Quelques vérités bonnes à dire à 4 jours du 1er tour

A l’issue d’une campagne de 1er tour qui n’a pas été aussi caricaturale que ne veulent bien le dire les éditorialistes, il devient envisageable de dégager les grandes lignes de force de la 1ère séquence électorale d’un année 2012 qui en comptera au moins quatre. La première évidence, c’est que Sarkozy peut être battu. Il semble même se résoudre à la défaite, lui qui avait un temps évoqué de façon pathétique son retrait de la vie politique, préférant l’existence fastueuse d’un médiocre avocat d’affaire à l’ingratitude du travail militant qu’il a comparé à une réclusion au carmel… Hier, sur France Inter, Sarko a même tenté de faire de l’humour à ce sujet. En effet, alors que cette antenne, qui ne le maltraite pas outre mesure depuis qu’il a rappelé en être le principal « actionnaire », avait fait maladroitement précéder son interview d’un retour sur la campagne de Giscard en 1981, le nouvel apôtre de la « France forte » a ironisé en demandant si les programmateurs d’Inter n’avaient pas fait exprès d’évoquer l’amer défaite d’un président sortant juste avant son passage sur les ondes. On pourrait certes imaginer que Sarko tente par là de susciter la sympathie en faisant mine de supporter stoïquement son sort, tel un Poulidor de la politique. Mais cette posture de looser chiraquien ne ressemble par à l’omniprésident qu’a été Bling-Bling. Si cette fois, il ne la sent pas, c’est vraiment qu’il ne la sent pas.

Car nous sommes en effet des millions à vouloir lui dire de toutes nos forces : « casse-toi » en prenant bien garde de prendre avec toi tous ceux qui ont sali la république, siphonné les caisses publiques au profit de celle du CAC 40, qui se sont ingéniés à diviser coûte que coûte les salariés et à les mettre en coupe réglée au nom de la libre concurrence. Cette bande de copains et de coquins est minoritaire et elle a perdu un à un tous ses bastions depuis 2008. Elle est maintenant acculée dans son bunker de l’Élysée, bien conscients que la capitulation de son fort Chabrol de pacotille signifiera une saignée dans les rangs UMP du palais Bourbon en juin. Il est grand temps de lui porter, dès dimanche prochain prochain, le premier coup décisif, afin d’écraser enfin cette droite qui pourrit la vie des salariés depuis maintenant 10 ans. La suite du scénario est cousue de fil blanc. Si François Hollande est nettement en tête au soi du premier tour, Jean-Luc Mélenchon devant Marine Le Pen, voire à quelques encablures du « candidat du peuple », et l’unité de nos rangs réaffirmée avec force dans l’entre-deux-tours, toutes les conditions seront réunies pour écraser Sarko le 6 mai. Pour la gauche, il ne sera pas encore temps de se reposer sur ses lauriers car il faudra batailler pour que les groupes PS et FdG, associés à EELV, soient assurés d’une nette majorité à l’Assemblé, afin de faire, ensemble, une politique qui réponde aux aspirations des salariés de ce pays. Oui, vraiment, une victoire politique d’ampleur comparable à celle de 1981 est aujourd’hui possible !

Bien sûr, ils seront légions -même à la gauche du PS-, les éternels insatisfaits qui estimeront que la mariée est trop belle et que la recomposition de la gauche en train de s’opérer n’est pas totalement à leur goût. La percée de Mélenchon semble en effet en faire frémir plus d’un. Nous ne sommes pas de ceux-là, nous qui, à l’Offensive Socialiste, estimions depuis longtemps qu’il y avait une place pour une candidature antilibérale de gouvernement répondant aux attentes du peuple de gauche, mobilisant largement à la gauche du PS et mordant en grande partie sur l’électorat socialiste. Une réédition en positif de l’alliance qui avait fait gagner le Non de gauche le 29 mai 2005, en quelque sorte… Par deux fois, notre intuition profonde, qui structure notre engagement politique, a trouvé un écho dans la réalité sociale. D’abord, lors des primaires citoyennes où Arnaud Montebourg, malgré toutes ses limites, a frappé un grand coup à la surprise générale. Et, actuellement, avec le phénomène Mélenchon qui déjoue les pronostics de ceux qui savent tout.

Ces deux percées successives, s’appuyant sur la volonté des salariés d’en finir avec le libéralisme et ses institutions internationales, européennes et hexagonales, ont prouvé que notre programme est majoritaire à gauche. N’en déplaise aux thuriféraires de l’accompagnement social-libéral du capitalisme et aux sectaires qui détruisent l’unité au cri de « vive l’unité » ! Ce programme est majoritaire car il est défendu, certes par les électeurs du Front de Gauche, mais également par une grande partie des socialistes. Jean-Luc et ses lieutenants ont été contraints de le dire à de nombreuses reprises : à la Bastille, dans les meetings, dans les soirées militantes du Front de Gauche, les militants et sympathisants socialistes sont très nombreux, voire peut-être majoritaires. Mélenchon, mieux qu’un Montebourg englué dans un discours vieux-républicain protectionniste finalement réactionnaire, a su se frayer un chemin vers les masses en reprenant notre programme, le programme majoritaire au sein de la gauche, ce programme, à première vue modéré, qui est à même de nous ouvrir les portes d’une autre monde : défense des 35 heures, retraite à 60 ans, smic à 1700 euros et pas un salaire qui lui serait 20 fois supérieur. Et, franchement, ce n’est pas pour nous déplaire…

Ce qui nous déplait en revanche, au-delà des programmes qui ne sont que des mots, c’est la ligne stratégique. A nos yeux, elles priment sur les plus beaux discours. C’est pour cela que nous avons défendu Martine Aubry en interne, puis François Hollande dans la campagne. Nous avons des différends avec eux, ce n’est pas un scoop. Mais, successivement, ils nous sont apparus comme les deux seuls candidats susceptibles de battre Sarkozy. Et c’est ce qui nous importe au premier chef, comme à des millions de salariés qui ne votent pas pour un programme, mais pour éviter le pire. Ceux qui se gaussent d’un tel discours méprise le peuple, puisque ils passent par pertes et profits l’aspiration le plus forte du salariat de notre pays : chasser Sarkozy et sa clique d’intégristes libéraux. Ces beaux-parleurs oublient que l’élection du président au suffrage universel est une parodie de démocratie. C’est un scrutin bonapartiste qui dépolitise les personnes en personnalisant la politique. Tant qu’elle existera, c’est-à-dire tant que nous n’aurons pas détruit les institutions antidémocratiques de la Vème République, jamais une telle élection ne pourra accoucher de l’expression chimiquement pure de la volonté populaire. Nous ne pouvons que l’utiliser pour défaire nos ennemis les plus menaçants. Ce ne sera déjà pas si mal…

C’est pour cela que Mélenchon, malgré un campagne de grande qualité, sera loin du candidat socialiste le 22 avril, tout comme Montebourg a finalement recueilli deux fois moins de suffrages qu’Aubry ou Hollande le 9 octobre dernier. L’aspiration des salariés à l’unité est la plus profonde car ils en ressentent le besoin impérieux presque instinctivement dans leurs entreprises, dans leurs établissements, dans leurs luttes et même dans leur vie quotidienne. Ceux qui méprisent cette aspiration sont condamnés par l’histoire. Il n’y a qu’une seule gauche, qu’il faut homogénéiser, densifier, organiser et radicaliser. Le camarade Jean-Luc se trompe en se présentant comme le candidat de « l’autre gauche ». Tant qu’il persistera dans son erreur, il se contentera d’être un brillant, mais éternel second. C’est peut-être présomptueux de notre part, mais nous, nous voulons la première place. Nous ne craignons pas de la disputer aux sociaux-libéraux et aux sociaux-démocrates car nous savons que le programme que nous défendons avec d’autres au sein de toute la gauche est largement majoritaire chez les salariés.

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