Notre règle d’or : faire payer les riches !

Par Julien Guérin (77)

Depuis quelques semaines, la fameuse « règle d’or » budgétaire est devenue l’alpha et l’oméga de la vie politique française.   Préparant une nouvelle salve contre les droits sociaux, Sarko et sa bande veulent inscrire dans le marbre de la constitution cette camisole libérale qui interdit de présenter un budget en déficit. Cette proposition, déjà défendue lors de présidentielle de 2007 par Bayrou, imposerait une politique d’austérité généralisée et brutale coupant encore une fois dans les dépenses sociales et éducatives. Le vieux slogan de la mère Thatcher, TINA (There’s no alternative), deviendrait alors le seul cap possible dans toute l’Europe. Un gouvernement de gauche fraîchement arrivé au pouvoir et souhaitant mettre en œuvre une politique de relance et de redistribution des richesses serait-il ainsi contraint de renoncer ? Toute politique sociale en faveur de notre camp deviendrait-elle anticonstitutionnelle ? C’est précisément le but de la droite et le sens de l’offensive menée par tous les ténors de l’UMP depuis quelques jours. L’appel à l’union nationale de Fillon dans la Pravda-Figaro s’inscrit évidemment dans ce cadre. Mettre l’opposition de gauche au pied du mur, rassembler son camp et faire allégeance aux agences de notation et aux marchés sont les objectifs d’un Sarkozy déjà en campagne.

Le Front de gauche et les écologistes ont d’ores et déjà affirmé leur vive opposition à la « règle d’or », tandis que notre porte-parole, Benoit Hamon, a réaffirmé le 22 août que les socialistes voteraient « non, non et non » à la règle d’or en cas de convocation du Congrès de Versailles. A ce jour, il ne s’est trouvé qu’un candidat aux primaires pour soutenir cette proposition funeste. Déjà en accord avec Sarkozy sur la sécurité, voire les retraites, Manuel Valls vient d’apporter une nouvelle fois son soutien au pouvoir en place. Pour l’instant, les autres dirigeants importants du PS tiennent bon et refusent le chantage sarkozyste. C’est un point d’appui important, mais qui reste insuffisant. Le débat sur le remboursement de la dette sera au cœur de la campagne présidentielle. Le futur candidat socialiste, ainsi que toute la gauche, devront se positionner clairement sur cette question-clé. Or, dans le débat qui s’ébauche, une frange du PS semble être prête à tomber dans le piège de Sarkozy. En se faisant le champion d’une austérité de gauche, en affirmant sans cesse que la gauche « ne pourra pas tout faire » et devra tenir compte des contraintes financières, François Hollande a déjà chaussé les bottes d’un Papandréou à la française. Promettre du sang, de la sueur et des larmes n’est pas la meilleure façon de mobiliser le peuple de gauche. Pour l’emporter, la gauche doit incarner la promesse du changement ! Des solutions existent pour conduire un telle politique. Le poids des déficits n’est pas un argument   valable. La première question à poser est celle de la légitimité même de la dette. Les cadeaux faits aux banquiers, au patronat et les baisses d’impôt massives pour les plus    riches constituent la première cause des dettes de l’État. Martine Aubry a appelé à annuler la loi TEPA, la TVA à 5, 5 pour les restaurateurs et à mettre fin aux niches fiscales. Ce sont là de première pistes intéressantes, mais nous devrons aller plus loin et, à cet égard, certaines déclarations de la candidate ne nous rassurent pas. Vouloir affecter 50 % des recettes nouvelles au remboursement de la dette est une erreur politique qui nous ôtera d’importantes marges de manœuvre. De même,  vouloir ramener le déficit à 3 % du PIB dès 2012 ne permettra pas de répondre aux  besoins sociaux et démocratiques.

Pour nous redonner des marges de manœuvre, nous devons clairement annoncer la couleur : les riches paieront ! La grande réforme fiscale soutenue par tous les socialistes devra établir une taxation égale entre les revenus du travail et ceux du capital, et annuler toutes les baisses d’impôt octroyées par la droite depuis 2002. De même, la question d’un revenu maximum et celle de l’annulation de la dette devront être posées sur la table. Pour résumer, redistribuer les  richesses doit devenir notre règle d’or à tous !

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2 Responses to Notre règle d’or : faire payer les riches !

  1. David CABAS says:

    Face à l’effondrement financier, Nous devons organisé la banqueroute organisé du système avec le Glass Steagall.

    http://www.davidcabas.fr/?p=611

    David CABAS
    rejoignez la nouvelle résistance contre le monde de l’argent
    https://www.facebook.com/pages/David-CABAS/160111484055821

  2. JG says:

    notre régle d’or sera AUSSI de faire taire les idiots comme toi!

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