Quand le peuple français prendra-t-il conscience de sa force ?

Par Florent Haspel (69)

Les sondages se succèdent avec une question, toujours la même, qui peut battre Sarkozy en 2012 : Martine Aubry ou Dominique Strauss Kahn ? En réalité, on peut se demander si, en 2012, les Français ne vont pas choisir le moins mauvais plutôt que le meilleur. L’élection présidentielle de 2007 nous a montré que les Français ont avant tout choisi le candidat qui leur paraissait le plus apte à rentrer dans l’habit présidentiel sans réellement penser au projet, à cette vision de l’avenir qu’il peut porter.

Il faut dire que Nicolas Sarkozy a très bien su dissimuler le projet dévastateur qu’il réservait à la France. Alain Badiou disait en 2009 que Nicolas Sarkozy était le nom « de la peur et de la guerre ».

En effet, la France est aujourd’hui une puissance moyenne comparée aux grandes puissances émergentes, la Chine et l’Inde, ainsi qu’à l’hyper-puissance américaine. La France cherche donc à être protégée avec à sa tête un maître protecteur en la personne de Sarkozy Ier. Le débat actuel autour de la possible candidature d’un DSK, forcément compétent, est révélateur de ce besoin de protection. A défaut d’alternative politique, les Français, au lieu d’aller de l’avant et d’adhérer à un projet d’avenir ambitieux, préfère l’homme providentiel qui ne donnera pas plus de pain aux manants, mais qui les protégera en maintenant les remparts du pays.

Nicolas Sarkozy est aussi le nom de la guerre, car la France connaît une guerre externe, avec son ralliement à la guerre en Afghanistan et sa soumission aux USA, mais aussi une guerre intérieure contre les plus faibles : les immigrés, les sans-papiers, les sans argents, les accidentés du travail, les « populations » des « quartiers »… Ces guerres intérieures et extérieures, menées sur un fond de crise économique qui renforce ce besoin de protection, sont abondamment utilisées par le pouvoir pour véhiculer un sentiment de peur. Nous ne sommes pas dans une dictature, n’empêche que le pouvoir a les moyens de véhiculer la peur, la peur de l’autre, de l’immigré, du pauvre, du sdf…

On peut donc définir le Sarkozysme comme une sorte de pétainisme très général, qui préfère vassaliser la population plutôt que de prendre le risque de se heurter à des troubles intérieurs, surtout dans le contexte actuel. Le débat lancé par le président sur « Mai 1968 est-il mort ? », révèle cette recherche de vassalisation et -surtout- la peur que Sarkozy a de voir le peuple français sortir de cette dépendance et prendre son destin en main.

Cette prise de conscience se fera par un vote à gauche, peut être ; par des troubles, sûrement ; par l’avènement d’un climat insurrectionnel, nous pouvons le souhaiter. Si demain, ceux qui ne sont rien, chômeurs, précaires, étudiants, immigrés et l’ensemble des salariés deviennent tout, alors le pouvoir en place quel qu’il soit pourra trembler et sera en grande partie responsable de ce soulèvement.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :