Sarko craint une « révolte sociale ». Pour une fois, donnons-lui raison !

Sarko a la trouille. Le bon praticien de la lutte des classes qu’il est sent que les choses sont en train de lui échapper. Il est en train de prendre conscience que le mandat que lui ont donné les classes dominantes entre en contradiction avec ce à quoi il tient le plus : la préservation de son propre pouvoir. Face à la crise systémique du capitalisme, les actionnaires et les grands patrons veulent une « relance » à leur façon, comprenez une relance de leur taux de profit, c’est-à-dire un bon vieux plan de rigueur. Fillon, le gaulliste social repenti, en bon converti au néolibéralisme, est prêt à leur donner satisfaction. Ne vient-il pas d’affirmer que, s’il avait été aux manettes, « cela fait longtemps qu’on aurait mis en place un plan de réduction des déficits » ? Face à lui et à la cinquième colonne des Coppé et autres Villepin, Sarko a mis les points sur les i en précisant lundi dernier qu’« il n’y a[vait] pas de plan de rigueur ». Il aurait le même jour vitupéré contre « tous les libéraux, tous les obsédés de la dette, tous les hystériques du déficit »… Non, non, vous ne révez pas ! Il s’agit bien de Sarko. Nous parlons bien du petit excité qui, encore en fin janvier, annonçait que « le redressement des finances publiques [était] le défi majeur » de notre pays en ruine !

Pourquoi ce brutal revirement ? Simplement parce que Sarko, en tant que chef de l’exécutif -et donc des préfets-, est l’homme le plus au courant de l’état de l’opinion publique, façon édulcorée de désigner le rapport vivant qu’entretiennent entre elles les classes sociales. Et les nouvelles qu’il reçoit de tous les départements doivent être gratinées, car le chantre de la rupture commence à avoir sérieusement la frousse. Dans sa discussion du 10 mai dont des bribes ont été relatées par Le Canard enchaîné du12, Sarko estime qu’une purge libérale risquerait de provoquer « une révolte sociale » dans notre pays. Il l’a dit ! Il a commis l’irréparable ! Il vient de dire que ça pourrait mal finir. Le spectre de Louis XVI est de retour à l’Elysée… Le pouvoir vient de reconnaître que le rapport de force social est tel que la continuation de sa politique pourrait amener sa propre fin. C’est du jamais vu dans l’histoire de la Vème république ! Et force est de constater que Sarkozy est loin d’avoir tort. Deux « simples » journées d’action sans perspectives ont l’an dernier rassemblé à chaque fois plus de 3 millions de personnes venues crier leur refus d’un plan d’austérité et leur haine du pouvoir en place. Cette année, la droite s’est littéralement faite laminer, cette fois dans les urnes. La clique du Fouquet’s est définitivement démasquée. Ils ne représentent plus qu’eux-mêmes et leur clientèle de super-riches. Ils ne contrôlent plus rien et ne tiennent que grâce au bon-vouloir des directions syndicales et des partis de gauche qui se refusent à quitter la route balisée de calendrier institutionnel et à lancer l’assaut final contre eux.

Alors ? Sommes-nous condamnés à subir deux années de fin de règne façon Chirac ? Le pouvoir est-il paralysé au point de sombrer dans un immobilisme digne du roi fainénant corrézien ? Non, mille fois non ! Car Sarko est malgré tout contraint de satisfaire ne serait ce qu’a minima sa base sociale, mais aussi les spéculateurs qui, après la Grèce, commencent à lorgner sur notre beau pays. Au début du mois, devant un parterre de généreux donateurs de l’UMP, Sarko a montré patte blanche en rappelant qu’il n’avait « pas été élu pour augmenter les impôts » et qu’il était bien « obligé de la faire », cette réforme des retraites… Voilà la situation réelle du président des riches et des puissants : il craint d’avancer car la colère sociale atteint un point inégalé, mais il est prisonnier des exigences de la racaille capitaliste qui le soutient encore. Cette racaille qui exige, pour endiguer sa propre crise, toujours plus de gages en terme de libéralisation du « marché » du travail, de privatisation, de destruction de la Sécu et de subvention du capital. Sarko est donc au milieu du guet et il ne peut ni avancer, ni reculer. A nous de profiter de cette situation instable et de susciter sur la question des retraites une déferlante sociale à même d’emporter Sarko, son gouvernement et son Etat. Il vient lui même de reconnaître que le salariat en est capable. Et que le mot d’ordre « pas un sous de mois, pas un jour en plus » n’est pas qu’un slogan défensif. Il porte en lui le renversement du régime sarkozyste et il est gros d’une alterntative sociale encore insoupçonnée.

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