« La Commune n’est pas morte ! »

« L’Offensive socialiste » vous invite vendredi 28 mai à 18 h 30 à un rassemblement convivial au Mur des Fédérés pour célébrer les derniers jours de la Commune de Paris lors desquels nos ancêtres ont résisté héroïquement à la barbarie militariste et autoritaire venue de Versailles.

« Tout ça n’empêche pas, Nicolas, qu’la Commune n’est pas morte! », disait la chanson. Et elle a raison, car 139 ans après son écrasement, la Commune reste bien vivante. Elle constitue un pas décisif de l’humanité dans le sens de sa propre émancipation. Face à la rapacité des hobereaux prussiens et de leur caste militaire rétrograde, face à couardise d’un gouvernement de « défense nationale » qui organisait la défaite et négociait secrètement avec Bismarck dans son dos, le peuple parisien a su se soulever. Malgré les rigueurs du siège et la famine qui le tiraillait, malgré la misère noire qui l’assaillait, il a su redresser fièrement la tête pour clamer son refus de « l’ordre des choses », c’est-à-dire la perpétuation éternelle des privilèges d’une infime minorité.

Le 18 mars 1871, en refusant son propre désarmement sur les pentes de Montmartre et en refusant du même coup à Thiers et à ses sbires de s’asseoir mollement dans le trône laissé vacant par la défaite de Napoléon III à Sedan, le peuple parisien s’est lancé dans une aventure enthousiasmante. Sans le savoir, il édifiait à tâton un Etat d’un type nouveau qui, pour la première fois de l’Histoire, n’était pas dirigé pour et par des possédants alors en fuite, mais pour et par les travailleurs. Les membres de la Commune, où se cotoyaient petits patrons, artisans, ouvriers, fonctionnaires, intellectuels et artistes, représentaient admirablement la richesse de ce peuple laborieux de la capitale martyre. Dans son activité incessante, poussée en avant qu’elle était par un peuple mobilisé qui comptait bien s’approprier la souveraineté populaire pour qu’elle ne soit plus un vain mot, la Commune a abattu un travail gigantesque. Elle a aboli la conscription, décreté les moratoires sur les loyers et les dettes, ainsi que l’interdiction du travail de nuit. Elle a fait des élus des mandataires responsables et révocables et leur a imposé, tout comme aux fonctionnaires, un salaire moyen d’ouvrier. Elle a mis en place un enseignement général pour tous et a même séparé l’Etat de l’Eglise, cette « infâme » qui trompait le peuple en ne lui promettant la félicité que dans l’au-delà, après une vie de souffrance vouée à la valorisation du dieu capital… La Commune a enfin amélioré le sort des femmes plus que ne le firent des dizaines de prudentes réformes « progressistes » au XXe siècle. Que de changement en à peine 2 mois ! Marx était prêt de la vérité quand il affirmait que le peuple parisien était bel et bien parti « à l’assaut du ciel » en ce printemps 1871.

Mais plus dure en fut la chute. Car la Commune, première ébauche d’une république sociale qui s’attelait à détruire la vielle machine d’Etat avec sa violence et sa corruption, ne pouvait que susciter une haine inexpiable dans la belle société qui se voyait privée de son monopole sur le pouvoir. Pour elle, la reprise de Paris était une tache impérieuse qui fut menée de façon systématique par Thiers et par les généraux réactionnaires qui avaient été bien incapables de défendre la patrie pendant la guerre de 1870… Profitant des hésitations de la Commune, ils purent réorganiser une armée en lambeaux et la faire pénétrer dans Paris le 21 mai. Les Communards résistèrent vaillamment dans leurs bastions de l’Est parisien, mais ils furent finalement submergés. Le 28 mai, la « Semaine sanglante » faisait retentir ses dernières salves sous le Mur des Fédérés où les derniers combattants furent exterminés. La violence des possédants fut à la hauteur de l’audace de l’insurrection populaire : 20 000 combattants furent massacrés. La répression n’en était qu’à ses débuts, puisque 5000 travailleurs furent condamnés à de lourdes peines de prison et qu’ils étaient au moins autant à prendre le chemin de l’exil. Commençait alors le combat pour l’amnistie qui ne fut imposée par les républicains qu’en 1880. C’est un nouvelle histoire qui commençait alors, celle de l’unification du mouvement ouvrier français en un syndicat unique, la grande CGT, et un parti, la SFIO de Jaurès, Guesde et Vaillant. Nouvelle histoire, vraiment ? Elle doit tant à l’insurrection populaire de 1871… Comme nous tous, d’ailleurs !

L’événement est présenté à cette adresse :

Rassemblement vendredi 28 mai 2010 à 18h30 au mur des fédérés

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