Régionales : mettre la droite au tapis !

Par Julien Guérin (43)

Nous sommes désormais à une semaine du 1er tour des élections régionales qui ont lieu le 14 mars prochain. Tous les sondages sont unanimes : ils prévoient un raz-de-marée pour la gauche face aux listes de l’UMP. Il faut néanmoins nous méfier de ces sondages dont les instituts sont, pour la plupart, dirigés par des proches de Sarkozy et rester collectivement mobilisés durant les derniers jours de campagne.

En 2004, la gauche était parvenue à l’emporter dans 20 régions sur 22. Un an après le mouvement social de 2003 et la montée vers la grève générale face à la contre-réforme des retraites de Raffarin-Fillon, les salariés avaient massivement utilisés le bulletin de vote socialiste pour prendre une revanche politique sur un gouvernement libéral qui avait tenté de les briser socialement.

On pouvait alors nourrir l’espoir que les régions dirigées par la gauche seraient des digues solides contre le pouvoir UMP en résistant de toutes leurs forces aux sales coups de la droite. Hélas cela ne fut pas toujours le cas tant l’idéologie décentralisatrice, concurrentielle et antijacobine a malheureusement infesté une partie des rangs de la gauche. Cependant, les majorités de gauche ont fait de louables efforts dans certains domaines : priorité au développement durable, efforts considérables pour les TER (train express régionaux), vigilance face aux OGM, soutien à une agriculture de qualité,  aide à la démocratisation de la culture, constructions de nouveaux lycées… même si l’on aurait aimé plus de résistance face aux transferts aux régions de certaines catégories de personnels par l’Etat et un combat plus frontal avec le gouvernement. De même le versement d’aides à des entreprises qui n’en avaient pas besoin et qui en ont parfois profité avant de licencier et de délocaliser a souvent été excessif et inutile. La plupart des conseils régionaux dirigés par des majorités PS-PCF-Verts n’ont pourtant pas démérités. Ils ont dû faire face aux tentatives d’asphyxie financière de l’Etat qui ne cesse de transférer des compétences au nom du libéralisme le plus débridé. Même si l’on aurait pu espérer plus, les régions ont parfois été un contrepoids utile au gouvernement.

Cette élection intervient aussi dans le contexte de la réforme des collectivités locales décidée par Sarkozy qui s’inscrit dans la même logique libérale, à laquelle il faut ajouter une volonté de reprise en main antidémocratique. Il faut faire des régionales un véritable référendum contre cette loi que la gauche devra abroger lors de son retour au pouvoir. Ces élections sont surtout un test politique national contre Sarkozy et l’UMP, peut-être le dernier avant 2012. La gauche peut l’emporter partout, gagner dans les 22 régions serait la première marche vers la reconquête du pouvoir d’Etat. De plus, cela donnerait du carburant au mouvement social et aux luttes qui n’ont cessé depuis plusieurs mois (Total, Ikea, Continental, Goodyear dans le privé ainsi que dans l’éducation et la santé ou à la Poste, à la SNCF ou à EDF…) mais se sont heurtés trop souvent à un manque de débouchés politiques. La crise qui a débuté il y a près de deux ans ne cesse de produire des effets sociaux désastreux : le taux de chômage vient de dépasser les 10 % de la population active et touche près de 25 % des jeunes de moins de 25 ans, les licenciements se multiplient, 1 million de chômeurs vont arriver en fin de droits d’ici la fin de l’année, se voyant ainsi privé de toute ressource… La pauvreté et la précarité continuent de faire des ravages avec leur lot de temps partiels imposés, de bas salaires et de travailleurs pauvres ne pouvant se loger. C’est cela le bilan de Sarkozy et de la droite qui, depuis 2002, ne cessent de détruire les acquis des grandes luttes des travailleurs et des gouvernements de gauche. Sarkozy a d’ores et déjà annoncé sa volonté de continuer ses sales coups après les régionales : fin annoncée de la retraite à 60 ans, casse de l’école et de la santé publique accélérée, médecine du travail démantelée… Durant toute la campagne, la droite a tenté de faire diversion en mettant en avant les questions d’identité nationale et de sécurité pour ne pas avoir à répondre de sa politique sociale qui aggrave les inégalités.

Voter à gauche c’est d’abord dire non à cette politique, non à Sarkozy et son gouvernement tout en permettant d’améliorer le rapport de force en vue de la présidentielle et des législatives à venir. Il faut mobiliser les abstentionnistes en parlant haut et fort contre le pouvoir en place partout, en étant présent sur le terrain, dans les luttes des salariés et en préparant au mieux l’indispensable rassemblement du second tour autour de la liste arrivée en tête le 14 mars. L’union de toute la gauche est une impérieuse nécessité pour l’emporter partout et notre responsabilité de premier parti de la gauche est d’être en première ligne sur cette question. A cet égard nous ne pouvons que déplorer les appels du pied de certains de nos camarades vers le MODEM alors que celui-ci est au plus bas dans les sondages. La gauche, toute la gauche peut gagner sans lui !

Les 14 et 21 mars peuvent être la première marche vers la victoire de toute la gauche contre Sarkozy et le début d’un nouveau cycle politique où les salariés relèveront enfin la tête pour se remettre résolument en marche contre le MEDEF et pour la République sociale. Pour une carte de France rose-rouge-verte au soir du 21 mars, tous aux urnes !

Publicités

5 Responses to Régionales : mettre la droite au tapis !

  1. GILLERON Bernard says:

    Je participe activement à l’entreprise, sachant qu’elle n’est que l’acte I de la reconquête.
    >2010, les Régions
    >2011, les Départements et peut-être le Sénat?
    >2012: On vire Sarkozy, et dans la foulée on élit une chambre Rose-Rouge-Vert à la place de la bleu horizon actuelle…
    Nous sommes partis pour 3 ans de luttes contre la droite dure (et hélas les dérives social-libérales à gauche).En s’appuyant sur les luttes sociales dans la « boucherie sociale » qui est en cours..
    Alors, »Qui veut voyager loin ménage sa monture »

  2. Denis says:

    Mais les régions sont déjà à gauche. En 2004, c’était déjà la même chose.

    Le PS souffre d’un déficit d’appropriation militant.

    Un ex-socialo de 2005 à 2008

    NB Allez… bon courage.

  3. Nathalie PLANCHOU says:

    Depuis que j’ai le droit de vote, j’ai toujours voté à GAUCHE. Je n’ai aucun mérite car mes parents étaient de gauche et bien que déçue – un peu – ! par le Parti Socialiste, j’ose espérer que pour la présidentielle, il sera en état de marche…

  4. blond says:

    de gauche depuis mes années etudiantes bien en arriere de moi ,je persiste à dire que le salut ne viendra que de la gauche sociale et non pas d’une droite reac qui danse sur un pied fait demi tour et glisse sur les saloperies ou les coups mediatiques afin de ne pas perdre le pouvoir

  5. julien Guerin says:

    Merci pour les encaragements!
    Oui la gauche doit se préparer à la bataille contre Sarkozy et les régionales sont la première marche. La gauche doit s’unir, se mettre autour d’un table et rédiger un nouveau programme commun de rupture avec le néolibéralisme!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :