50 ans après : l’indépendance de l’Algérie, un enjeu des élections à venir

Début 1962, les « opérations de maintien de l’ordre » s’éternisent en Algérie. De Gaulle, pourtant arrivé eu pouvoir en mai 1958 sur le thème de l’Algérie française, est maintenant convaincu de la nécessité d’un processus débouchant sur son indépendance. L’extrême droite et les militaires ne lui pardonnent pas ce revirement et soutiennent la création d’un groupe terroriste, l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS). Ce groupe fanatique de « l’Algérie française » s’en prend aux militants du FLN, que ce soit en France ou en Algérie, ainsi qu’à tous ceux qui les aident (communistes, PSU, chrétiens de gauche, intellectuels…).

En France, le FLN était incontestablement à son apogée en 1961. L’organisation indépendantiste avait tout d’abord fait le vide autour d’elle en éliminant méthodiquement les militants du MNA qui étaient opposés à la stratégie insurrectionnelle prônée par le Front de libération, ainsi qu’à son alignement jugé excessif sur les positions pan-arabes du Caire. Selon Benjamin Stora, « à partir de 1958, sous les coups de boutoir du FLN, le MNA commence à s’effondrer. Fin 60, début 61, le FLN a gagné, la bataille est terminée ». Par ailleurs, le FLN d’Algérie sort exsangue l’offensive dirigée par le général Challe qui se déroulent de 1959 à la mi-61. Le dos au mur, le FLN, qui s’appuyait jusque-là que son dense réseau de maquis dans les djebels, doit maintenant mettre en avant son rayonnement international et, par suite, son implantation de masse en France afin de peser dans les pourparlers avec le pouvoir gaulliste qui se profilent à l’horizon. Les effectif du mouvement indépendantiste le lui permettent : le FLN compte alors plus de 120 000 cotisants en France, dont 36 000 dans la capitale, et plus de 50 000 en région parisienne.

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Envers et contre tout, le peuple syrien vaincra !

Par Jean-François Claudon (75)

« Mettez fin à la violence, arrêtez de tuer vos concitoyens : la répression mène à l’impasse ». Tel est l’avertissement sans frais adressé au régime de Bachar Al-Assad par Ban Ki-moon. Ce dernier trouve même des accents dignes des Philippiques quand il lance impitoyablement au visage du dictateur de Damas que « celui qui exerce le pouvoir en usant de la force ou de la coercition court à sa perte ». Quel brûlot ! Le régime syrien tremble sur ses bases… En réalité, malgré le caractère tragicomique des propos du secrétaire général de l’ONU et de la pathétique incapacité des institutions internationales à faire bouger les lignes, de nombreux observateurs s’accordent à dire que les jours de Bachar Al-Assad sont comptés. « Le soutien du Hezbollah, de la Russie et de l’Iran ne sera pas suffisant pour protéger Assad du sort de Hosni Moubarak », affirme notamment un chercheur cité par le quotidien libanais an-Nahar. Au dire de ce spécialiste, Washington et Paris ont déjà pratiquement acté la fin du régime baasiste. Ehud Barak, ministre israélien de la Défense a lui aussi affirmé début janvier que « la famille Assad n’a plus que quelques semaines à exercer le pouvoir en Syrie ». Il semblerait même que de nombreux travailleurs syriens considèrent déjà le régime comme un mauvais souvenir appartenant à un passé révolu. Pourtant, les faits son têtus. Malgré les cris de faon de Ban Ki-moon, les « protestations » des chancelleries occidentales et de la Ligue arabe, malgré surtout les 5000 cadavres jonchant le sol des villes syriennes de Deraa à Damas, en passant par Homs, et les dizaines de milliers d’arrestations arbitraires qui vouent aux gémonies son régime, Bachar Al-Assad se cramponne au pouvoir, refusant le destin que lui assigne, à l’instar de ses amis Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, le développement impétueux de la révolution arabe.

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A bas la répression sur la place Tahrir !

Par Jean-François Claudon (75)

L’Égypte, à l’instar des autres pays arabes pour lesquels 2011 fut une « année sans pareille », est à un tournant. L’implosion du régime dictatorial de Moubarak, soutenu à bout de bras par les impérialistes occidentaux, a dégagé toute son l’énergie interne. Le processus révolutionnaire a perdu, avec la fin de l’illusion lyrique propre à toute soulèvement démocratique victorieux, son élan initial et doit trouver un nouveau souffle s’il ne veut pas vaciller sur ses bases et, peut-être à très court terme, laisser place nette à la réaction militaire ou encore dégénérer en contre-révolution intégriste. A tâtons, la jeunesse et les travailleurs d’Égypte commencent à comprendre que la chute du tyran ne peut suffire à améliorer leur quotidien puisque le chômage, déjà important avant la révolution de janvier-février 2011, est en passe de devenir une nouvelle plaie d’Égypte. Les masses cairotes, qui représentent 15 % de la population égyptienne et près de la moitié du salariat du pays, ne se sortent pas plus qu’avant de leurs problèmes de logement ou d’approvisionnement et elles se rendent bien compte que le « plus jamais ça » qu’elles ont clamé aux abords de la place Tahrir depuis le 11 février, jour de la chute du Raïs, implique une rupture bien plus profonde qu’il n’y paraît avec l’ordre ancien. Mettre définitivement dehors Moubarak impose au peuple égyptien d’en finir avec l’appareil d’État oppresseur qui a survécu à la chute du tyran. D’en finir avec l’armée des petits chefs, avec l’administration corrompue, mais aussi avec les chancelleries des États occidentaux qui ont soutenu à bout de bras le dictateur et qui ne se sont résolus à admettre sa chute que dans l’espoir de le remplacer à terme par une créature moins controversée. Depuis plusieurs mois, le fossé entre la fraction révolutionnaire du peuple et l’armée s’approfondissait doucement mais sûrement. Les évènements qui se déroulent actuellement sous nos yeux, pour dramatiques qu’ils sont, n’ont donc malheureusement rien de surprenant.

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Soulagement pour Mumia Abu-Jamal : il ne sera pas exécuté… Mais condamné à finir sa vie en prison

Par Julien GUERIN (77)

Condamné à mort en 1982 pour le meurtre présumé d’un policier de Philadelphie, Mumia Abu Jamal, devenu depuis un symbole international de la lutte contre la peine de mort, vient de voir définitivement commuée sa condamnation à une peine de prison à perpétuité. Croupissant depuis trente ans dans le couloir de la mort, Mumia vient de remporter une première victoire. Cependant cette première avancée, qui est aussi un soulagement pour ceux qui l’ont soutenu, demeure insuffisante puisque Mumia reste derrière les barreaux…

Rappelons rapidement la trame de cette histoire qui, une fois de plus, a entaché la justice américaine en mettant en évidence son visage de classe trop souvent raciste. Le 9 décembre 1981, Mumia qui est alors chauffeur de taxi, intervient auprès du policier Daniel Faulkner qui est en train de contrôler son frère. Dans des conditions troubles, une fusillade éclate, le policier est tué tandis que Mumia, blessé, gît sur le trottoir lors de l’arrivée des secours. Une arme, dont il est le détenteur, est retrouvée sur les lieux. Il n’en faut pas plus pour en faire un coupable idéal. L’enquête est bâclée en quelques semaines et, en juillet 1982, le juge Sabo condamne Mumia à la peine de mort après avoir prononcé ses mots : « Je vais les aider à faire griller ce nègre ». Tout est dit sur l’impartialité de ce procès à sens unique. Il faut dire que Mumia n’est pas n’importe quel citoyen américain ordinaire. Né en 1954, c’est un militant convaincu de la cause des noirs, un inlassable défenseur de l’égalité sociale en même temps qu’un pourfendeur de l’Amérique impérialiste et néo-colonialiste. Proche des Black Panthers puis journaliste sur une radio locale, ses billets au vitriol contre les violences policières, le racisme des autorités de Philadelphie et son soutien au groupe activiste MOVE attire sur lui l’attention des autorités. Au moment des faits de décembre 1981 il est donc un coupable idéal.

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Victoire de la droite en Espagne, une semaine après : analyse et perspectives

Par Johann CESA (42)

En Espagne, pas besoin de Goldman Sach’s pour nommer le prochain Premier Ministre ou décider de la politique économique du pays. Les sociaux libéraux ont fait le boulot à sa place. Les élections législatives anticipées ont tranché ! Dimanche dernier, les électeurs espagnols ont infligé une cuisante défaite au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) puisqu’il ne compte plus que 110 sièges au congrès avec seulement 28% des voix, soit son plus mauvais score depuis la fin du franquisme. Cette défaite marque la fin d’une politique blairo-socialiste plus soucieuse du sort des bourses que des conditions d’existences des travailleurs. Cette défaite, une véritable fessé en réalité, doit nous interpeller, socialistes français, sur la capacité à la social-démocratie version Hollande d’affronter la crise économique et sociale et de faire autre chose que la droite. Bref l’alternative au capitalisme et non sa simple alternance.

Une droite espagnole très à droite

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La gauche européenne ne doit pas tomber dans le piège de l’Union nationale !

Par Jean-François Claudon (75)

Georgios n’a pas l’air comme ça, mais c’est un petit marrant. Il en a joué une bonne au peuple grec en annonçant le 31 octobre dernier la tenue d’un référendum sur le fameux « plan de sauvetage de la Grèce », puis en rebroussant chemin dès le jeudi 4 novembre, après s’être fait vertement sermonné par la panzer-chancelière d’Europe qui ne sort plus sans son petit roquet français. A son corps défendant, pensant certainement que le sort de sa caste était étroitement lié à son destin personnel, Papandréou avait sans le savoir ouvert la boîte de Pandore de l’insurrection électorale. Nous avons entrevu, l’espace d’un instant, la perspective d’un soulèvement des peuples d’Europe contre les spéculateurs, d’un incendie social qui prendrait enfin à l’échelle continentale, 6 ans après l’étincelle allumée en France au soir du 29 mai 2005… Papandréou a alors pris conscience de la bombe à retardement qu’il avait malencontreusement enclenchée en en appelant au peuple hellène, mais il était trop tard. Cette fin de race issue de la plus grande dynastie de politiciens que la Grèce n’ait jamais enfantée avait failli. Les bourgeoisies européennes, par la voix du tandem Merkel-Sarko, n’avait plus qu’à mettre au rancart cette marionnette qui s’est soudainement animée, mais qui ne faisait plus rire personne. Et c’est maintenant au tour du guignol de Milan d’être poussé dehors par la main bien visible du « marché ». Sale temps pour les comiques qui, par leur sauts d’humeur intempestifs, hérissent le poil des spéculateurs… L’heure est aux gouvernements de salut public du capital !

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En Grèce, referendum populaire ou plébiscite réactionnaire ?

grècePanique ! Chaos ! Coup de poker ! Confusion ! Krach ! Tout y passe pour signifier la stupeur qui saisit ce matin les éditorialistes bien-pensants suite au coup politique que vient d’asséner à son corps défendant Papandréou aux libéraux européens, en annonçant son souhait de consulter le peuple grec sur la question du plan de sauvetage de l’euro. Le Figaro, organe de presse sarkozyste s’il en est, allant même jusqu’à accuser Papandréou de « mettre l’euro en péril » à lui tout seul… Les bourses se sont déjà affolées et les banques continuent à perdre gros aux jeux du casino dont elles avaient pourtant inventé les règles, tout en prônant évidemment la « dérégulation » qui laisse libre cours à la « main invisible » du sacro-saint « marché ». Loin de nous de vouloir défendre le prétendu « socialiste » Papandréou qui continue de saigner aux quatre veines les salariés grecs, et qui de toute façon défendra ce plan de sauvetage, mais il nous semble important, malgré et contre la politique néo-libérale menée par le Pasok depuis 2009, de saluer ce formidable pied de nez adressé au tandem de forcenés Sarko-Merkel !

Une victoire pour le peuple grec

Des mois et des mois qu’ils se mettent en grève régulièrement, qu’ils subissent les multiples plans de rigueur de la troïka BCE-Commission Européenne-FMI, qu’ils essuient les pires quolibets venus du monde entier ; les salariés grecs vont pouvoir prendre leur revanche. Ce referendum ne règlera pas automatiquement leurs problèmes socio-économiques, mais il apparait aujourd’hui comme une bouffée d’air démocratique pour un peuple à qui l’on promettait déjà un gouvernement d’union nationale entérinant illico le plan de sauvetage européen, malgré les des centaines de milliers de manifestants qui réclament inlassablement des législatives anticipées. Seules élections capables de renverser ce gouvernement dit « social-démocrate », devenu le toutou docile des marchés financiers, et de permettre à un nouveau Premier Ministre d’avoir une réelle légitimité démocratique pour affronter les diktats des délinquants de la finance de marché. Ce referendum n’est qu’une première étape pour permettre à la Grèce de sortir de sa crise politique. La crise sociale, elle, va perdurer encore un bon moment… Lire la suite

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