Le politique aux ordres des agences de notations

Par Johann Cesa (BN MJS)

Depuis une trentaine d’années, la finance dirige le monde mais depuis quelques temps, elle dicte l’agenda politique et le calendrier des réformes des ministres de Sarko. Dès son élection, le pouvoir s’était  mis à quatre pattes pour faire plaisir à sa bande du Fouquet’s. C’était le paquet fiscal avec ses exonérations totalement inefficaces économiquement et injustes socialement. Le travail des millions de salariés est là pour pallier ces roitelets fainéants qui font la pluie et le beau temps avec leurs milliards en or suisse disséminés un peu partout sur les places financières. Aujourd’hui fini les roitelets, place aux agences de notations. Ce sont les stars du moment !

Cette année, rien n’obligeait le gouvernement a entreprendre une énième réforme des retraites, ce n’était pas à l’ordre du jour. Et puis badaboum patatra, Sarko et ses néo-cons remettent le couvert. Alors depuis le début de l’année, on bassine une fois de plus les salariés en leur demandant des efforts (tiens, tiens des efforts comme pour les grecs), qu’il faut travailler plus longtemps, qu’il faudra mettre de l’argent soi-même de côté car la solidarité nationale ne suffira plus. On se demande alors à quel jeu joue-t-il ? À quoi ça sert de réformer les retraites alors qu’il vaudrait mieux s’employer à sortir du chômage les quatre millions de militaires de l’armée de réserve du capitalisme ? Pourquoi et pour qui ? On voudrait savoir pour qui ils roulent.

Les semaines passent, les langues gouvernementales commencent à se délier, on parle alors de rassurer les marchés financiers. Mais pour quoi faire ? Pourquoi maintenant alors que les bourses mondiales affichent des gains énormes du 4e trimestre 2009 à aujourd’hui ? Et puis Éric Woerth en charge du dossier nous livre la vérité sur les ondes : « Il faut envoyer des signaux positifs aux agences de notations. Il faut leur montrer que malgré la crise, nous sommes capables de continuer à réformer le pays, et mieux encore de prendre des initiatives comme pour les retraites ». Jean-François Copé a même avoué qu’elles étaient un « baromètre et que les politiques devaient prendre leurs responsabilités ». Ce sont donc les agences de notations, elle même rémunérées de leur travail par les banqueroutiers, qui ordonnent aux salariés de se serrer la ceinture, de travailler plus pour gagner moins, de vivre en mauvaise santé plus longtemps. Et pourtant, le candidat Sarkozy avait remis au goût du jour le volontarisme politique suite aux années fainéantes Chirac. Or, le ministre d’aujourd’hui n’est plus qu’un vassal soumis au bon vouloir des agences de notations. Un simple bonhomme sans esprit à qui on demande de faire des réformes sinon en quelques clics on fait plier le pays.

Plus fort que « quelques clics », ce sont les gaffeurs et les ordinateurs pré-programmés. Hier, la bourse de Wall Strett a chuté de 9 % en quelques minutes car un trader de la banque Citygroup a confondu millions et milliards en passant un ordre (cf article ici). Et si vous ajoutez à cela, des ordinateurs pré-programmés et qui passent des ordres directement et sans contrôle sur la base des dernières fluctuations, la folle machine s’emballe ! Près de mille milliards d’euros se sont envolés en « quelques clics ». Le capitalisme marche sur la tête tout en découpant celle des salariés. Et ce n’est pas un hasard si François Fillon annonce en même temps, le gel des dépenses publiques pour les trois années à suivre. C’est un nouveau coup porté au porte-monnaie des travailleurs et des retraités. Au lieu de relancer l’économie en donnant à ceux qui produisent les richesses, à ceux qui ont le moins et qui consommeront le plus, le gouvernement se plie comme un esclave à ses maîtres de la notation financière.

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3 Responses to Le politique aux ordres des agences de notations

  1. baeza says:

    Ca fait plaisir de voir des jeunes ne pas se laisser endormir par le discours ambiant;
    je connais un journal »informations ouvrières » qui chaque semaine apporte dans sa tribune libre de la lutte des classes un éclairage et des infos largement occultés par la dictature de la pensée néo-libérale relayée par le pouvoir médiatique.Je suis prête à vous offrir un abonnement gratuit tant je trouve ce journal salutaire…(12 numéros:10euros,);une lecture intéressante pour comprendre « la crise »: »Le triomphe de la cupidité »par Joseph. E Stiglitz prix nobel d’économie éditions:LLL Les Liens qui Libèrent…Assez facile à lire même pour des non- spécialistes d’économie comme moi

  2. offensivesocialiste says:

    Je connais bien ce journal, mon beau-père en distribuait dans sa jeunesse. Pour l’anecdote, Il devait en distribuer 20 par semaines.
    Tous en lutte, camarade!

    Johann CESA.

  3. roux says:

    il est temps de réagir , je connais une femme , que si elle n’avait pas 54% de a retraite de don défunt mari elle devrais vivre avec 140euros par mois..
    et il y a en d’autres qui vivent comme des miséreux; alors que les banques on tout le fric …
    je suis en colère car a 59 ans si je veux avoir une petite retraite , n’ayant pas et jamais la totalité des trimestres ; je vais avoir une misère .. dois je travailler jusqu’a 75 ans? pour avoir LE MINIMUM ,,,?

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