Faisons tout pour que 2010 ne soit pas l’année du capitalisme !

2009 s’est achevée sur un constat d’impuissance du capitalisme mondial. Non pas parce que le sommet de Copenhague n’a accouché d’aucun moyen concret pour lutter contre le réchauffement climatique. Personne ne croyait sérieusement que le gratin capitaliste, pour qui la combustion effrénée de carburants fossiles est une nécessité historique, pouvait impulser une véritable reconversion de l’appareil productif mondial. L’impuissance du « green deal » va bien au-delà. A Copenhague, les classes dominantes du monde entier ont montré qu’elles n’arrivaient même plus à faire semblant de se préoccuper de l’avenir de la planète.

Le grand théâtre d’ombre que devait constituer le sommet n’a pas eu lieu. Pire, nos prétendues « élites » n’ont même pas été foutues de lancer un slogan creux du type « tous-ensemble-pour-sauver-la-planète-par-le-développement-durable », ne serait-ce que pour faire rêver leurs opinions publiques respectives… « Tous ceux qui veulent changer le monde », ça ne marche plus au niveau mondial ! Les contradictions du système capitaliste contemporain, entre le « Nord » et le « Sud », entre les anciens et les nouveaux pays industrialisés, ou encore entre le leadership US et partenariat sino-américain, sont telles que les sommets paillettes de la « world democracy » n’aboutissent même plus au traditionnel consensus de façade !

Dans ces circonstances, que souhaiter pour 2010 ? A première vue, pas grand-chose… Le capital menace toujours plus notre planète. En France, la droite tient le haut du pavé avec ses tirades puantes sur l’identité nationale qui sentent plus l’eau de Vichy que le Boulaouane. Quand ce n’est pas avec ses conseils vestimentaires sur le port de la casquette ! Plus généralement, le camp d’en face relève la tête, rassuré qu’il est par l’incapacité de la gauche à s’unifier et à mobiliser les salariés. L’opposition paraît inexistante et la voie semble libre pour la droite. Bien sûr, la taxe carbone a été repoussée par le Conseil constitutionnel, mais on oublie trop souvent que le texte scélérat sur la taxation des indemnités des accidentés du travail est, lui, passé sans entrave, et dans l’indifférence générale… Décidément, la droite n’en finit pas de prendre aux pauvres pour donner aux riches !

Alors, 2010, année des traders, des banquiers et du Medef ? Bref, 2010, année du capitalisme ? Non, mille fois non ! Car une lutte d’ensemble se profile à l’horizon dans notre pays. Une lutte civilisationnelle, de principe, qui va fatalement faire vaciller la nouvelle assurance des classes dominantes et qui va nécessairement contraindre les responsables syndicaux et les dirigeants de  gauche à prendre position. Nous ne faisons pas allusion aux élections régionales, même si une éventuelle victoire de la gauche dans l’intégralité des régions métropolitaines serait une étape essentielle de la construction du rapport de force social. Nous parlons en réalité du combat sur les retraites qui va rebondir ce printemps. Sans vergogne aucune, ils veulent nous faire passer à 42 annuités, faire sauter le verrou de la retraite à 60 ans, et avancer sur le thème de la retraite à points, chère au Medef, mais aussi au Modem. Il est clair qu’ils serreront les rangs, de Le Pen à Bayrou, en passant par Bertrand et Copé, sous la direction de Parisot et de Sarko. De notre côté, il est à prévoir que certains « camarades » fassent défection et se laissent embobiner sur le thème de « ce pays qui vit au-dessus de ses moyens » et des fameuses « réformes nécessaires qu’il faut avoir le courage de mener à bien ».

Mais les salariés, eux, seront présents. Dans leurs boîtes, dans leurs établissements, et dans la rue. Il faut dès à présent que les syndicats et les partis de gauche fassent leur boulot. Nous devons préparer coûte que coûte ce rendez-vous social central, car il ne faut absolument pas le manquer. Reculer encore une fois sur les retraites renforcerait la position de Sarkozy de façon probablement irréversible jusqu’à 2012. Soyons clair. Il faut préparer la grève générale du monde du travail contre ces politiques libérales qui considèrent le salariat comme une simple variable d’ajustement et qui ne servent qu’à maintenir la tête hors de l’eau un système économique qui mène le monde à sa perte. On sent dans ce pays un sentiment de révolte qui, sourdement, gagne toutes les classes sociales exploitées. Des millions de salariés, empêtrés dans les difficultés quotidiennes, pensent qu’il faut tout changer, car « ça ne peut plus durer comme ça ». Le mépris pour la droite et pour le président qui prétend sauver le monde tous les jours atteint un stade inégalé. Les intentions de vote pour les régionales ne sont que le reflet de cette situation sociale explosive. L’énergie existe sans aucun doute dans les rangs du salariat, il faut juste l’aider à se libérer.

Bien sûr, un mouvement d’ensemble de notre camp ne se décrète pas. Mais il se prépare, tout comme l’unité d’action CGT-CFDT et le rapprochement PS-PCF des années 1960 avait frayé la voie à ce joli mois de Mai, si impétueux. Alors que chacun prenne ses responsabilités : aux syndicats de refuser et de revendiquer ; aux partis de gauche de proposer un programme alternatif à Sarko-Parisot et de se présenter comme un débouché politique viable pour ces millions de salariés qui veulent en découdre avec la droite. L’année 2010 sera ce que l’on en fera. Ce sera peut-être l’année du capitalisme. L’année des sévices pour les nôtres. Mais elle pourrait aussi être tout autre, si notre camp redresse enfin la tête. Pour Sarko et le grand patronat, 2010, ça pourrait très bien être l’année de la jaunisse !

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