Jeunes, mobilisons-nous pour nos retraites !

Par Tuncay Cilgi (64)

La rentrée politique s’annonce très sociale et très mouvementée. La manifestation du 7 septembre contre la contre-réforme des retraites de la droite a rassemblé entre 2, 5 et 3 millions de personnes. Un nombre qui va croissant comparé à la manif’ du 24 juin qui avait mis 2 millions de personnes dans les rues de France et de Navarre.

L’opinion publique rejette majoritairement cette contre-réforme qui ne règlera rien au financement des caisses de retraites. Une énième contre-réforme de la droite dans la même lignée que les réformes précédentes : celle de Balladur-Veil de 1993, votée en plein été, xelle de Fillon de 2003 et celle de Bertrand en 2008. En 2010, il y a eu 18 rencontres entre partenaires sociaux, mais la montagne du « dialogue » social a une nouvelle fois accouché d’une souris revendicative. Ces prétendus négociations censées brosser dans le sens du poil les organisations syndicales relève en réalité du dialogue de sourd face à un patronat qui bloque tous les dossiers et un gouvernement qui ne froisse pas le Medef, mais ne se retient pas contre les syndicats. C’est bel et bien un pouvoir faible avec les forts et fort avec les faibles. Mais l’unité des salariés peut inverser le rapport de force et peut changer la donne.

Face à une droite docile avec le patronat -c’est sa nature-, seul le rapport de force peut donner gain de cause aux salariés. En 1936, dans le programme du Front Populaire, il n’y avait pas les 40 heures, les 2 semaines de congés payés, les augmentations de salaire et les droits syndicaux. C’est la mobilisation massive des ouvriers inversant le rapport de force en leur faveur qui a poussé le patronat et le gouvernement à intégrer leurs revendications. Cette force propulsive insoupçonnée rejaillira en Mai 68, lors et au-delà des accords de Grenelle, sous la pression de 10 millions de grévistes qui se mobilisèrent et obtinrent l’augmentation de 35 % du SMIG (le SMIC de l’époque), de 13, 5 % en moyenne sur l’ensemble des salaires, de 56 à 59 % pour le SMAG des ouvriers agricoles et la reconnaissances des sections syndicales dans les entreprises notamment de moins de 50 salariés. En 1968 comme en 1936, les salariés ont d’ailleurs eu mille fois raison de continuer la mobilisation, après la signature des accords de Matignon, puis de Grenelle, malgré les appels à la reprise du travail lancés sans fausse pudeur, respectivement par le PCF de Thorez et la CGT de Séguy… Ce sont les luttes du salariat qui déterminent ce qui se passe dans l’arène politique, et pas l’inverse. Ainsi, plus près de nous, en 1995, c’est l’impressionnante mobilisation de 7 millions de grévistes contre le plan Juppé sur la Sécurité sociale et les retraites, et pas autre chose, qui eut pour résultat différé la dissolution de l’Assemblée Nationale en 1997 par Jacques Chirac et la victoire de la Gauche plurielle menée par Lionel Jospin.

On l’a dit, ce n’est pas la première ni la dernière fois que la droite s’attaque aux retraites et aux conquêtes sociales dans son ensemble. Mais cette énième contre-réforme s’attaque frontalement à la génération actuelle et à celles à venir. Un calcul simple mais édifiant : l’âge moyen du premier emploi stable est de 27 ans ; 27 + 41, 5 annuités de cotisations = 68, 5 ans. Donc pas de retraite à taux plein avant 67 ans. Ce calcul ne prend même pas en compte les périodes de chômage qui sont de nos jours de plus en plus fréquentes et longues. Refaisons ce calcul à 23 ans en admettant qu’il s’agit là de l’âge moyen où l’on commence à occuper un emploi : 23 + 41, 5 = 64, 5 ans. Quand bien même l’âge légal de la retraite serait fixé à 62 ans, comme le prévoit le gouvernement, on devra tout de même travailler jusqu’à 65, 5 ans pour jouir d’une retraite à taux plein (sans compter les périodes de chômage). Si l’on s’arrête à 62 ans, on subira évidemment les scélérates décotes Fillon comprises dans la loi 2003. Par ailleurs, le recul de l’âge légal à 62 ans et à 67 ans pour obtenir une retraite à taux plein empêchera que l’équivalent d’1 million d’emploi soient libérés à l’horizon 2020 et soient en conséquence occupés par des jeunes.

Deux exemples édifiants, qui font froid au dos et qui montrent bien que la contre-réforme de la droite se dresse orgueilleusement contre l’emploi, contre les jeunes, contre l’espérance de vie, contre le progrès…. et qu’il faut dès à présent la combattre dans l’unité. Le 23 septembre, nous devons être encore plus nombreux que le 7, car nous pouvons les battre et nous pouvons obtenir de réelles avancées sociales comme l’ont fait les générations précédentes dans les luttes qu’elles ont menées.

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7 Responses to Jeunes, mobilisons-nous pour nos retraites !

  1. gervais says:

    On connait la racine de tout ça et c’est dommage que l’on puisse pas en parler car on a pas de droit…

  2. Thomas PETIT says:

    Bonjour,

    Je vous invite à aller sur mon blog (http://analyses-et-propositions.over-blog.com) où j’ai écrit de nombreux articles de fond sur les retraites.

    Le dernier article fait état d’un appel à témoignages qui iraient dans un recueil permettant de montrer que la plupart des gens veulent une retraite décente à 60 ans.

    Amitiés socialistes

  3. CILGI says:

    Garvais,

    La preuve que nous en parlant. On a pas le droit ?

    En tout cas on le droit d’aller gonfler la manif du 23. 1 de plus peu faire basculer le rapport de force en notre faveur. On ne tergiverse plus. On connaît notre cible ! la contre réforme de la droite medef et ce pouvoir ignoble et indigne. Mais on connaît aussi notre objectif: retraite à 60 ans à taux plein pour tous sur 37.5 annuités. Pas un jour de plus pas un sou de moins.

  4. ulmann Serge says:

    Il ne s’agit pas actuellement d’avoir des avancées sociales, mais de faire en sorte d’éviter le recul Au lieu de se laisser dépouiller, dévaloriser,regresser socialement. Si les jeunes ne font rien pour se défendre, ce ne sont pas les gens comme moi de 69 ans qui pourrons le faire. Alors les jeunes bougez vous!!!!!

  5. Cilgi says:

    Serge on peut avancer pour ne pas reculer. Faire bouger la jeunesse cest l’objet de notre lutte. Il n’y a pas d’age pour défendre une avancée sociale il y a des raisons et de la conviction.

  6. baeza says:

    Le problème c’est aussi, c’est surtout,quelle suite donner au 23? On y va ou on n’y va pas??? On refait comme en 2003 ,procession sur procession jusqu’à épuisement ou on tient bon jusqu’au retrait???

  7. CILGI says:

    Beaza,

    Ce qui nous disent depuis des mois qu’il faut une grève gne sont incapables de l’organiser à l’heure actuelle. C’est la preuve qu’une grève gne ne se décrète pas mais se construit avec Unité, Confiance et Conviction. Il faut soutenir et accompagner la mobilisation0. Car Sarkozy veut pousser l’affrontement avec les syndicats à niveau où ils ne pourraient plus assumer.

    C’est là que les collectifs doivent reprendre le relais en revendicant « le retrait de la contre réforme sarkozy ». Les syndicats ne sont pas encore prêts pour porter cette révendication car il se sont mis d’accord sur « le maintien de la retraite à 60 ans ».

    A nous de construire la rapport de force en notre faveur. Il y a une crise sociale il faut provoquer une crise politique. C’est la conjonction de la crise sociale et politique qui peut faire tomber le gouvernement et entraîner la dissolution de l’assemblée nationale comme en 97 suite à la mobilisation de 95 contrele plan Juppé.

    La jeunesse à toute sa part dans les mobilisation à venir. C’est bien elle et son avenir qui sont attaqués .

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