C’est possible ! C’est maintenant !

Par Jean-François Claudon (75)

La rue gronde et le pouvoir tremble. Il est comme supendu en l’air sans soutiens sociaux autres que les grands actionnaires et les parasites du CAC 40 qui commencent à se repentir de leur intrépidité. « Pourquoi ce bras de fer qui risque de mal finir ? » ; « pourquoi une telle attaque frontale contre l’ensemble des salariés de ce pays ? » : face au mouvement social d’ampleur qui se construit, face aux incessants appels de secteurs de plus en plus nombreux à la grève reconductible, les classes dominantes n’en reviennent pas de leur culot. Pourtant, elles le savent. Aux grands maux, les grands remèdes ! Il fallait imposer un rapport de force inédit vu les difficultés grandissantes que rencontre le capital pour se valoriser. Il fallait faire payer la crise du capitalisme à ces idiots de salariés qui se complaisent tant dans les fanges de l’exploitation. Sauf qu’à un moment, trop, c’est trop. L’exaspération sociale dans les boîtes, les usines ou les établissements ne pouvaient plus être davantage contenue. Les leaders syndicaux le disent depuis plus d’un an : « attention en haut ! En bas, on ne peut plus ! Ils nous sera bientôt impossible de contrôler la colère de ceux qui triment ». Le capitalisme a ses contradictions et le fait de devoir attaquer d’autant plus violemment qu’il est en crise n’en est pas la moindre…

C’est donc LE moment ! Tous les indicateurs, s’ils ne sont pas au vert, sont en train d’y passer. La puissance de l’agression joue paradoxalement en notre faveur. En effet, c’est la première fois que la droite s’attaque frontalement aux retraites de tous les salariés. En 1993, c’était le privé ; en 1995 puis en 2003, la fonction publique ; en 2008, les régimes « spéciaux ». La tactique des Horaces a fait long feu, les Curiaces ont été frappés successivement, mais le capital exige toujours plus. Pour lui complaire, il faut maintenant frapper le salariat dans son ensemble et le mettre hors d’état de nuire. Mais connaissent-ils notre force ? Au mieux, ils en ont entendu parler dans leurs manuels de fac, mais les feuilles en sont jaunies depuis longtemps. Ils ne connaissent pas le salariat. Ils ne savent pas que nous sommes plus de 90 % de la population active, ils ne savent pas qu’ils ne sont rien par rapport à notre camp s’il parvient à s’organiser. Seuls les libéraux frénétiques dont le sommeil est hanté par le spectre de Mai 68 en ont une grossière idée. Et ils n’en dorment plus !

Car le pouvoir est aux abois. Sarko n’a jamais été aussi bas dans les sondages. Il n’a même plus le courage de quitter les beaux quartiers de l’Ouest parisien. Et il n’y a pas une semaine où l’opinion publique en apprend de nouvelles sur son ministre-fusible et ses mauvaises fréquentations de nantis. Bref, ça ne passe plus. Woerth et tous les autres. Même Carlita ne parvient plus à faire illusion et Sarko en vient de plus en plus à méditer sa sentence sur le sort de Louis XVI, qui relevait peut-être de la préterition…. Fillon doit commencer à se demander s’il n’est pas temps, comme le fit Pompidou en son temps, de lâcher le maître et de se proposer comme alternative à Bling-Bling aux yeux de leurs donneurs d’ordres communs. Encore un peu et il va finir par rejoindre la 5ème colonne de la droite sur les basques de Bayrou et de Villepin !

Les fissures apparaissent à droite tandis que la gauche, retrouvant ses meilleures traditions, s’unifie et se trempe dans le combat. La tournée de meetings unitaires animés par des militants de toute la gauche, politique et syndicale, n’y sont sûrement pas pour rien Toute la France a été sillonnée par des camrades du PS -Gérard Filoche en tête, suivi de près par Razzy Hammadi-, mais aussi par des militants du PG, du PC, des Verts, du NPA, de Sud, d’Attac et des autres organisations de notre camp, unies dans leur diversité. L’intersyndicale, malgré ses hésitations et ses errements, est également un levier que les salariés doivent saisir. La gauche unanime se lève contre le projet inique de Sarkozy-Woerth. Pour gagner déinitivement les salariés à la cause de la gauche unie, le PS doit rappeler qu’il s’est prononcé à l’unanimité, lors de son congrès de Dijon, en plein mouvement ascendant contre la loi Fillon de 2003, pour la retraite à 60 ans à taux plein. Il est loin, le temps où le petit « livre blanc » de Rocard était agité à bout de bras par les gardes blancs de la contre-révolution libérale trop heureux de pouvoir s’appuyer sur les errements idéologiques de leurs ennemis ! Deux classes, deux camps politiques, deux programmes. La situation sociale a rarement été aussi polarisée dans ce pays.

Et dire que ce pouvoir débile ne peut même plus fait marche arrière… Il en est peut-être tenté, mais toute retraite -sans jeu de mot !- lui est d’ores et déjà coupée. Sarko a dit et redit qu’il jouait sa réelection sur cette question. Mais le gros-bras du Fouquet’s n’est rien d’autre qu’un petite frappe de Neuilly, et il se dégonfle vite. En septembre, il affirmait par exemple que c’était « quitte ou double ». A-t-on déjà vu un régime jouer son avenir aux dés avec une telle désinvolture ? Sarko est donc condamné à vaincre s’il ne veut pas se démettre. Il ne peut même pas proposer des concessions de pure forme, car les positions conciliatrices de la CFDT et les prise de parole intempestives de certains dirigeants du PS sont telles que le moindre recul du gouvernement donnerait raison à des forces contre lesquelles Sarko craint d’être aux prises en 2012. Pour un homme assoiffé de pouvoir comme lui, il est inenvisageable de faire une telle fleur aux présidentiables bon teint du PS, dût-il perdre prématurément pour cela.

La lutte des classes a atteint depuis mardi une telle acuité que les mots d’ordre de la période se ramassent en un seul slogan à même de résoudre la crise multiforme dans laquelle la droite nous plonge : tout ensemble, en même temps, pour gagner ! Le mouvement de grève doit se généraliser. Nos syndicats doivent aider les salariés en lutte à s’orienter dans le cadre d’AG souveraines rassemblant des délégués mandatés et révocables s’ils ne portent pas la voix de leurs mandants. La gauche doit s’unir sur un programme commun de gouvernement, sur un contrat qui ne saura être autre chose qu’un programme d’urgence démocratique et sociale. Discutons-en partout où nous le pouvons pour que le débouché que les salariés attendent se fasse jour.

Confiance, résolution et organisation. C’est possible ! C’est maintenant !

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3 Responses to C’est possible ! C’est maintenant !

  1. charlec says:

    Il n’y a pas a se poser la question Ils veulent nous remettre a l’etat de cerf et pour celà la mondialisation ne leur suffit plus car les chinois et les indous voyagent aussi et ils ont des yeux et des oreilles Donc le mouvement s’inverse plus de delocalisation car plus d’interet mais par contre gardons le pouvoirJ’aimerais que dans les retraites la loi debre sur la retraite des deputes change aussi plus de privilege des 6mois a taux plein,

  2. Escamez says:

    On nous propose des modèles archétypés et obsolètes issus de leur dogme
    libérale qui veut que la réussite personnelle prime sur la solidarité et
    l’entraide inter-générationnelle. Entre le  » libéralisme capitaliste »
    et le « collectivisme » il y a certainement des centaines d’autres modèles

  3. LOBE BOLI FREDERIC says:

    Je crois que le « trou » de la SECU devrait tous vous faire réfléchir…. En fait, nous avons compris: les français n’aiment pas travailler et n’importe quelle occasion est prétexte pour des grèves.

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