Pour unifier la gauche, il faut un débat public Hollande-Mélenchon !

C’est sous ce titre qu’une tribune de l’Offensive socialiste vient d’être publiée sur le site de Marianne 2. Nous reproduisons ici le texte original, découpé en deux articles pas souci de lisibilité.

La dynamique unitaire à gauche recèle de nombreuses vertus. La dernière en date constitue l’annonce plus précoce que prévue de la mue prodigieuse du président candidat en candidat président. On l’a dit et redit, l’entrée de Sarkozy en campagne est un non-événement – si ce n’est pour l’argent des contribuables ! -, mais même les commentateurs les plus proches du pouvoir sont contraints d’admettre que c’est bel et bien les progrès de la gauche qui ont chamboulé le scénario gaulliste cousu-main du président-sauveur-qui-n’a-même-pas-besoin-de-se-présenter. L’ennemi commun de toute la gauche a enfin un visage : celui d’un candidat cynique qui se rêve en capitaine exemplaire du navire France alors qu’il ne vaut pas mieux que le pilote du Concordia. Le visage d’un « pouvoir » d’autant plus inflexible avec les opprimés qu’il se couche sans condition devant les banquiers et les traders.

La première phase de la campagne présidentielle, qui s’est articulée à juste titre autour de la dénonciation du bilan désastreux de Nicolas Sarkozy, a donc porté ses fruits. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon sont, à en croire les sondages, les principaux bénéficiaires du rejet viscéral que suscitent Sarko et sa bande chez tous les salariés conscients de ce pays puisque les intentions de vote en leur faveur ont fait un bond de 2 à 3 points en quelques semaines. Les discours unitaires que reprennent en chœur Hollande et Mélenchon, depuis le début de cette année 2012, ne sont pas pour rien, loin s’en faut, dans leur remontée actuelle. C’est François Hollande qui a sonné la charge lors de son discours du Bourget où il n’a pas hésité à désigner son véritable ennemi, ce « monde de la finance » aux yeux duquel Sarko n’est qu’un simple outil jetable après emploi. Poussé par le « phénomène » Mélenchon qui remplit à ras-bord toutes les salles de ce pays, le candidat des socialistes a été contraint de quitter le positionnement modéré auquel le prédisposaient son entourage pour le moins droitier et l’orientation qu’il avait défendue pendant les primaires, afin de retrouver une position centrale, au cœur de la famille socialiste. La vérité se fait jour progressivement dans les rangs de la gauche : l’unité dynamique de notre camp n’est en rien la déclinaison politique de la « concurrence libre et non-faussée » chère aux libéraux, qui imposerait à nos candidats de cliver les uns par rapport aux autres ; elle repose bien au contraire sur une saine émulation qui permet aux salariés de serrer le rang et à la gauche de s’homogénéiser toujours d’avantage.

Nos deux candidats le savent bien : rien de beau, rien de grand ne s’est fait dans ce pays sans l’unité de la gauche et d’elle seule. C’est au sein de notre camp que se prépare l’alternative à Sarkozy et non dans une hypothétique et aventureuse alliance avec le prétendu « centre ». François Bayrou n’apparaît plus comme le candidat de substitution de la bourgeoisie que pour quelques députés UMP bien plus effrayés par l’éventuelle perte de leur circonscription que par la radicalisation à droite du discours du président-candidat. Les deux candidats de la gauche ont bien raison, les rares fois où ils se décident à parler de Bayrou, de le classer à droite. Lui aussi est pour une augmentation de la TVA. Lui aussi est pour le recul de l’âge de départ en retraite. Lui aussi préfère exonérer les cotisations des patrons plutôt que d’augmenter les salaires. Le programme de Bayrou ne diffère de celui de l’UMP que par son positionnement tactique, au cœur de l’échiquier politique, qui confère au président du Modem sa force potentielle et son incroyable fragilité : il n’a comme espace politique que celui que l’on veut bien lui laisser. Preuve en est que, dans les derniers mois, Bayrou n’a grimpé dans les sondages qu’en raison de la malencontreuse main qu’Hollande lui avait tendue… et à son détriment qui plus est ! Drôle d’allié que celui qui vous prend des voix, dilue votre programme et ne vous donne rien en retour… Le candidat PS, harcelé sur ce point par les camarades du FdG, mais aussi par sa propre aile gauche, et impressionné par la percée de Mélenchon, semble avoir renoncé à ce rapprochement avec le ballon de baudruche du « centre ». Pour persévérer dans cette attitude unitaire, il suffit de se souvenir que la bulle médiatique en faveur de Bayrou fut gonflée artificiellement, lors des dernières présidentielles, certes par les sondeurs dressés contre la gauche, mais aussi par les stupides appels en direction du centre réalisés par le groupuscule social-libéral des Gracques. Le PS doit tirer les leçons du dernier scrutin en réaffirmant ses alliances, en débattant sereinement avec le reste de la gauche et en considérant M. Bayrou comme ce qu’il est, à savoir un honnête homme de droite.

Le candidat socialiste qui frise encore la barre des 30 %, celui du Front de gauche suscitant un enthousiasme grandissant, l’espace politique du centre qui fond comme neige au soleil, l’ennemi public n° 1 des travailleurs de ce pays entrant enfin en campagne… Pas de doute, la situation objective incite Hollande et Mélenchon, malgré et parfois contre leurs calculs, à se rapprocher. Lorsque le premier dit clairement que, s’il n’est pas au second tour, il appellera à voter pour le candidat de la gauche le mieux placé et que le second, renonçant à son pêché-mignon, se résout à ne plus taper systématiquement sur ses anciens camarades socialistes, l’effet sur le salariat est immédiat. Si la gauche fait tout à la fois front commun contre son ennemi historique (la finance), son adversaire naturel (la droite) et son rival nationaliste (le FN), elle entraîne, elle rassemble, elle impulse une dynamique bien plus efficace que la simple addition des voix des deux hypothétiques « familles » politiques que constitueraient au choix, en fonction du point de vue, la gauche raisonnable et les « exagérés » ou le bloc révolutionnaire et la gauche « molle ». La preuve ? Les deux principaux candidats de notre camp ne se volent pas de voix. Bien au contraire, ils gagnent ensemble, un à un, leurs suffrages. S’il maintient le cap, Hollande crédibilise le vote Front de gauche, tandis que la montée de Mélenchon confirme la place du PS comme pivot de la nouvelle majorité qui s’ébauche progressivement. L’unité PS-FdG densifie le programme de notre camp et fait progresser chacun de ces deux candidats. La dynamique unitaire que nous préconisons est donc aux antipodes, dans ses attendus politiques comme dans ses conséquences électorales, de l’alliance avec le centre que certains ne renoncent toujours pas à prôner.

A notre sens, l’unité est en effet une nécessité, mais également, aujourd’hui comme hier, un véritable combat. Car elles sont légions à gauche, les forces centrifuges qui, pour défendre leurs intérêts particuliers, tentent de freiner le processus unitaire exprimant, lui, dans ses profondeurs l’aspiration générale de l’ensemble des salariés. De fait, certains proches de François Hollande n’ont de cesse de lui rappeler qu’il ne faut pas trop promettre et que le Front de gauche n’est pas un allié sûr, contrairement aux écologistes, voire au Modem. Ces tentations confinant au social-libéralisme, si elles se cristallisaient en une orientation politique durable, seraient funestes pour l’ensemble de la gauche. Tout recul sur le droit à la retraite à 60 ans pour tous, sur la défense des 35 heures, sur l’augmentation des minima sociaux, mais aussi sur la création de postes de fonctionnaires, et ce sont des millions de voix qui s’envolent, sans pour autant tomber dans l’escarcelle de Mélenchon. Mais Hollande n’a pas forcément besoin de Moscovici ou du Nouvel Obs pour se laisser aller, si la gauche socialiste n’est pas suffisamment attentive, à des errements qui l’éloignent du cap fixé au Bourget. N’est-ce pas le candidat PS qui a assuré, dans un interview au Guardian, que le monde de la finance n’avait « pas de crainte à avoir » d’une gauche qui, au pouvoir pendant 15 ans, avait « libéralisé l’économie et ouvert les marchés » ? N’est-ce pas Hollande en personne qui, dans le même entretien, a doctement expliqué qu’il n’y avait « plus de communistes en France » aujourd’hui ? Mélenchon n’est pas en reste quand il stigmatise à Nantes les quatre « Dalton de l’austérité », laissant à Hollande le choix d’être Jack ou William, ou quand il dénonce à Villeurbanne le « social-libéralisme » de son compétiteur socialiste. Et que dire des blogueurs sectaires du PG qui attaquent frénétiquement sur la toile les dirigeants de la gauche du PS, et en premier lieu Gérard Filoche, à qui le « programme partagé » du FdG doit tant ?

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2 Responses to Pour unifier la gauche, il faut un débat public Hollande-Mélenchon !

  1. GUIONIE Jean Claude says:

    je vous ferais remarquer que cela fait longtemps que J.L.Melenchon demande à F.Hollande un débat.
    Pourquoi F.Hollande ne répond pas par l’affirmative ?
    Quand aux  » sectaires  » du Front de Gauche « qui attaquent les dirigeants du PS,il y a peut être de quoi,non!Lorsque l’on voit la teneur du programme de F.Hollande ,il est clair que la social démocratie n’est pas morte.
    C’est d’ailleurs pour cett raison,entre autre,que F.Hollande ne répond pas à J.L.Melenchon

  2. Carré JP says:

    ok pour une re réunion du ps et du FDG; mais les postures de torero et la faconde de mélanchon me hérisse autant que les contradicions de hollande discours de gauche en france et on va vite calmer les conservateurs ailleurs! membre du PS je voterai FDG au 1er tour et hollande au 2é »me et qu’on me bassine avec le vote UTILE. au 1er le coeur au 2éme la tête!pas d’ennemis à gauche avis aux sectaires des 2 partis FDG et PS amitiés socialistes JPC

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