Israël-États Unis, Love Actually

Par Florent HASPEL (42)

Les relations entre Israël et l’Amérique ne sont plus au beau fixe. En effet, la dernière visite d’un représentant des États Unis en la personne de Joe Biden, vice président tout de même de la première puissance du monde, a été perçue comme une véritable humiliation avec l’annonce par les autorités israéliennes de la construction de 1600 nouveaux logements à Jérusalem Est. Ces déclarations sont loin d’être un couac car Tel Haviv avec en tête son président Benjamin Netanyahou doit faire face à une dichotomie d’intérêts. D’un côté, ils doivent assurer et entretenir leurs liens avec les États Unis et même renforcer  leur coalition militaire face à la Syrie et à l’Iran ainsi que les forces libanaises du Hezbollah. Cette coalition est avant tout une dépendance des Israéliens vis à vis des Américains. Ces derniers fournissent le carburant, les pièces détachées pour l’aviation et des systèmes d’alerte anti-missiles à Israël. De l’autre Netanyahou doit composer avec sa coalition hétéroclite à l’assemblée où le rôle de ses alliés d’extrême droite est primordial pour garder une stabilité gouvernementale. Ces derniers demandent, en gage de leur soutien, la continuation et même l’accélération de la colonisation de Jérusalem Est et des territoires palestiniens en général.

Les pressions des États-Unis sur Israël pourraient provoquer une crise politique au sein du pays et augmenter la fragmentation politique qui est déjà importante.

Le mauvais élève Netanyahou fut appelé dans le bureau de Mme la directrice Hillary Clinton  qui lui demanda de revoir ses déclarations et de s’excuser. Cet événement nous interroge sur l’inconditionnalité du soutien des USA à Israël. Ce qui est certain, c’est qu’avec un ministre des affaires étrangères comme Avigdor Liebermann, il est vain d’espérer une nouvelle politique intérieure Israélienne car la principale leçon que nous devons tirer de cet  incident, c’est que la politique extérieure d’Israël constitue un pan de sa politique intérieure. Advigor Lieberman est le principal responsable des tensions qui apparaissent entre les États-Unis et Israël ainsi que la dégradation des négociations avec les Palestiniens. Ces derniers ont tout d’abord commencé par tourner le dos à  Georges Mitchell, envoyé des États-Unis, chargé de négocier la paix puis il s’est servi de l’échec de cet émissaire pour dire sur un ton très enfantin, « vous voyez, j’avais raison ». De plus, Lieberman amène le conflit avec la Palestine sur le terrain religieux avec une opposition Juifs/Arabes, ce qui n’est pas une religion. Cette position ne fait pas les affaires des États-Unis qui souhaitent se réconcilier avec les États Arabes et améliorer leur aura dans le monde musulman. Outrage manifeste, loin des déclarations de cours de récré qui malheureusement laisse les États-Unis de glace, le ministre propose de rompre avec une des seules avancées démocratiques  de ces trente dernières années, la possibilité pour une Arabe vivant en Israël avant 1948 et à ces enfants de devenir citoyen Israélien. Cette loi donne la possibilité de devenir Israélien par le droit du sol et non plus seulement par le droit du sang. Rappelons qu’aujourd’hui les Arabes en Israël représentent tout de même 20% de la population totale d’Israël et leur proportion dans la population totale devrait augmenter en raison de la natalité. En plus de vouloir les exclure de la nation israélienne, ils les considèrent comme de dangereux militants, espions pro-palestiniens.

Ces dernières déclarations sur le déplacement des frontières d’Israël et de la Palestine sur des bases religieuses et ethniques n’ont  fait en aucun cas bouger l’Amérique alors qu’il est question d’annexer tous les territoires où les Juifs sont majoritaires. Ce projet va bien plus loin qu’une simple colonisation car le quadrillage du territoire palestinien s’accentuerait et s’institutionnaliserait. Effet d’annonce pour satisfaire les Israéliens les plus extrémistes ou réelle ambition, en tout cas, il nous semble que les positions des Israéliens vis-à-vis de la Palestine devraient se durcir dans les mois à venir et les USA, vexés par l’épisode Joe Biden sont loin d’un divorce avec leur ami Israélien.

De plus, l’Oncle Sam a de moins en moins prise sur son élève israélien et ne reconnaît toujours pas clairement la légitimité des revendications palestiniennes. Le but des États-Unis aujourd’hui va globalement dans le sens de l’entretien de relations amicales qui leur donne une position stratégique au sein du Moyen-Orient que la résolution du conflit israélo-palestinien.

À l’Amérique de clarifier ses positions diplomatiques avec son allié israélien. Comme on le dit souvent, allié ne veut pas dire aligné. Aujourd’hui il nous semble affligeant de voir la première puissance du monde au basque des intérêts d’Israël. Ce pays en réalité ne fait que copier son grand frère et s’en émancipe progressivement. Si les États-Unis veulent vraiment changer leur politique extérieure en Israël et en Palestine et plus globalement vis à vis du Moyen-Orient, ils doivent immédiatement établir des liens diplomatiques plus forts avec les Palestiniens et conditionner les aides à leur allié israélien, environ 10 milliards d’euros par ans à l’arrêt immédiat de la colonisation de Jérusalem Est.

M. Obama, un peu de courage, n’ayez pas peur de vexer les prétendues lobbies juif et donnez enfin aux États-Unis une vraie politique extérieure qui ne découle pas de calcul politicien pour garder une bonne côte de popularité.

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