Grenelle 2 : tout va très bien, madame la Marquise

Alors que le Parlement examine à partir d’aujourd’hui le Grenelle 2, le retour de l’environnement, le gouvernement nous sérine sa chanson traditionnelle : tout va très bien. Pourtant il faut que l’on vous dise. On déplore un tout petit rien. Un incident, une bêtise. La mort du Grenelle 1. Les promesses tenues en 2007 ont été oubliées les unes après les autres. Il faut dire que Jean-Louis Borloo n’est pas vraiment du genre courageux. Devant la pressions des lobbys, le « New Deal écologique » s’est transformée en « ça commence à bien faire ». Terminée la réduction massive de pesticides pour ne pas perdre l’électorat des agriculteurs. Oublié la transparence des coûts en énergie des produits vendus qui, si elle ne permettait pas de mettre en place des « circuits courts », démontrait au moins l’absurdité des milliers de kilomètres traversés par un yaourt.

En même temps, on comprend bien que la droite aurait eu du mal à défendre la recherche du profit maximum et à lutter dans le même temps contre l’agriculture intensive et les marges indécentes des supermarchés. On comprend qu’il est difficile de privatiser EDF et GDF puis de demander que la manière dont est produit l’énergie (éolien, nucléaire, gaz, etc.) soit décidée en fonction de critères politiques et non financiers. Les bons sentiments ne pèsent pas bien lourds face à l’idéologie libérale.

Mais au fond, cela n’est rien, tout va très bien. Tous les pays, nous dit-on, se mettent les uns après les autres à se lancer dans la grande compétition de l’économie verte. La Chine et les États-Unis seraient devenus, d’après notre cher ministre Jean-Louis Borloo, les premiers à se lancer dans cette compétition seule à même de relancer notre économie à la peine. Cela peut rappeler à beaucoup le discours tenu pendant toutes les années 2000 à partir du Sommet de Barcelone, sur l’Europe qui devait devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde ». L’idée était simple. Puisque on ne peut rien faire contre les délocalisations – et surtout pas parler de protectionnisme, quelle horreur ! – il faut laisser les produits à faible valeur ajouté aux pays en voie de développement pour produire les marchandises à haute valeur ajoutée. En clair, fini les ouvriers et leurs cols bleus, place aux scientifiques et leur blouse blanche. Bien sûr, cette idée était absurde. Les ouvriers restent très nombreux en France, quoi qu’on en dise. Et surtout, l’argent investi dans la recherche en Inde ou en Chine étant sans commune mesure avec les bouts de ficelles accordées en France, ce qu’il fallait remettre en cause, ce n’était pas le type de marchandises produit en France mais bien la sacro-sainte concurrence libre et non faussée.

Malgré l’échec flagrant de cette politique économique européenne, malgré la crise financière, la même soupe nous est resservie avec l’économie verte. Avec à la fin les même conséquences. Pourtant, nous savons tous que la planète ne sera pas sauvée par le capitalisme. Le socialisme, c’est ça le cap pour le salut de notre planète.

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