Donner du sens au développement durable

Par Ernest Simon (44)

Les socialistes ont longtemps sous-traité la question écologique aux « Verts ». Aujourd’hui, nous nous retrouvons tous confrontés à un concept fourre-tout de « développement durable ». Ce concept est défendu par l’ensemble du spectre politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite. Chacun le colore à sa façon : de la planification écologique à gauche à la croissance verte à droite.

Les socialistes doivent donc élaborer leur propre conception du développement durable. Et ils ont pour cela une double légitimité à le faire.

Premièrement et historiquement, le socialisme est cette idéologie progressiste qui remettait en cause le modèle de production existant. Dans ce cadre, l’appropriation des moyens de production fut considérée comme l’instrument indispensable pour modifier les rapports sociaux. Aujourd’hui, la question de la propriété publique est à nouveau posée : tant sur les moyens de production (industries et services), les moyens de financement (les banques) que sur les « biens publics », à savoir l’air ou l’eau par exemple (faut-il envisager une forme de propriété publique de la nature ?). Pour faire simple, pour sauver la banquise, il va falloir se sauver des banquiers !

Deuxièmement, le socialisme, et plus généralement la gauche, s’est enrichie au cours du XXème siècle de nouvelles valeurs, avec une meilleure prise en compte de l’individu, quelle que soit son origine ou son orientation sexuelle.

Mais réfléchir au développement durable, ce n’est pas proposer un seul modèle, applicable à tous les secteurs. Bien au contraire. C’est d’ailleurs la stratégie néolibérale qui a cherché à appliquer son modèle cynique à tous les pays (la marchandisation de tous les secteurs pour faire de l’argent), en dépit des réalités socio-économiques différentes de chacun de ces pays. Nous devons au contraire construire des modèles de développement durable adaptés à chaque secteur de l’économie.

Par exemple, la Confédération paysanne ne parle plus de développement durable mais « d’agriculture paysanne. » Ce modèle de développement, qui peut-être résumé sous le slogan « 3 petites fermes valent mieux qu’une grande » vise à :

– produire de l’alimentation pour les humains, tout en assurant des revenus satisfaisants aux producteurs ;

– employer le maximum de paysans, travaillant de manière coopérative sans pour autant évoluer vers une forme d’entreprise unique ;

– préserver la santé publique, les ressources naturelles et les paysages.

Ce travail fait par la Confédération paysanne devrait être repris et développé par toutes les organisations de gauche afin de construire pour chaque secteur un réel modèle de développement durable.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :