Face au mensonge d’Etat, à l’offensive pour défendre nos retraites !

Par Jean-François Claudon (75)

L’Islande est décidément un pays merveilleux. Non content d’avoir viré la droite, puis refusé à plus de 93 % le plan de remboursement des banques proposé par leurs Papandréou locaux, ce petit pays indispose depuis une semaine ses créanciers d’Europe du Nord en les submergeant d’un nuage de poussière digne de la célèbre éruption du Vésuve ! Mais si le capitalisme a peu de chance de connaître dans l’immédiat le sort de Pompéi, l’éruption du volcan Eyjafjöll est à créditer d’un mérite internationaliste beaucoup plus grand. En effet, le battage médiatique qu’elle suscite a mis -au moins de façon temporaire- un terme en France à la campagne de presse visant à discréditer le maintien de l’âge de la retraite à 60 ans. Et vu la virulence de cette campagne mensongère et falsificatrice, ce n’est pas rien !

Selon un sondage BVA-Les Echos-France-info diffusé ce mardi 20 avril, « six Français sur dix estiment que le gouvernement a tort de vouloir aller vite dans la réforme des retraites. […] Pour 58% des personnes interrogées, la position de l’opposition, qui défend le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, est « légitime ». Il s’agit d’un acquis social [sur lequel] il ne faut pas revenir ». La campagne de la presse aux ordres n’est donc pas si efficace que cela ! Elle cherche à répandre une vision catastrophiste de notre système de retraite par répartition, présentant le maintien de l’âge de départ à 60 ans comme un acte  politique irresponsable. Pour ce faire, elle impose des contre-vérités et s’appuie sur des chiffres on ne peut plus discutables tirés du récent rapport du COR. La palme du délire médiatique revient sans conteste au quotidien Le Monde qui a de façon éhontée titré sur les 2600 milliards d’euros qui manqueraient à nos caisses de retraites. Ce véritable matraquage de sommes faramineuses sans recourir à des comparaisons honnêtes ou à la moindre échelle de grandeur, et surtout sans discuter la validité des chiffes énoncés, est en tout point malhonnête. Mais Le Monde n’est plus à ça près !

Ce journal sérieux de la bourgeoisie, généralement modéré, tacle Le Figaro et Les Echos sur leur droite en s’en prenant aux dirigeants de la gauche du PS et aux amis de Laurent Fabius, mis dans le même sac et accusés de « hausse[r] les épaules devant les travaux du COR » puisque, tous, ils « récusent l’impératif d’un allongement de la durée de cotisation ». Cette orientation raisonnable, majoritaire dans la population et hégémonique dans les rangs du salariat, est bien sûr qualifiée de « retour du refoulé ». La presse de droite nous fait encore le coup du sur-moi marxiste, cette maladie chronique de la gauche française et d’une sociale-démocratie qui n’a pas encore été totalement domestiquée par les forces du capital comme le sont ses partis-« frères » d’Europe du Nord ! Ce sur-moi en appelant à une autre politique que celle voulue par le patronat et les actionnaires est, aux yeux du journaliste laquais, d’autant plus déconnecté du réel qu’il s’oppose à un « impératif », c’est-à-dire à une nécessité technique qui se situe au-delà -ou plutôt en deçà- de toute décision politique. A ce titre, il n’est pas étonnant que l’estimable auteur de ce torchon mondain défende, face à une Martine Aubry évidemment manipulée par les hitléro-trotskystes de la gauche du PS, une orientation alternative et réaliste à ses yeux incarnée en interne du PS par François Hollande, Manuel Valls, Jean-Marie le Guen, DSK et, plus discrètement, par Ségolène Royal. Que du beau monde ! Et surtout, que des politiciens qui n’ont jamais empêché un banquier ou un actionnaire de dormir…

Ce délire verbal sur la gauche du PS est un symptôme qui prouve que, vraiment, ça ne passe pas. Le catastrophisme ne marche plus quand les intérêts de l’écrasante majorité sont ainsi bafoués. Pour encourageants que soient les derniers sondages d’opinion, il ne faut pour autant pas s’en satisfaire. Pour l’emporter dans le bras de fer social généralisé qui s’annonce, il faut passer à un stade supérieur de conscience et de contestation. Le refus pour ainsi dire instinctif dans notre camp du recul de l’âge de départ à la retraite à taux plein doit s’amplifier et accoucher d’une authentique perspective positive de lutte. Pour ne pas se complaire dans le rôle des « grincheux » et des archaïques défendant des privilèges d’un autre âge, il nous faut être offensif et expliquer que le déficit de nos caisses de retraites n’est rien à côté des profits des grandes entreprises jouissant en général de très généreuses exonérations de charge. Il faut avoir le courage de dire que la hausse de l’espérance de vie n’implique nullement, comme un corollaire logique qui va de soi, l’allongement de la durée de cotisation. C’est au contraire l’existence d’un système de retraite par répartition fondé sur la solidarité intergénérationnelle qui a permis ce gain de vie et de temps-libre après le travail !

Pour mener la bataille dans les meilleures conditions, il faut avoir conscience que les chiffres alarmistes du COR -qui était bizarrement bien plus prudent quand ce débat ne faisait pas encore la une des journaux !- reposent sur des données contestables, si ce n’est fausses. Tous les calculs savants de l’auguste Comité, malgré l’existence de paramètres variables établissant des scénarii plus ou mois pessimistes, repose sur une sous-estimation de la dynamique nataliste dans notre pays. Il n’est en rien assuré qu’il y aura 1, 2 actif pour un retraité dans la France de 2040 ! Tous les démographes et les économistes sérieux savent que notre natalité est repartie à la hausse, contrairement au reste de l’Europe, depuis la fin des années 1990. Fixer sur 30 ans le nombre d’enfants par femme à 1, 9 n’a pas plus de sens que d’estimer à 4 ou 5 le nombre d’I-phones par famille ! Il est vrai que cette vérité nataliste, en plus de gênante qu’elle est pour établir les résultats commandés au COR par le pouvoir en place, discrédite la politique prétendument « comptable » menée par ce même pouvoir dans l’Education nationale…

Autre donnée figée : le taux d’emploi de la population active. Pour les « sages » du COR, le scénario le plus optimiste reposerait, même en cas de « plein-emploi », sur la prise en compte d’un taux de chômage à hauteur de 4, 5 % de la population active ! Passons sur le côté pour le moins absurde d’une phase de plein-emploi coexistant avec un chômage de masse, pour nous concentrer sur l’essentiel. Pour le COR et ceux qui l’instrumentalisent, la perspective d’une société du plein-emploi est littéralement inenvisageable. Le 8ème rapport du COR nous explique donc que le chômage de masse est un mal nécessaire et qu’espérer sa liquidation revient à attendre l’Arlésienne, à défaut de Godot… Il faut à tout prix dénoncer cette perspective, mais pas de façon « humanitaire » et encore moins de façon morale. Il est inutile de se scandaliser de l’option prise par le COR, puisque, du point de vue du camp d’en face, le chômage de masse est bel et bien une donnée intangible de l’économie de marché, élevée pour les besoins de la cause au rang de seule économie possible. Il y a plus d’un siècle et demi que Marx a expliqué que l’exclusion du travail d’un volet conséquent de travailleurs -le fameux « bataillon de réserve »- est une nécessité pour les capitalistes condamnés par la concurrence et l’augmentation de la composition organique du capital qu’elle suscite à compresser sa part variable, c’est-à-dire la part revenant au salariat.

Pas la peine, donc, de se scandaliser de cette perspective à long terme qui ne relève aucunement du cynisme, mais révèle au contraire la façon concrète qu’ont le patronat et les actionnaires de voir la suite des événements ! En revanche, à nous d’avancer notre propre vision du monde ! A notre sens, le chômage n’est ni une fatalité naturelle ni  un don du dieu « marché », mais bel et bien un produit social suscité historiquement par le capitalisme. En partageant le temps de travail, en créant de nouvelles activités salariées (environnement, éducation, santé…), en liquidant la précarité, bref, en brisant la loi d’airain du « marché », nous pouvons forger une société du plein emploi qui permettra de financer sans aucun problème pour tous un temps de retraite libéré des contraintes du travail ! Notons d’ailleurs à plus court terme que l’allongement de la durée de cotisation, au-delà de son caractère irréalisable dans le capitalisme d’aujourd’hui, nourrit le chômage de masse en privant les plus vieux de leur retraite et les plus jeunes des emplois laissés vacants.

En réalité, le rapport du COR, malgré toutes ses imperfections et ses partis-pris, aboutit à la seule conclusion que le gouvernement ne veut et ne peut souffrir : la nécessaire augmentation des cotisations. Les scenarii prévus par le Comité prévoient un déficit des caisses de retraite compris entre 1, 7 et 2, 1 % du PNB. Or, d’après Guillaume Duval, d’Alternatives économiques, « les cotisations retraites pèsent actuellement 13 % du PIB, et les scénarios du COR sont fondés sur une stricte stabilité de ce pourcentage à l’avenir. Couvrir deux points de PIB de déficit, cela consiste à augmenter les recettes de 15 % d’ici 2020. C’est important, mais ce n’est pas non plus la mer à boire »… Alors que les forces du capital voulaient mettre en évidence qu’en temps de crise, les 3 seules variables d’ajustement du système de retraite sont l’âge de départ, la durée de cotisation et le niveau des pensions, si l’on sait lire entre les lignes, on comprend que la seule véritable solution consiste à augmenter les cotisations. Précisément ce que le patronat et les actionnaires s’acharnent à refuser, dans l’espoir de faire porter le chapeau au salariat avec, en prime, un couplet larmoyant sur l’union nationale et sur les efforts que chacun doit consentir dans un contexte de difficultés économiques…

Mais exiger la hausse des cotisations ne suffit pas, encore faut-il dire lesquelles. Pour nous, il n’y a pas à tergiverser : ce sont les cotisations patronales qu’il faut augmenter en priorité. Qui, à part les patrons, ont profité de la hausse de la productivité du travail ? Qui, à part eux, se voit exonérés chaque année de nombreuses cotisations au nom de la « sauvegarde de l’emploi » ? Qui , si ce n’est eux, rigole chaque année, en voyant la solidarité nationale compenser le déficit des caisses entretenu politiquement et creusé années après années par les libéraux à leur solde ? L’ennemi est identifié : ce n’est pas le chômeur en galère, ni le salarié qui part à la retraite quand il le peut et encore moins l’étudiant qui cherche à juste titre à bien se former et qui entre de ce fait plus tard sur le « marché » du travail! Ce sont les chefs d’entreprise qui refusent de s’acquitter de ce qu’ils appellent improprement les « charges » sociales nuisant à leur compétitivité ! Ce sont les actionnaires qui lorgnent avec avidité sur les caisses de retraites et sur cette manne que les luttes des salariés et les lois sociales successives ont soustraite à leur rapacité ! Ce sont les libéraux qui servent aveuglément le capital au point de laisser notre monde aller à sa perte ! Une CDI pour tous et des cotisations qui rentrent, voilà la solution de bon sens, la seule viable, qu’ils camouflent derrière le vrai nuage de fumée : non pas celui venu l’Islande, mais celui de leur phrase creuses !

<!–[if !mso]> <! st1\:*{behavior:url(#ieooui) } –>

L’Islande est décidément un pays merveilleux. Non content d’avoir viré la droite, puis refusé à plus de 93 % le plan de remboursement des banques proposé par leurs Papandréou locaux, ce petit pays indispose depuis une semaine ses créanciers d’Europe du Nord en les submergeant d’un nuage de poussière digne de la célèbre éruption du Vésuve ! Mais si le capitalisme a peu de chance de connaître dans l’immédiat le sort de Pompéi, l’éruption du volcan Eyjafjöll est à créditer d’un mérite internationaliste plus grand. En effet, le battage médiatique qu’elle suscite a mis -au moins de façon temporaire- un terme en France à la campagne de presse visant à discréditer le maintien de l’âge de la retraite à 60 ans. Et vu la virulence de cette campagne mensongère et falsificatrice, ce n’est pas rien !

Selon un sondage BVA-Les Echos-France info diffusé mardi 20 avril, « six Français sur dix estiment que le gouvernement a tort de vouloir aller vite dans la réforme des retraites. […]
Pour 58% des personnes interrogées, la position de l’opposition, qui défend le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, est « légitime ». Il s’agit d’
un acquis social [sur lequel] il ne faut pas revenir ». La campagne de la presse aux ordres n’est donc pas si efficace que cela ! Elle cherche à répandre une vision catastrophiste de notre système de retraite par répartition, présentant le maintien de l’âge de départ à 60 ans comme un acte  politique irresponsable. Pour ce faire, elle impose des contre-vérités et s’appuie sur des chiffres on ne peut plus discutables tirés du récent rapport du COR. La palme du délire médiatique revient sans conteste au quotidien Le Monde qui a de façon éhonté titré sur les 2600 milliards d’euros qui manqueraient à nos caisses de retraites. Ce véritable matraquage de sommes faramineuses sans recourir à des comparaisons ou à la moindre échelle de grandeur, et surtout sans discuter la validité des chiffes énoncés, est en tout point malhonnête. Mais Le Monde n’est plus à ça près !

Ce journal sérieux de la bourgeoisie, généralement modéré, tacle Le Figaro et Les Echos sur leur droite en s’en prenant aux dirigeants de la gauche du PS et aux amis de Laurent Fabius, mis dans le même sac et accusés de « hausse[r] les épaules devant les travaux du COR » puisque, tous, ils « récusent l’impératif d’un allongement de la durée de cotisation ». Cette orientation raisonnable, majoritaire dans la population et hégémonique dans les rangs du salariat, est bien sûr qualifié de « retour du refoulé ». La presse de droite nous fait encore le coup du sur-moi marxiste, cette maladie chronique de la gauche française et d’une sociale-démocratie qui n’a pas encore été totalement domestiquée par les forces du capital comme le sont ses partis-« frères » d’Europe du Nord ! Ce sur-moi en appelant à une autre politique que celle voulue par le patronat et les actionnaires est, aux yeux du journaliste laquais, d’autant plus déconnecté du réel qu’il s’oppose à un « impératif », c’est-à-dire à une nécessité technique qui se situe au-delà -ou en deçà- de toute décision politique. A ce titre, il n’est pas étonnant que l’auteur de ces lignes défende, face à une Martine Aubry évidemment manipulée par les hitléro-trotskystes de la gauche du PS, une orientation alternative et réaliste à ses yeux incarnée en interne du PS par François Hollande, Manuel Valls, Jean-Marie le Guen, DSK et, plus discrètement, par Ségolène Royal. Que du beau monde ! Et surtout, que des politiciens qui n’ont jamais empêché un banquier ou un actionnaire de dormir…

Ce délire verbal sur la gauche du PS est un symptôme qui prouve que ça ne passe pas. Le catastrophisme ne marche plus quand les intérêts de l’écrasante majorité sont ainsi bafoués. Pour encourageants que soient les derniers sondages d’opinion, il ne faut pour autant pas s’en satisfaire. Pour l’emporter dans le bras de fer social généralisé qui s’annonce, il faut passer à un stade supérieur de conscience et de contestation. Ce refus pour ainsi dire instinctif de recul de l’âge de départ à la retraite à taux plein doit s’amplifier et accoucher d’une perspective positive. Pour ne pas se complaire dans le rôle des « grincheux » et des archaïques défendant des privilèges d’un autre âge, il nous faut être offensif et expliquer que le déficit de nos caisses de retraites n’est rien à côté des profits des grandes entreprises jouissant en général de très généreuses exonérations de charge. Il faut avoir le courage de dire que la hausse de l’espérance de vie n’implique nullement, comme un corollaire logique, l’allongement de la durée de cotisation. C’est au contraire l’existence d’un système de retraite par répartition fondé sur la solidarité intergénérationnelle qui a permis ce gain de vie et de temps-libre après le travail !

Pour mener la bataille dans les meilleures conditions, il faut avoir conscience que les chiffres alarmistes du COR -qui était bizarrement bien plus prudent quand ce débat ne faisait pas encore la une des journaux !- reposent sur des données contestables, si ce n’est fausses. Tous les calculs savants de l’auguste Comité, malgré l’existence de paramètres variables établissant des scénarii plus ou mois pessimistes, repose sur une sous-estimation de la dynamique nataliste dans notre pays. Il n’est en rien assuré qu’il y aura 1, 2 actif pour un retraité dans la France de 2040 ! Tous les démographes et les économistes sérieux savent que notre natalité est repartie à la hausse, contrairement au reste de l’Europe, depuis la fin des années 1990. Il est vrai que cette vérité, en plus de gênante qu’elle est pour établir les résultats commandés au COR par le pouvoir en place, discrédite la politique prétendument comptable menée par ce même pouvoir dans l’Education nationale…

Autre donnée figée : le taux d’emploi de la population active. Pour les « sages » du COR, le scénario le plus optimiste reposerait, même en cas de « plein-emploi », sur la prise en compte d’un taux de chômage à hauteur de 4, 5 % de la population active ! Passons sur le côté pour le moins absurde d’une phase de plein-emploi coexistant avec un chômage de masse, pour nous concentrer sur l’essentiel. Pour le COR et ceux qui l’instrumentalisent, la perspective d’une société du plein-emploi est littéralement inenvisageable. Le 8ème rapport du COR nous explique donc que le chômage de masse est un mal nécessaire et qu’espérer sa liquidation revient à attendre l’Arlésienne, à défaut de Godot… Il faut à tout prix dénoncer cette perspective, mais pas de façon « humanitaire ». Il est inutile de se scandaliser de l’option prise par le COR, puisque, du point de vue du camp d’en face, le chômage de masse est bel et bien une donnée intangible de l’économie de marché, élevée pour les besoins de la cause au rang de seule économie possible. Il y a plus près d’un siècle et demi que Marx a expliqué que l’exclusion du travail d’un volet conséquent de travailleurs -le fameux « bataillon de réserve »- est une nécessité pour les capitalistes condamnés par la concurrence et l’augmentation de la composition organique du capital qu’elle suscite à compresser sa part variable, c’est-à-dire la part revenant au salariat.

Pas la peine de se scandaliser de cette perspective à long terme qui n’est pas du cynisme, mais bel et bien la façon qu’ont le patronat et les actionnaires de voir la suite des événements ! En revanche, à nous d’avancer notre propre vision du monde ! Le chômage n’est pas une fatalité naturelle, mais un produit social suscité par le capitalisme. En partageant le travail, en créant de nouvelles activités salariées (environnement, éducation, santé…), en liquidant la précarité, bref, en brisant la loi d’airain du « marché », nous pouvons forger une société du plein emploi qui permettra de financer sans aucun problème pour tous un temps de retraite libéré des contraintes du travail ! Ajoutons à plus court terme que l’allongement de la durée de cotisation, au-delà de son caractère irréalisable dans le capitalisme d’aujourd’hui, nourrit le chômage de masse en privant les plus vieux de leur retraite et les plus jeunes des emplois laissés vacants.

En réalité, le rapport du COR, malgré toutes ses imperfections et ses partis-pris, aboutit à la seule conclusion que le gouvernement ne veut et ne peut souffrir : la nécessaire augmentation des cotisations. Les scenarii prévus par le Comité prévoient un déficit des caisses de retraite compris entre 1, 7 et 2, 1 % du PNB. Or, d’après Guillaume Duval, d’Alternatives économiques, « les cotisations retraites pèsent actuellement 13 % du PIB, et les scénarios du COR sont fondés sur une stricte stabilité de ce pourcentage à l’avenir. Couvrir deux points de PIB de déficit, cela consiste à augmenter les recettes de 15 % d’ici 2020. C’est important, mais ce n’est pas non plus la mer à boire »… Alors que les forces du capital voulaient mettre en évidence qu’en temps de crise, les 3 seules variables d’ajustement du système de retraite sont l’âge de départ, la durée de cotisation et le niveau des pensions, si l’on sait lire entre les lignes, on comprend que la seule véritable solution consiste à augmenter les cotisations. Précisément ce que le patronat et les actionnaires s’acharnent à refuser, dans l’espoir de faire porter le chapeau au salariat avec, en prime, un couplet sur l’union nationale et sur les efforts que chacun doit consentir dans un contexte de crise…

Mais exiger la hausse des cotisations ne suffit pas, encore faut-il dire lesquelles. Pour nous, il n’y a pas à tergiverser : ce sont les cotisations patronales qu’il faut augmenter. Qui, à part les patrons, ont profité de la hausse de la productivité du travail ? Qui, à part eux, se voit exonérés chaque année de nombreuses cotisations au nom de la « sauvegarde de l’emploi » ? Qui rigole chaque année, en voyant la solidarité nationale compenser le déficit des caisses entretenu politiquement et creusé années  après années par les libéraux ? L’ennemi est identifié : ce n’est pas le chômeur, le salarié qui part à la retraite ou encore l’étudiant qui cherche à juste titre à bien se former ! Ce sont les chefs d’entreprise qui refusent de s’acquitter de ce qu’ils appellent des « charges » sociales nuisant à leur compétitivité ! Ce sont les actionnaires qui lorgnent avec avidité sur les caisses de retraites et sur cette manne que les luttes des salariés et les lois sociales successives ont soustraite à leur rapacité ! Ce sont les libéraux qui servent aveuglément le capital au point de laisser le monde aller à sa perte ! Une CDI pour tous et des cotisations qui rentrent, voilà la solution de bon sens qu’ils camouflent derrière le nuage de fumée de leur phrase creuses !

Advertisements

One Response to Face au mensonge d’Etat, à l’offensive pour défendre nos retraites !

  1. loubaresse says:

    objet <je m'abonne
    <le combat socialiste continue..
    amitiés socialistes
    Jacques <FD du Cantal (C.F)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :