir l’école de leur choix pour leurs enfants. Elle renforce une saine concurrence entre établissements – sachant que les écoles confrontées à des publics difficiles reçoivent plus de ressources au titre de l’efficacité dans l’allocation des ressources évoquée supra [...].
L’autonomie de gestion des écoles peut notamment porter sur la fixation des rémunérations (primes, par exemple), la définition de la structure du budget de l’établissement, des méthodes d’enseignement, et du recours, si nécessaire, à la sous-traitance pour certaines tâches.”

Ne déconnez pas, votez juste en 2012, pensez à nos enfants !

Par Baptiste RIXENS (65)

Article lié sur la TRIBUNE.FR.

Perte du “AAA”, Sarko est mort !

Par Johann CESA (42)

Cette fois c’est fait, la France vient de perdre son fameux triple A. Va-t-elle emprunter demain à des taux records pour payer sa dette ? Non, les marchés prêtaient déjà à 3,4% contre 1,85 pour l’Allemagne, pourtant notée AAA. Ceci n’étonne personne tant les signaux économiques ne parvenaient pas à sortir dans le rouge dans lequel ils demeuraient depuis le retour aux affaires de la droite. Oui, cette perte du triple A est la conséquence ultime de dix ans de politiques néo-libérales qui ont vidé les caisses publiques – souvenez-vous, le gouvernement Jospin avait réussi l’exploit d’avoir des comptes sociaux excédentaires et une cagnotte publique – pour mieux remplir celles du privé. Ce déclassement est le résultat d’une politique brutale sans précédent en France qui casse nos repères sociaux et détruit le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, les services publics.

Ne devait-on pas le garder ce triple A suite aux trois plans de rigueur qui ont tour à tour mis fin à la retraite à 60 ans et augmenter les taxes les plus injustes? Même les gouvernements de techniciens qui paraissaient rassurer quelques traders en manque d’argent frais peinent à réussir. L’Italie vient d’être déclassée au rang du Kazakhstan ! Le pouvoir politique échappe au gouvernement, toutes les politiques de rigueur n’auront pas résisté à la férocité des marchés financiers.

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Signer et faîtes signer !

Les camarades de l’Offensive Socialiste vous incite fortement à signer cette pétition  en cliquant ICI
Xavier Bertrand et Valérie Pécresse viennent de confirmer que le gouvernement répondait favorablement à la demande exprimée par Laurence Parisot, présidente du MEDEF, en octobre dernier d’instaurer une TVA sociale. Cela signifie simplement qu’une partie des cotisations sociales payées par les employeurs vont être supprimées et qu’en contrepartie, la TVA va augmenter.Les cotisations payées par les entreprises sont l’un des piliers de notre modèle social. Elles permettent à chacun d’entre nous d’avoir accès à une retraite, à l’éducation, à la santé ou d’être protégés en cas d’accident. Ces cotisations – que l’on appelle parfois “charges”, c’est bizarre quand on y pense – font partie de nos salaires. Et le gouvernement voudrait les faire baisser ? Pour augmenter la TVA ? La facture est donc présentée aux salariées et salariés. En double. Depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs ont voulu réduire le « coût du travail » à coup d’exonérations de cotisations, nous expliquant que cela créerait des emplois. Résultat, fin 2011, nous avons presque 10% de chômeurs en France. Très efficace.
Retraite, santé, allocations chômage, accidents du travail, indemnité journalières : depuis qu’elle est au pouvoir, la droite s’est acharnée à détruire notre système de protection sociale.
Pour sortir de la crise, il faut relancer la croissance. Et pour ceci, pas d’autre solution que d’augmenter le pouvoir d’achat et de créer des emplois. En baissant les salaires – mêmes indirects – pour augmenter la TVA, la droite fait exactement l’inverse.

L’école sous l’emprise du Capital !

éducation Christian LavalChristian Laval, sociologue travaillant à l’institut de recherches de la FSU, est le co-auteur d’un récent ouvrage intitulé la nouvelle école capitaliste, aux Éditions de la découverte. Ce livre décrit une école de la ségrégation économique et sociale ou la concurrence règne désormais à tous les étages. C’est un ouvrage indispensable pour comprendre les réformes de la droite contre l’école et pour réarmer la gauche dans la bataille pour la démocratisation scolaire, pilier d’une République sociale et émancipatrice.

1) Peux-tu expliciter le titre du récent ouvrage dont tu es le co-auteur? Pourquoi parler d’une nouvelle école capitaliste?

L’expression de « nouvelle école capitaliste » désigne  le résultat possible des transformations,  si rien n’est fait pour les interrompre,  que les systèmes d’enseignement sont en train de connaître à peu près partout dans le monde, et entre autres en France. Le titre qui évoque bien sûr un ouvrage célèbre en son temps de Baudelot et Establet, L’école capitaliste en France (1971) entend mettre les points sur les i. Le néolibéralisme est en train de réduire complètement l’indépendance relative dont jouissait l’école (et les autres institutions d’ailleurs) par rapport aux normes et impératifs du capitalisme.
Cette mutation n’est pas toujours bien comprise.
D’abord parce que les questions scolaires ont subi comme les autres questions sociales une terrible dépolitisation, comme si la pédagogie, les modes de sélection et de recrutement dans les sections ou les établissements, l’organisation du pouvoir dans les écoles, collèges, lycées ou universités ne relevaient pas de problématiques politiques mais de registres techniques ou organisationnels. Les experts en management et en pédagogie ont joué un rôle très néfaste depuis les années 1980 et même hélas un certain nombre de sociologues ou d’historiens de l’éducation, qui n’ont pas compris la situation nouvelle dans laquelle étaient plongées la société et les institutions depuis le triomphe des politiques néolibérales. Un certain nombre d’entre eux ont fait et continuent de faire comme si l’école et l’université étaient restées en dehors des politiques néolibérales qui affectent pourtant tous les secteurs de l’action étatique. Ensuite, parce que les transformations se présentent comme un ensemble de mesures partielles, décousues, fragmentées dont on ne voit pas la cohérence d’ensemble. Quels rapports par exemple entre l’imposition de la logique des compétences dans l’évaluation des élèves, le pilotage par la concurrence entre établissements scolaires et l’évaluation individuelle des enseignants par leurs chefs d’établissement ? Lire la suite

A bas la répression sur la place Tahrir !

Par Jean-François Claudon (75)

L’Égypte, à l’instar des autres pays arabes pour lesquels 2011 fut une « année sans pareille », est à un tournant. L’implosion du régime dictatorial de Moubarak, soutenu à bout de bras par les impérialistes occidentaux, a dégagé toute son l’énergie interne. Le processus révolutionnaire a perdu, avec la fin de l’illusion lyrique propre à toute soulèvement démocratique victorieux, son élan initial et doit trouver un nouveau souffle s’il ne veut pas vaciller sur ses bases et, peut-être à très court terme, laisser place nette à la réaction militaire ou encore dégénérer en contre-révolution intégriste. A tâtons, la jeunesse et les travailleurs d’Égypte commencent à comprendre que la chute du tyran ne peut suffire à améliorer leur quotidien puisque le chômage, déjà important avant la révolution de janvier-février 2011, est en passe de devenir une nouvelle plaie d’Égypte. Les masses cairotes, qui représentent 15 % de la population égyptienne et près de la moitié du salariat du pays, ne se sortent pas plus qu’avant de leurs problèmes de logement ou d’approvisionnement et elles se rendent bien compte que le « plus jamais ça » qu’elles ont clamé aux abords de la place Tahrir depuis le 11 février, jour de la chute du Raïs, implique une rupture bien plus profonde qu’il n’y paraît avec l’ordre ancien. Mettre définitivement dehors Moubarak impose au peuple égyptien d’en finir avec l’appareil d’État oppresseur qui a survécu à la chute du tyran. D’en finir avec l’armée des petits chefs, avec l’administration corrompue, mais aussi avec les chancelleries des États occidentaux qui ont soutenu à bout de bras le dictateur et qui ne se sont résolus à admettre sa chute que dans l’espoir de le remplacer à terme par une créature moins controversée. Depuis plusieurs mois, le fossé entre la fraction révolutionnaire du peuple et l’armée s’approfondissait doucement mais sûrement. Les évènements qui se déroulent actuellement sous nos yeux, pour dramatiques qu’ils sont, n’ont donc malheureusement rien de surprenant.

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Joyeux noël aux salariés des aéroports : vive leur mouvement de grève !

Par Julien GUERIN (77)

Dans la prétendue atonie des fêtes de fin d’année, la lutte des classes vient de s’inviter à la table du grand festin commercial et consumériste. Comme un coup de tonnerre dans un ciel où tout un chacun est invité, le temps d’un réveillon, à festoyer dans la joie et l’allégresse pour oublier les effets d’une crise sans précédent, la lutte sociale de milliers de travailleurs se retrouve au cœur de l’actualité. Les salariés français des aéroports chargés de la sûreté des passagers et, en Belgique, les cheminots en lutte contre la casse des retraites, viennent rappeler avec force que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes possibles. La lutte des salariés ne connaît pas de trêve, il n’y a pas de répit pour ceux qui luttent et notre solidarité va instinctivement à ces travailleurs qui se battent pour améliorer leur quotidien. Alors que le gouvernement hausse le ton, que le sieur Guéant menace et fait réquisitionner les forces de police pour remplacer les grévistes, la gauche doit réagir et apporter son soutien au mouvement. Lire la suite

Soulagement pour Mumia Abu-Jamal : il ne sera pas exécuté… Mais condamné à finir sa vie en prison

Par Julien GUERIN (77)

Condamné à mort en 1982 pour le meurtre présumé d’un policier de Philadelphie, Mumia Abu Jamal, devenu depuis un symbole international de la lutte contre la peine de mort, vient de voir définitivement commuée sa condamnation à une peine de prison à perpétuité. Croupissant depuis trente ans dans le couloir de la mort, Mumia vient de remporter une première victoire. Cependant cette première avancée, qui est aussi un soulagement pour ceux qui l’ont soutenu, demeure insuffisante puisque Mumia reste derrière les barreaux…

Rappelons rapidement la trame de cette histoire qui, une fois de plus, a entaché la justice américaine en mettant en évidence son visage de classe trop souvent raciste. Le 9 décembre 1981, Mumia qui est alors chauffeur de taxi, intervient auprès du policier Daniel Faulkner qui est en train de contrôler son frère. Dans des conditions troubles, une fusillade éclate, le policier est tué tandis que Mumia, blessé, gît sur le trottoir lors de l’arrivée des secours. Une arme, dont il est le détenteur, est retrouvée sur les lieux. Il n’en faut pas plus pour en faire un coupable idéal. L’enquête est bâclée en quelques semaines et, en juillet 1982, le juge Sabo condamne Mumia à la peine de mort après avoir prononcé ses mots : « Je vais les aider à faire griller ce nègre ». Tout est dit sur l’impartialité de ce procès à sens unique. Il faut dire que Mumia n’est pas n’importe quel citoyen américain ordinaire. Né en 1954, c’est un militant convaincu de la cause des noirs, un inlassable défenseur de l’égalité sociale en même temps qu’un pourfendeur de l’Amérique impérialiste et néo-colonialiste. Proche des Black Panthers puis journaliste sur une radio locale, ses billets au vitriol contre les violences policières, le racisme des autorités de Philadelphie et son soutien au groupe activiste MOVE attire sur lui l’attention des autorités. Au moment des faits de décembre 1981 il est donc un coupable idéal.

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Le salariat ne veut pas d’une gauche qui gagnerait par défaut

Tribune de l’Offensive Socialiste parut dans Marianne
Au risque de choquer rédactions et salons, la tâche politique de l’heure n’est pas de commenter l’un de ces nombreuses enquêtes qui annoncent la baisse de François Hollande dans les sondages, mais bien de comprendre pourquoi le salariat est aujourd’hui en pleine interrogation sur son choix décisif qu’il fera au soir du 22 avril 2012.
L’esprit bonapartiste de cette Ve République aux allures monarchistes à peine voilées ne soumet à son choix rien d’autre qu’une gamme de personnalités plus ou moins loufoques. Et fatalement, cette équipée baroque de roitelets en devenir est suivie de son cortège de petites phrases, d’exclusivités pipoles, d’accords politiques concluent à la petite semaine. Mais, le 22 avril 2012, il faudra malgré tout choisir.
Choisir ? « Pour quoi faire ? C’est Hollande qui va gagner, c’est sûr. On vient de subir cinq ans de Chirac et autant de Sarko, les primaires ont été un succès phénoménal. En plus, si ca se trouve, Marine sera au second tour face à François. Alors là, c’est gagné à 100 %. » !
Sauf que voilà… Que propose-t-on aux salariés de ce pays qui souffrent depuis dix ans des coups de boutoir de la droite ? De donner du sens à la rigueur ? De ne pas revenir sur les lois scélérates et antisociales de la droite ? De baisser les cotisations patronales ? Toutes ces recettes sociales-libérales qui ponctionnent un peu plus encore le porte-monnaie des salariés pour permettre à la bande du Fouquet’s de vivre grassement doivent cesser et faire place nette à une véritable politique de rupture avec le capitalisme, une politique de transformation sociale, qui n’hésiterait pas à reprendre la main sur ce sacro-saint « marché » qui a largement dépassé sa date de péremption.

Editorial Unité n°43

Face à la rigueur imposée à tout un continent,

la jeunesse doit se soulever !

Chômage, précarité et austérité pour le salariat dans son ensemble ; baisse d’impôts, privilèges éhontés et impunité absolue pour les banksters et les spéculateurs de tout poil. La pente naturelle du système capitaliste devient une réalité abrupte dans la France de Sarko la Fraude et dans l’Europe de la panzer-chancelière. Non content de casse méthodiquement les acquis sociaux (c’est leur mission historique, après tout !), les spéculateurs en pleine confiance se permettent d’installer au pouvoir des technocrates retors et des ternes idéologues sans demander une seule seconde leur avis aux peuples. D’Athènes à Rome, ceux-là même qui ont maquillé les comptes, dirigé une agence de notation, ou encore enseigné avec conviction des dogmes libéraux pourtant éculés, se retrouvent désignés, par l’onction de la finance, « maîtres tout puissants » des États pour mieux administrer aux salariés européens la pilule de la rigueur. Au final, bien malin celui qui dénichera une différence entre ces gouvernements d’Union sacrée et les autres gouvernants libéraux et sociaux-démocrates européens. Mis à part la légitimité démocratique, rien ne les oppose. Pour eux, le seul problème de l’heure, c’est le remboursement de la dette et la solution est toute trouvée : la faire payer aux salariés.

Cette dette est en partie illégitime, puisque elle résulte de politiques néo-libérales toujours prompts à diminuer la pression fiscale des plus riches et à faire grimper les intérêts de la dette qui profitent aux mêmes. On comprend que les promoteurs de telles politiques n’aient pas demandé aux salariés leur avis, car ils connaissaient déjà leur réponse… Cette dette-là ne doit pas être remboursée ! Qu’ils l’effacent ! Qu’ils laissent les banques s’effondrer ! En bons libéraux qu’ils sont, les Merkel, Sarko, Monti et autres Papadémos devraient faire confiance à la sacro-sainte autorégulation du marché et aux tours de passe-passe que peut réaliser sa fameuse « main invisible » ! La dette légitime, c’est celle qui construit nos écoles, nos hôpitaux, nos routes, nos bureaux de postes. Cette dette qui permet de réduire les inégalités induites par le système capitaliste doit, elle, être restructurée car son montant, gonflé artificiellement par les politique de baisse d’impôt pour les plus riches, doit être drastiquement revu à la baisse.

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Victoire de la droite en Espagne, une semaine après : analyse et perspectives

Par Johann CESA (42)

En Espagne, pas besoin de Goldman Sach’s pour nommer le prochain Premier Ministre ou décider de la politique économique du pays. Les sociaux libéraux ont fait le boulot à sa place. Les élections législatives anticipées ont tranché ! Dimanche dernier, les électeurs espagnols ont infligé une cuisante défaite au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) puisqu’il ne compte plus que 110 sièges au congrès avec seulement 28% des voix, soit son plus mauvais score depuis la fin du franquisme. Cette défaite marque la fin d’une politique blairo-socialiste plus soucieuse du sort des bourses que des conditions d’existences des travailleurs. Cette défaite, une véritable fessé en réalité, doit nous interpeller, socialistes français, sur la capacité à la social-démocratie version Hollande d’affronter la crise économique et sociale et de faire autre chose que la droite. Bref l’alternative au capitalisme et non sa simple alternance.

Une droite espagnole très à droite

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La gauche européenne ne doit pas tomber dans le piège de l’Union nationale !

Par Jean-François Claudon (75)

Georgios n’a pas l’air comme ça, mais c’est un petit marrant. Il en a joué une bonne au peuple grec en annonçant le 31 octobre dernier la tenue d’un référendum sur le fameux « plan de sauvetage de la Grèce », puis en rebroussant chemin dès le jeudi 4 novembre, après s’être fait vertement sermonné par la panzer-chancelière d’Europe qui ne sort plus sans son petit roquet français. A son corps défendant, pensant certainement que le sort de sa caste était étroitement lié à son destin personnel, Papandréou avait sans le savoir ouvert la boîte de Pandore de l’insurrection électorale. Nous avons entrevu, l’espace d’un instant, la perspective d’un soulèvement des peuples d’Europe contre les spéculateurs, d’un incendie social qui prendrait enfin à l’échelle continentale, 6 ans après l’étincelle allumée en France au soir du 29 mai 2005… Papandréou a alors pris conscience de la bombe à retardement qu’il avait malencontreusement enclenchée en en appelant au peuple hellène, mais il était trop tard. Cette fin de race issue de la plus grande dynastie de politiciens que la Grèce n’ait jamais enfantée avait failli. Les bourgeoisies européennes, par la voix du tandem Merkel-Sarko, n’avait plus qu’à mettre au rancart cette marionnette qui s’est soudainement animée, mais qui ne faisait plus rire personne. Et c’est maintenant au tour du guignol de Milan d’être poussé dehors par la main bien visible du « marché ». Sale temps pour les comiques qui, par leur sauts d’humeur intempestifs, hérissent le poil des spéculateurs… L’heure est aux gouvernements de salut public du capital !

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Unité n°43, en direct du Xème congrès des Jeunes Socialistes

le journal de l'Offensive SocialisteCliquez ici

 Au Sommaire de ce numéro :

Edito (p.1):  Face à la rigueur imposée à tout un continent, la jeunesse doit se soulever !

Actu (p.2): Tunisie, un premier bilan d’unscrutin en trompe l’œil

A  lire (p.3): Dette indigne, 10 questions, 10 réponses

Qu’est ce que l’Offensive Socialiste et Abonnez vous !(p.4)

Numéro disponible en version papier à Strasbourg ce week-end à l’occassion du 10ème Congrès du MJS. DEMANDEZ LE !

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Non à l’austérité, non au remboursement de la dette !

riche payentEn cette fin d’année 2011, un spectre hante désormais toute l’Europe, celui de l’austérité généralisée contre les salariés. Depuis la crise boursière et bancaire qui a éclaté en 2008, c’est à une vaste et brutale offensive de la finance et du patronat à laquelle nous assistons. La crise dite des dettes souveraines en est une parfaite illustration. Alors que les États ont fait de la baisse de la pression fiscale sur les plus riches et les grandes entreprises l’alpha et l’oméga de toute leur politique depuis quinze ans, on semble soudain découvrir que les caisses publiques sont vides. Alors que les gouvernements ont aligné des milliards d’euros pour renflouer le système bancaire au bord de la faillite généralisée en 2008, on s’aperçoit que les dettes ont explosé après ce véritable racket organisé. Une litanie monte alors de tous les pays européens : « il faut rembourser cette dette ». Tous les arguments sont utilisés pour persuader les peuples qu’ils doivent payer sans délai des dettes dont ils ne sont en rien responsables. Tous les registres sont employés pour faire passer la pilule. Celui du bon sens : «  mais enfin,  on ne peut vivre au-dessus de ses moyens » mais également celui de la culpabilisation : «  nous ne pouvons faire payer la dette à nos enfants et petits-enfants ». On tente d’inoculer le virus de la peur et de la résignation à tous les salariés d’Europe, et cela dans le seul but de favoriser encore et toujours l’accumulation capitaliste entre les mains d’une petite minorité de parasites sociaux : grands banquiers, spéculateurs de tout poil, PDG de multinationales…

« Il n’y a pas d’alternative » ?

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Pour une loi d’encadrement des externalisations abusives

Par Tuncay CILGI

Depuis les années 80, les entreprises privées et publiques recourent de plus en plus à l’externalisation de leurs activités qui consiste à confier une ou plusieurs parties des biens et services qu’elles produisent à une ou plusieurs entreprises extérieures de taille plus petite. Le principal motif invoqué par ces entreprises dites « donneurs d’ordre », est de se recentrer sur leur cœur de métier. Dans les faits, avancer cette motivation constitue une stratégie pour se débarrasser des responsabilités sociales et environnementales qui leur incombent en les faisant porter aux entreprises sous-traitantes et à leurs salariés. Cette procédure, très à la mode chez les grandes et moyennes entreprises publiques et privées, est la source d’innombrables dégâts sociaux et environnementaux, tant pour les salariés de l’entreprise qui externalise que pour l’entreprise sous-traitante et ses salariés.

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En Grèce, referendum populaire ou plébiscite réactionnaire ?

grècePanique ! Chaos ! Coup de poker ! Confusion ! Krach ! Tout y passe pour signifier la stupeur qui saisit ce matin les éditorialistes bien-pensants suite au coup politique que vient d’asséner à son corps défendant Papandréou aux libéraux européens, en annonçant son souhait de consulter le peuple grec sur la question du plan de sauvetage de l’euro. Le Figaro, organe de presse sarkozyste s’il en est, allant même jusqu’à accuser Papandréou de « mettre l’euro en péril » à lui tout seul… Les bourses se sont déjà affolées et les banques continuent à perdre gros aux jeux du casino dont elles avaient pourtant inventé les règles, tout en prônant évidemment la “dérégulation” qui laisse libre cours à la “main invisible” du sacro-saint “marché”. Loin de nous de vouloir défendre le prétendu “socialiste” Papandréou qui continue de saigner aux quatre veines les salariés grecs, et qui de toute façon défendra ce plan de sauvetage, mais il nous semble important, malgré et contre la politique néo-libérale menée par le Pasok depuis 2009, de saluer ce formidable pied de nez adressé au tandem de forcenés Sarko-Merkel !

Une victoire pour le peuple grec

Des mois et des mois qu’ils se mettent en grève régulièrement, qu’ils subissent les multiples plans de rigueur de la troïka BCE-Commission Européenne-FMI, qu’ils essuient les pires quolibets venus du monde entier ; les salariés grecs vont pouvoir prendre leur revanche. Ce referendum ne règlera pas automatiquement leurs problèmes socio-économiques, mais il apparait aujourd’hui comme une bouffée d’air démocratique pour un peuple à qui l’on promettait déjà un gouvernement d’union nationale entérinant illico le plan de sauvetage européen, malgré les des centaines de milliers de manifestants qui réclament inlassablement des législatives anticipées. Seules élections capables de renverser ce gouvernement dit “social-démocrate”, devenu le toutou docile des marchés financiers, et de permettre à un nouveau Premier Ministre d’avoir une réelle légitimité démocratique pour affronter les diktats des délinquants de la finance de marché. Ce referendum n’est qu’une première étape pour permettre à la Grèce de sortir de sa crise politique. La crise sociale, elle, va perdurer encore un bon moment… Lire la suite

En Libye, Sarkozy ne sauve pas des vies, mais les profits du CAC 40 !

Le chef de guerre Sarkozy aurait envoyé l’armée française en Libye pour sauver les civils et les opposants au régime du dictateur Kadhafi… Qui peut croire un instant aux intentions démocratiques de Sarkozy qui à l’été 2007, en visite à Tripoli, avait déclaré à Kadhafi que la France était « disposée à établir un partenariat d’exception avec la Libye, à parler de tous les sujets sans tabou, qu’il s’agisse de la défense, du nucléaire et de l’Union Méditerranéenne » ? Le même Sarkozy qui accueillait, le 10 décembre suivant -jour de la célébration des droits de l’homme-, Muhammar, le nouvel « ami de la France », avec tout le décorum qui sied à un dictateur mégalo, du déroulé de tapis rouge à la tente plantée dans les jardins d’un hôtel particulier des beaux quartiers parisiens ! Et que dire de Fillon réduit face aux critiques à demander piteusement « que les donneurs de leçons tournent sept fois leur langue dans leur bouche » ?

Qui peut croire un instant ce président qui voulait vendre, il y a à peine deux ans, des armes et une centrale nucléaire au tyran ? En visite en Libye avec David Cameron, le 16 septembre dernier, Sarkozy a démenti tout accord secret sur le pétrole. Mais n’avait-il pas aussi juré de ne pas toucher à EDF, ni à la retraite à 60 ans ? Il faudrait croire ce nouveau « super-menteur », dont l’actuel ministre de l’intérieur, Claude Guéant, négociait, selon Médiapart, des contrats de ventes d’armes au régime de Kadhafi, entre 2005 et 2007, via l’homme de l’ombre qu’était Ziad Takkiedine ? Lire la suite

Confiance et détermination : Martine Aubry peut gagner !

Que de surprises ! La mobilisation, d’abord. Deux millions et demi d’électeurs de gauche ont fait le déplacement pour choisir le candidat en phase avec leurs aspirations. Le score de François Hollande ensuite. Beaucoup prédisaient sa victoire dès le premier tour, il n’en n’est rien. L’homme providentiel, le candidat plébiscité par les sondeurs, n’est plus : place maintenant à la politique et à la réflexion… Enfin ! Martine Aubry fait mieux que de résister face au candidat socialiste qui incarnait, bon gré mal gré, les pesanteurs de la Vème république dans nos rangs. L’ancienne Première secrétaire n’accuse qu’un retard de 8 points et elle dispose d’un réservoir de voix presque infini : les suffrages du peuple de gauche qui sait maintenant où est la dynamique pour se frayer un chemin vers le socialisme, malgré et contre la logique bonapartiste des primaires. Le score de la Dame des 35 heures est un dur coup pour les analystes de salon qui lui prédisaient un enterrement de première classe ! Restent le résultat surprenant d’un Montebourg, qu’aucun politologue n’avait vu venir, ainsi que la déconfiture spectaculaire de l’apôtre de « l’Ordre juste ». Taisons enfin, par charité socialiste, le score obtenu par Manuel Valls, les électeurs de gauche ayant su renvoyer dans les cordes le candidat de droite. Bon débarras !

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