Pour gagner, creuser le sillon social

Éditorial de « la lettre de D&S » n°113 – 4 avril 2012

L’abstention risque d’être forte au premier tour des présidentielles. Certains pronostiquent qu’elle pourrait être supérieure à 30%. Le triste record de 2002 (28,4%) serait alors battu. A qui la faute ? Sarkozy met au centre de sa campagne la sécurité et l’immigration. Après la tragédie de Toulouse et Montauban, il essaie de gagner des électeurs du FN afin d’arriver en tête au premier tour, seul scénario qui peut lui laisser une chance de créer une dynamique pour le deuxième tour. Le « candidat-sortant » entraîne la campagne sur un terrain qui attise les peurs, notamment de l’électorat le plus âgé, mais qui n’intéresse pas une grande partie de nos concitoyens pour lesquels l’emploi et le pouvoir d’achat sont les deux principales préoccupations (au moins, sur ces deux priorités exprimées par une majorité d’électeurs, tous les sondeurs semblent d’accord !).

La droite unie derrière Sarkozy

Après Christine Boutin, Hervé Morin, c’est au tour de Rama Yade et Jean-Louis Borloo de rentrer dans le rang, de « retourner au bercail ». La droite regroupe les siens. Quoi de plus normal ? Sarkozy fait huer la CGT dans ses meetings, fustige les syndicalistes CFDT. Laurence Parisot monte au créneau pour dire tout le mal que le patronat pense des programmes défendus à gauche. Une fois de plus, l’affrontement électoral, le choc droite-gauche sera le reflet dans les urnes de l’opposition de classes qui se joue tous les jours sur le plan économique et social. Nicolas Sarkozy et ses amis du CAC 40 rêvent de poursuivre la politique menée au bénéfice du Capital, au détriment du Travail.

Toutes les sensibilités de gauche doivent converger sur l’objectif de battre la droite et l’extrême-droite. Celles que rassemble le Parti socialiste, tout comme celles qui se coalisent dans le Front de Gauche. Bien sûr, au Parti socialiste, on doit entendre et comprendre ce que signifie la dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Tout comme aux dernières élections européennes et régionales, mais là c’était avec un bulletin de vote Europe Ecologie, une partie de l’électorat de gauche veut faire passer un message aux responsables socialistes. Un message préventif : si la gauche gouverne à nouveau, elle ne devra pas se soumettre et/ou s’adapter aux pressions libérales du capitalisme financier.

La question sociale est décisive

En démarrant sa campagne en déclarant « mon ennemi, c’est la finance », François Hollande a montré qu’il a parfaitement conscience des enjeux de la période. Seul candidat de gauche en capacité de battre Sarkozy, il doit poursuivre sa campagne en creusant le sillon ouvert lors de son discours du Bourget. En s’adressant aux ouvriers, aux employés, à tout le salariat, la force sociale numériquement majoritaire de ce pays. Les salariés actifs ou en retraite, avec un emploi « stable » ou précarisés, à temps plein ou à temps partiel expriment ce qui est majoritaire dans ce pays. Le modèle social leur apparaît être une « composante importante de l’identité nationale » pour reprendre les termes d’une récente enquête (*) : l’assurance-maladie, le SMIC, le Code du travail, l’assurance chômage, le système de retraite par répartition, les allocations familiales, les services publics, les minima sociaux.

Comme toujours la question sociale est décisive. Le partage et la redistribution des richesses sont bien des marqueurs essentiels du Socialisme. Répondre à la question du pouvoir d’achat sans esquiver la nécessaire hausse des salaires, mettre en avant des mesures pour l’emploi, contrôler les licenciements, lutter contre la politique européenne d’austérité et de flexibilité…Mettre ces thèmes au cœur de la campagne socialiste, c’est ce qui pourra faire reculer l’abstention. Car les enjeux paraîtront alors plus clairs à ceux de nos concitoyens qui craignent de ne pas être entendus.

C’est dès le premier tour, le 22 avril, que se créera ou non une dynamique qui permettra de battre le « candidat-sortant » au second, le 6 mai. Viendra alors le temps des législatives et celui d’un nécessaire programme commun de gouvernement PS-FdG-EELV. Ce temps n’est pas encore venu, il ne faut jamais se tromper de séquence. L’heure est à battre la droite et à l’engagement inconditionnel au désistement à gauche.

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