Unité de la Gauche: appel du 7 Avril pour défendre la retraite à 60 ans

Par Johann CESA (BN MJS)

La conférence de presse appelée par Copernic et Attac a eu lieu ce 7 avril à 11 h Bourse du travail à Paris. Jean-Marie Harribey (Attac) et Willy Pelletier (Copernic) ont introduit sous la présidence de Christiane Marty. Ont pris notamment la parole, une représentante de la FSU,  Martine Billard députée pour le parti de gauche, Pierre Laurent pour le PCF, Alain Lipietz pour les Verts, Gérard Filoche pour le PS, un camarade du NPA, Christian Picquet (GU), Jean-Marie Goux, Pierre Khalfa pour Sud Solidaires, Jean-Baptiste Prévost pour l’UNEF.

Ont également et notamment signé  : MG Buffet, P Laurent, C Duflot A Lipietz, Noël Mamére, JL Mélenchon C Debons, M Billard, O Besancenot A Krivine, MN Lienemann, G Filoche, Jean Jacques Chavigné (CN PS) Liem Hoan Ngoc (député européen), Razzy Hammadi (SN du PS), Regis Juanico (député PS, trésorier national), Delphine Mayrargue (secrétaire nationale au travail et à l’emploi, PS), Jérome Guedj (BN PS), Patrick Braouzec, Christian Picquet, Luc Boltanski, André Dorléan, Robert Castel, Didier Le Reste, Jean-Marie Goux, Michel Angot, Eric Beynel, Willy Pelletier, Jacques Généreux, Gérard Noiriel, Susan George, Jean Marie Harribey, Jean Baptiste Prévost, Caroline De Haas (oser le féminisme), Danièle Linhart, Maya Surduts, Yves Salesse, Eric Thouzeau (cn PS) …. Signatures d’organisation : FSU, Sud, Unef, des fédérations CGT Banques, Sncf, Finances etc… et PCF, PG, NPA, MRC, Verts, PS.

La pétition (pour la signer cliquer ici):

Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites

Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote…) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen – niveau de la retraite par rapport au salaire, passerait de 72% en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.

Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite. Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir. Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ». Dans les deux cas, il s’agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l’avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d’équilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié-es pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps.

La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les Etats continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les Etats donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques. Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux…) pour stopper cet engrenage.

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7 Responses to Unité de la Gauche: appel du 7 Avril pour défendre la retraite à 60 ans

  1. gidaz says:

    Pourquoi les socialistes ne parlent jamais du régime spécial des politiques , notamment des députés et sénateurs? ce serait une erreur de ne pas le faire, car ensuite il leur faudra attraper le train en marche, car nous allons beaucoup parler de ça sur internet, le moment venu…il sera dommage de constater que l’idée ne venait pas des socialistes!

  2. grd13 says:

    Finissons en avec cette démagogie qui stigmatise la retraite des élus. Ce faisant on oublie tout simplement les quelques 35 milliards que l’état doit à la sécurité sociale, et la branche retraite en fait partie. Alors de grâce attaquons sous le bon angle la question de la protection sociale en général.

  3. saen says:

    tant que le parti gardera en son sein, des apparatchiks et des elus qui ont fait raserdes equipements sociaux et des foyers de jeunes travailleurs situes a cote de leur residence personnel, il n’aura pas la confiance des jeunes qui ont malheureusement vecus cette expérience.

  4. Lamy Claude says:

    Médecin du travail retraité, militant socialiste, ancien secrétaire de section, j’avoue que j’aurais bien aimé trouver dans la liste des signataires des noms comme Peillon, Vals, Montebourg, Hamon et pourquoi pas une certaine Martine…mais là je rêve sans doute ! En tout cas notre ami Filoche fait un travail admirable et je conseille vivement la lecture de son nouvel ouvrage !

  5. Brian says:

    C’est vrai qu’il aurait été encourageant de trouver un plus grand nombre de noms de dirigeants socialistes sur cette liste.

  6. ritleng says:

    je réitère ma proposition de financer les retraites (les acquis sociaux) par la tva. avec en corrélation la suppression des cotisations sociales. il va de soi qu’il faudra augmenter les salaires réels (net = brut) pour donner du pouvoir d’achat au salarié. cela créera un cercle vertueux , rendra le travail moins cher, permettra l’embauche de beaucoup de gens laissés sur le bord de la route, dynamisera nos entreprises par une réduction des charges.
    Il est vain d’attendre une nouvelle reprise de la croissance, qui créera des emplois.
    nous sommes dans une société post-industrielle. les besoins déterminent la production des biens et services. il y a un glissement en fonction de la vente des produits et services (just in time, flux tendu etc). or notre système fiscal et surtout notre système de pensée accordent une importance accrue à la structure travail-capital.
    il est grand temps de faire table rase , non pas du marxisme, mais des idées reçues. il faut adapter le contrat social , hérité du CNR, au monde moderne.
    je sais que beaucoup d’entre vous seront choqués!
    mais taxer les entreprises (notamment les PME) serait fatal. un allègement (voire une suppression) des charges sociales permettrait de l’embauche.
    je suis un ardent défenseur du contrat intergénérationnel, mais je me vois mal travaillé jusqu’à 70 ans, sinon plus!
    je défendrai ce projet jusqu’au bout, le couteau entre les dents!

  7. Dupont Jules says:

    Quelqu’un peut-il me rappeler quel fut le parti au pouvoir qui, depuis 1983, a systématiquement démantelé les services publics, développé l’économie financière, transféré la valeur ajoutée du salariat vers le capital…. j’ai la mémoire qui flanche.

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