Il est temps de le virer !

Par Jean François CLAUDON (75)

La prétendue « majorité » -en réalité ultra-minoritaire dans la population de ce pays- craque de partout. Sarko, le roi de la loose sondagière, flanche en voyant des « pédophiles » à chaque conférence de presse, tandis que l’affaire Karachi l’empêche de dormir malgré les douces berceuses de Dame Carla. Borloo se lache avec la rage d’un soupirant éconduit, Fillon se voit pousser des muscles qu’il n’a pas et Coppé se croit roi du monde dans la Sarkozie agonisante… Même le téméraire Raffarin se sent une vocation de leader d’hommes en lançant son propre mouvement « République et territoire », tout un programme… Bien sûr, les journalistes bien-pensants vont expliquer doctement aux gueux que nous sommes que s’arrêter sur l’image que donne le pouvoir est insuffisant. Qu’il s’agit évidemment d’un « trou d’air » que tout pouvoir doit affronter une fois passé l’orage du mouvement social. Le salarié lambda, lui, se dira, un brin shakespearien : « il y a quelque chose de pourri » dans le royaume de Sarko Ier ! Et il a mille fois raison, malgré son bagage universitaire bien moins fourni que les faiseurs d’opinion qui croient tout régenter de leur plume ! Le réalité est là : le régime sarkoziste s’écroule et il est temps d’en prendre conscience collectivement afin d’agir une bonne fois pour toute sur la situation politique.

Nous l’avons dit en plein mouvement de résistance contre la « réforme » des retraites : nous ne sommes pas dans un pays démocratique, nous sommes -au mieux- en Thaïlande ! Hormis ce pays, où peut-on accepter qu’une mobilisation d’ampleur inégalée, soutenue par une écrasante majorité de la population, se fasse étouffer de la sorte ? Dans quel pays démocratique peut-on imaginer que trois manifestations successives rassemblant en moins d’un mois plus de 10 millions de personnes puissent être écartées d’un superbe revers de manche par un « régime » aux abois ? Disons le tout net : nos frères européens qui ont admiré pendant des semaines la combattivité des salariés français n’en croient pas leurs yeux. Pour eux, et d’ailleurs à juste titre, la France des droits de l’Homme et des droits sociaux n’est pas un vain mot. Les milliers de messages de sympathie qui sont parvenus à la presse, aux directions syndicales et aux organisations politiques prouvent -s’il le fallait- la profondeur du conflit qui nous oppose à nos classes dominantes. Mais cela n’a pas suffit. Nous vivons dans le seul pays européen où l’appareil d’Etat pourrisant peut sans vegogne continuer son bonhomme de chemin après un tel affrontement social. Dans n’importe quel autre pays, hormis peut-être l’Angleterre de la grande démocrate Thatcher ou encore le Chili du sympathique Pinochet, il y aurait eu des élections partielles, voir générales, après un telle déferlante dans laquelle même les sarkozistes de 2007 ont pris leur part. C’est cela, la France de Sarko : un pays au ban des Etats démocratiques, une dictature éhontée de super-riches qui se moquent des salariés comme de leur premier polo Lacoste…

Le remaniement n’ a biens sûr constitué qu’une vaste blague. « Gouvernement de combat », nous dit-on dans la presse… Gouvernement d’incapables, surtout ! De parasites ! Le Fillon millésime 2010, c’est l’alliance arômatique subtile de la frénétique incompétence de la Sarkozie et de la molle indolance de la Chiraquie.C’est la bôferie de Lefebvre mâtinée du pédantisme arictocratique de Juppé. Mais ce n’est rien d’autre… Des incapables aditionnés à d’autres incapables, ça ne fait toujours qu’un cabinet d’incapables. Mais c’est le gouvernement que Sarkozy croit nécessaire pour gagner à droite en 2012. Sans comprendre que la bourgeoisie le laissera choire sans une seconde d’hésitation si elle trouve un candidat qui convient mieux à ses aspirations. Et il est clair que le directeur du FMI craindra bien plus d’affronter un combat pour la hausse des salaires que d’endosser ce rôle taillé sur mesure pour lui… Comme quoi, l’arroseur sarkoziste qui avait prêché DSK pour affaiblir Fillon risque de se faire arroser par le « camarade » Dominique en gardant François ! Voilà l’arithmétique politique à laquelle sont assignés ceux qui méprisent le peuple. Surs de leur destin, ils ne comprendront jamais qu’ils ne sont que des marionnettes aux mains du capital qui, lui, n’a ni hésitation, ni remord, en se rasant le matin ! Dur coup pour l’égo, que le self-made-man de Neuilly n’est sûrement pas prêt à endurer…

Dans cette situation complexe où le mouvement social a perdu une bataille, mais où l’état-major d’en face se délite après cette victoire à la Pyrrhus, que faire ? La véritable réponse, débarassée de toute considération tactique et autres oripeaux politiciens, est en réalité claire comme de l’eau de roche. Il faut le mettre à la porte. Et le plus tôt sera le mieux. La fuite en avant de ce pouvoir à la dérive doit cesser au plus vite ! Le bilan de Sarkozy est fait depuis longtemps. Depuis 2007, son règne est jalonné d’abus de pouvoir, de vilénies sociales, de mensonges et d’acoquinements coupables. Son régime est une gageure démocratique, puisqu’il a toujours été rejeté par les urnes en 2008 et en 2010. Même en 2009, à l’heure bénie de l’UMP triomphante adossée à un FN renaissant et à une écologie déboussolée, les voix d’une gauche unie auraient écrasé la droite. Les salariés de ce pays ne peuvent attendre « l’alternance » de 2012 qu’attendent désespéremment les centrales syndicales et que promet à cors et à cri la gauche institutionnelle et éclatée, du PS au NPA. Le mouvement contre le réforme des retraites et son corollaire politique, la décomposition de la droite, appellent une réponse radicale des salariés. Par tous les moyens, institutionnels ou non, il faut précipiter le départ de Sarko. Par la pétition, la manifestation ou par la grève de masse. Cela peut paraître fou ou « utopique ». Mais c’est le plus sûr moyen d’éviter la répétition désastreuse de 2006, c’est-à-dire la désignation dans nos rangs du candidat préféré de la droite, prologue nécessaire à la réelection du vrai candidat du patronat. Une seul mot d’ordre : pas de collaboration avec ce pouvoir en sursis ! Nos syndicats doivent préparer la bataille ! La gauche doit d’unir sur un programme de transformation sociale discuté démocratiquement ! Les crapules de Neuilly tremblent à l’idée que cette orientation devienne majoritaire dans les rangs du salariat ; alors, pour une fois, donnons leur raison…

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5 Responses to Il est temps de le virer !

  1. PEYRE says:

    La seule vraie réponse à notre situation actuelle, dans ce pays, est la légalisation du vote blanc. Je dis bien « le vote blanc »pas l’abstention : car faire l’effort d’aller voter, c’est autre chose que de s’abstenir.
    Lorsque nos candidats sauront que la population ne croit plus en eux, quelque soit leur couleur politique et, surtout,qu’ils méritent de perdre tous leurs avantages, ils feront plus attention aux revendications du peuple et respecteront leurs engagements de campagne.

  2. poupard says:

    d’accord avec tout ce que vous écrivez…mais que propose la gauche?pour l’instant je n’ai rien vu ou lu de cohérent, si ce n’est encore et toujours des querelles de pouvoir…
    qui parlent de la loi Besson sur l’immigration? largement aussi dangereuse que la loi sur les retraites mais moins mobilisatrice…mais qui remet en cause les fondements de la démocratie et qui institue une nouvelle idéologie très éloignée des droits de l’homme…alors la contestation oui mais moi j’attend des propositions concrètes expliquées à tous les français et pas uniquement aux intellectuels, avec un programme clair, des choix de terrain pas de ceux qui viennent des hautes sphères et qui ont oublié ce qu’est un arbre, un oiseau mais aussi ce qu’est vivre avec 800 euros par mois…que chaque politique tente l’aventure de vivre avec une telle somme ,il comprendra mieux ce que cela entraine: les difficultés de soins, le casse tête pour avoir un repas équilibré, le paiement des factures…bref ce qui fait un quotidien…voilà ce qu’attend une simple citoyenne du monde sans couleurs ou de toutes les couleurs comme vous voulez…bonne journée

  3. baeza says:

    Hélas la grève de masse a été « canalisée », »effilochée » (avec les remerciements du chef de l’état lui-même lors de sa dernière intervention télévisée) par les meilleurs suppôts du gouvernement en place que sont les deux figures de proue des syndicats majoritaires, comme en 2003…

  4. Lalut says:

    Entierement d’accord pour la prise en compte du vote blanc comme un suffrage exprimé, mais en aucun cas comme nul

  5. JF says:

    La question du vote blanc ne me paraît pas décisive ou, plus exactement, centrale. Pas besoin de l’institutionnaliser pour que les dirigeants de la gauche politique sachent qu’ils ne sot pas en phase avec les aspirations majoritaires qu’expriment les salariés de ce pays ! Au lieu de se battre pour avoir le « droit » de dire merde aux partis de gauche, il vaut mieux combattre pour infléchir leur ligne politique afin qu’ils ne défendent que le monde du travail et affrontent véritablement le camp d’en face, celui du capital. Une vraie orientation démocratique de gauche, c’est l’élaboration d’un programme commun de toute la gauche (hausse généralisée des salaires, nationalisation des banques, réengagement de l’Etat dans les services publics, défense de vraies 35 heures, bref, partage des richesses sur toute la ligne), mais aussi l’adoption d’une tactique d’opposition qui pose la légitimité de ce pouvoir ultra-minoritaire qu’il convient de balayer par tous les moyens.
    Il y a des idées à gauche. Ce ne sont pas celles des « grands » dirigeants, mais celle qu’expriment les militants du PS, du PC, du PG, du NPA…
    Quant aux syndicats, il faut eux aussi nous les réapproprier. Ils nous appartiennent en propre. Ils ne sont pas la propriété des Thibaut, Le Diguou et autres Chérèque qui n’ont de cesse de vouloir les intégrer à l’appareil d’Etat et aux institutions européennes, malgré et contre leur base.
    Le socialisme est une idée neuve eu Europe, ne nous la faisons pas confisquer par les tenants plus ou moins avoués de l’ordre établi !

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