Soutien à Nordine, salarié de GRDF licencié pour faits de grève !

C’est normal qu’il se soit fait licencier, Nordine. Pour faute grave. Il n’avait pas compris qu’il ne travaillait plus à GDF, entreprise publique membre du pôle nationalisé de l’énergie… Il n’avait pas compris que GRDF, filiale du groupe GDF-Suez, n’avait pas les mêmes scrupules à virer les récalcitrants que n’en avait le fleuron des monopoles d’Etat que constituait EDF-GDF… C’est vraiment une grave erreur, une erreur impardonnable même, que de croire qu’on pouvait se mobiliser de la même façon qu’avant. Les salariés ont été mis au pas, que diable ! Les militants subversifs et les salariés revendicatifs n’ont plus leur place dans un groupe en voie de privatisation, qui doit faire rêver les investisseurs et afficher un titre record en bourse ! Voilà le fond de la pensée des dirigeants de la « boîte ».

Nordine, militant syndical combatif, était forcément hors-norme pour ces gens-là. Il vient d’être licencié pour des prétextes dérisoires et surtout à partir de faits inventés de toute pièce. En réalité, c’est son rôle moteur dans les luttes de ces dernières années que paie Nordine en ce moment. Notamment son implication dans la grève du printemps dernier. Au risque de détruire leur outil de travail, des irresponsables de la trempe de Nordine avaient exigé d’intolérables hausses de salaires alors que l’entreprise battait de l’aile. Jugez du peu. Le n° 2 de GDF-Suez venait de multiplier par trois sa misérable rémunération, tandis que l’ancien patron de GDF avait finalement vu  ses émoluments augmenter de guère plus de 120 % en trois longues années. Rien que cela !

Au bout du compte, la réalité est bien triste. Nordine est jeté dehors. Et les deux responsables syndicaux de GRDF-Ile-de-France qui ont décidé  en réaction d’entamer une grève de la faim ne sont pas sûrs d’être écoutés par des dirigeants autistes, par un Etat qui ne veut surtout entendre parler d’un tel scandale dans une entreprise privatisée qui se doit d’être une vitrine de la « France d’après ». Et -le pire de tout-, les camarades de GRDF pourront-ils se faire entendre par une opinion publique en train d’enfourner la dinde aux marrons et dont l’oreille ne se dresse en ces temps de réveillon trop souvent que pour écouter attentivement le bulletin de santé de Johnny ?

Que tous ceux qui n’acceptent pas cette iniquité sordide et cette atteinte au droit de  grève le fasse savoir. Une pétition de soutien à Nordine et aux responsables de SUD-énérgie en pleine grève de la faim commence à circuler. Nous la joignons à cet article, car il est primordial que ce texte soit popularisé, d’autant plus dans cette époque de fêtes familiales où les salariés ont tendance à oublier pour un temps l’usine ou le bureau.

Il faut signer cette pétition, mais elle ne suffira pas. Il faut également mettre en avant le seul mot d’ordre opératoire actuellement : celui de la renationalisation de GDF-Suez et sa fusion avec EDF afin de créer un pôle monopolistique, géré par l’Etat, mais aussi par les salariés et les usagers. Assez de ces entreprises publiques « managées » comme des boîtes privées, par des grands patrons proches du pouvoir ! Assez de cette gestion catastrophique qui pousse l’opinion désemparée à accepter la privatisation des services publics comme un moindre mal ! Un gouvernement de gauche aura pour mission, dans l’avenir le plus proche possible,  de renationaliser  l’ensemble du secteur de l’énergie, sous contrôle des salariés et des usagers. C’est une exigence démocratique et une œuvre de salubrité sociale face à tous ces grands dirigeants de boîte qui se goinfrent sur le dos des salariés, et en premier lieu sur le dos des plus revendicatifs.

Non aux sanctions !

Une pétition pour la levée des sanctions à l’encontre de Nordine

et des salariés du secteur de l’énergie !

Le lundi 14 décembre, deux responsables syndicaux de SUD-Energie, Yann Cochin, porte-parole de la Fédération et René-Michel Millambourg responsable du syndicat Île de France, ont entamé une grève de la faim en soutien à Nordine, agent de GRDF-Paris licencié pour fait de grève.

Pourquoi des militants syndicaux sont-ils contraints d’en arriver à cette extrémité pour se faire entendre, mettant en jeu leur propre santé, peut-être même leur propre vie ?
Parce que les directions d’EDF et de GDF ne leur ont pas laissé d’autres choix.
Nordine vient d’être licencié, après 12 ans de service. La direction de son unité lui impute des fautes professionnelles contestables. Tous les recours internes à l’entreprise ont été épuisés. Mais la direction de son unité fait preuve d’un acharnement sans limite à punir Nordine que seule la volonté de faire un exemple peut expliquer.

Car Nordine est un agent syndiqué qui s’est beaucoup investi, comme des milliers d’autres, dans la grève qui s’est développée au printemps dernier à EDF et GDF, principalement à la distribution et à la production nucléaire.

Ce conflit, un des plus longs de l’histoire de ces entreprises, portait sur des revendications communes à l’immense majorité des salariés : des augmentations pour les bas salaires, l’arrêt des ré-organisations sans fin des unités sur des critères de productivité, qui conduisent à des conditions de travail insupportables pour les salariés et à la dégradation du service pour les usagers, l’arrêt du recours toujours plus large à la sous-traitance, en particulier dans le nucléaire où il met la sûreté en péril.

A ces revendications légitimes, les directions d’EDF et de GDF ont d’abord répondu par le mépris. Préférant faire perdre probablement plusieurs centaines de millions à EDF en raison des perturbations des arrêts de tranches nucléaires, elles ont refusé de répondre aux demandes d’augmentation de salaires bien modestes réclamées par les agents et à leurs autres revendications. Rappelons seulement qu’en 2008 M. Cirelli (n°2 de GDF-Suez) voyait son salaire tripler tandis que la rémunération de M Gadonneix (ex-president d’EDF) a augmenté ces trois dernières années de 122 % !

La grève s’épuisant, les directions ont alors choisi, revanchardes, d’y répondre par la violence et la répression : 240 procédures disciplinaires à l’encontre de grévistes sont en cours, de la mutation forcée jusqu’au licenciement sec en passant par la mise à pied, la rétrogradation de NR.
C’est de cette vague de répression dont Nordine est avant tout victime.

Bien sûr, on ne licencie pas « officiellement » pour fait de grève dans notre pays, du moins pas encore. Alors il faut trouver des subterfuges. C’est pourquoi sa direction cherche à licencier Nordine pour faute professionnelle. Nordine, lui, se considère maltraité par sa hiérarchie depuis de nombreux mois, au point d’avoir entamé une procédure pour harcèlement moral. De fortes présomptions pèsent sur la direction de son unité d’avoir utilisé des moyens illégaux pour le « piéger » professionnellement. Le dossier complet est à la disposition de tous sur le site ww.sudenergie.com

Mais même à supposer que Nordine soit effectivement fautif sur le plan professionnel, jamais dans l’histoire d’EDF et de GDF, les fautes dont on l’accuse n’ont conduit à des licenciements. Conscients de cette injustice criante, les collègues de Nordine le soutiennent d’ailleurs très largement et se sont mis en grève à plusieurs reprises. De même, les syndicats d’ErDF-GrDF Ile de France ( SUD, CGT, CFTC, FO) ont également apporté leur soutien à cette grève, tout comme de nombreux partis politiques sensibles à la défense des droits démocratiques et des services publics (à ce jour le Parti Socialiste, Verts, Parti de Gauche, NPA, Gauche unitaire, Alternatifs).

Il s’agit bien pour les directions d’EDF et de GDF de faire des exemples, de casser tous ceux qui s’opposent à l’orientation délétère qu’elles imposent au Service Public de l’Energie, tous ceux qui osent lutter pour leurs droits et leurs revendications.

Nous ne pouvons pas laisser faire.

La grève de la faim est l’ultime moyen que des syndicalistes ont maintenant à leur disposition pour tenter de faire respecter le droit d’expression le plus élémentaire des salariés à EDF et GDF.

Nous devons les soutenir, exiger avec eux l’annulation du licenciement de Nordine et de toutes les sanctions prises à la suite de la grève du printemps dernier.

Le droit de grève est un droit fondamental, garanti par la constitution. Le défendre c’est défendre la démocratie. Nous ne pouvons laisser sans soutien ceux qui mettent aujourd’hui leur vie en jeu pour le défendre, nous ne pouvons laisser la répression s’abattre sur les salariés d’EDF et de GDF.

Soutien aux trois grévistes de la faim !

Réintégration de Nordine !

Annulation de toutes les sanctions et procédures disciplinaires en cours suite à la grève !

Signez massivement la pétition en ligne !

http://www.lapetition.be/en-ligne/petition-5847.html

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