En Grèce, c’est notre avenir qui se décide : socialisme ou barbarie !

« Les Grecs ont pris des engagements, ils doivent les respecter scrupuleusement. Il n’y a pas le choix, le temps presse ». Cette déclaration de Sarkozy, proférée à l’issue du dernier Conseil des ministres franco-allemands, est passée inaperçue comme jamais une de ses petites phrases ne l’a été. Elle est pourtant lourde d’un sens mortifère pour les peuples d’Europe. Le petit candidat du peuple laisse en effet sous-entendre que la Grèce, en consentant à la cure d’austérité imposée par la capital franco-allemand, sera automatiquement sauvée. Or, comme le rappelle judicieusement Sonia Mitralia, membre du comité grec contre la dette, « selon tous les responsables du désastre grec, si leurs politiques d’austérité s’avéraient efficaces à 100 %, la dette publique grecque serait ramenée en 2020 à 120 % de PIB national, c’est-à-dire au taux qui était le sien… en 2009, quand tout ce jeu de massacre a commencé » ! En somme, ce que Sarko a dit en lançant de tel propos, c’est que lui et ses acolytes s’évertuent à saigner le peuple grec absolument pour rien !

La situation financière de l’État hellène, jugée inextricable par la troïka en 2009 , est appelée à devenir un état de fait parfaitement acceptable… une fois la purge sociale réalisée ! Peut-on dire de façon plus éhontée aux peuples d’Europe que la « dette grecque » n’est qu’un instrument de chantage brandi par les banquiers et des actionnaires pour sauver leurs profits en exploitant encore davantage le travail salarié ?

Les salariés grecs sont donc condamnés à souffrir le martyr jusqu’au bout tant que rien ne change. Sans une alternative européenne, qui passe inéluctablement par la victoire de François Hollande contre le fondé de pouvoir des banques du continent au soir du 6 mai, le chemin de croix risque fort d’être interminable pour le peuple hellène. Le 12 février dernier, ce ne n’est rien de moins que le septième « plan d’austérité » que le prétendu « parlement » grec a approuvé en promettant que, cette fois-ci, c’était la bonne ! Selon Mikis Theodorakis, ces plans de destruction sociale à répétition « vont conduire à la mort de la Grèce ». Le plan voté par le parlement-croupion d’Athènes le 12 février denier est en effet constitué de 9 mesures-phares qui ne peuvent qu’effrayer les salariés du continent. 1) Suppression des conventions collectives ; 2) baisse de 22 % du salaire minimum ; 3) 10 % de baisse en plus pour les salaires des moins de 25 ans ; 4) gel du salaire minimum pour 3 ans ; 5) baisse de 2 % des cotisations sociales en 2012, et de 13 % en 2013 ; 6) baisse des grilles indiciaires dans la fonction publique ; 7) baisse de 15 % des retraites complémentaires ; 8) baisse de 15 % des retraites dans le secteur nationalisé ; 9) suppression directe de 15 000 postes dans la fonction publique, et de 150 000 d’ici 2015 ! C’est tout simplement sidérant… Ce n’est pas une simple purge salvatrice pour le rétablissement de leurs taux de profit qu’attendent les créanciers de la Grèce, mais bel et bien une décharge électrique à même de réduire à l’impuissance l’ensemble des salariés européens.

La gauche dans son ensemble doit refuser de verser dans ce chantage inouï orchestré par les classes dominantes à l’échelle du continent. A la Bastille, Mélenchon a été ovationné quand il s’est fait le porte-parole du peuple français solidaire de ses frères hellènes. Les socialistes ne doivent absolument pas hésiter à lui emboîter le pas en ce sens. La lutte contre l’austérité, en France et en Europe, commence par un acte de résistance qui ne pourra venir que de nos rangs. Nous devrons, fidèles en cela à Jaurès, refuser « de faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux […] huées fanatiques » de la troïka et de ses valets. Martine Aubry l’a dit le 27 mars sur l’antenne de France Inter. « Cela fait 3 ans que nous disons qu’il faut réduire non seulement les déficits publics, mais aussi réduire le déficit d’emploi et de croissance. Au lieu de cela, le gouvernement multiplie les plans d’austérité. Ça ne marche pas. Il suffit de regarder la Grèce, qui a du multiplier les plans d’austérité et qui dans le même temps a vu son déficit et sa dette augmenter de 100 milliards d’euros ». Nous nous félicitons de cette prise de position claire. Mais il faudra encore aller plus loin. Il faudra soutenir sans condition le peuple grec dans son combat légitime pour sa survie, car il n’est pas de lutte plus juste. Il faudra mettre en avant la perspective d’un audit citoyen de la dette, comme le font de nombreuses organisations syndicales depuis plusieurs mois. Face à la violence acharnée de ceux d’en face, il ne faudra rien lâcher et nous appuyer fermement sur le mouvement social si nous voulons être à la hauteur des exigences du combat internationaliste qui est au fondement même de l’idéal socialiste.

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