Nos tâches face aux périls mondiaux

Projet de résolution OS proposé lors du 9ème congrès du MJS

L’effondrement des régimes prétendument « socialistes » n’a pas abouti à la « fin de l’histoire » tant attendue par les libéraux. Loin de tuer l’espoir, la chute du Mur a en réalité rouvert la voie aux perspectives émancipatrices, obscurcies par les couleurs grises dont le socialisme s’était paré ! Tout prouve en effet le réveil de la combattivité de notre camp depuis la fin des années 1990 : le développement du mouvement alter-mondialiste, la montée du processus révolutionnaire en Amérique latine, mais aussi le sursaut des salariés européens. Le bel édifice mondial né de l’effondrement de l’URSS s’est finalement écroulé en 2001 avec les tours du World Trade Center. Seule superpuissance depuis 1990, les Etats-Unis voyaient de toute part les peuples se soulever contre leur hégémonie, notamment lors du mouvement de protestation internationale face à l’invasion de l’Irak en 2003. C’est contesté et endetté jusqu’au cou que l’impérialisme nord-américain se lançait dans la guerre sans fin de Bush.

Et la crise est arrivée ! En rachetant, le 18 mars dernier, pour 300 milliards de bons du Trésor, la Réserve fédérale vient de reconnaître que les Etats-Unis ne sont plus solvables, eux qui s’ingénient à transformer leur dette en papier-monnaie. Ce fait significatif annonce une dévalorisation historique du billet vert. Les relations sino-américaines vont en pâtir fortement, puisque la Chine détient une grande part de la dette américaine, c’est-à-dire une masse gigantesque de dollars en voie de dépréciation. La Russie, qui en possède elle-aussi une partie, doit également se poser des questions… Ces Etats doivent à tout prix se délester de leur stock de dollars en les réinsérant dans l’économie réelle et donc en gagnant de nouveaux marchés. Cette concurrence inter-impérialiste fait rage en Afrique, où les Chinois s’accaparent des positions au détriment des Américains et des Européens.

Conséquence imparable de la crise généralisée du libéralisme, les bruits de botte résonnent de nouveau dans le monde entier. Car cette course aux marchés, déjà violente, se double d’une guerre pour les ressources stratégiques, et en premier lieu les hydrocarbures. Les grandes puissances cherchent toutes à s’assurer une partie des ressources pétrolières et gazières et à sécuriser cette manne considérable en contrôlant des pays traversés par les oléoducs et les gazoducs. La « guerre contre le terrorisme » n’est qu’un simple prétexte permettant aux Etats-Unis et à leurs alliés d’avancer leurs pions dans le nouveau partage du monde entamé il y a 20 ans. Dans les zones d’extrêmes tensions géopolitiques que sont les régions pétrolières, le monde occidental rivalise avec bloc sino-russe. D’où les deux guerres en Irak, l’invasion en Afghanistan en 2001 et les frictions de l’été 2008 dans le Caucase.

Mais, le bloc atlantiste a également maille à partir avec des Etats qui cherchent à s’affranchir de lui. D’où les pressions exercées sur les régimes socialistes d’Amérique latine et le redéploiement, au printemps 2008, de la IVe flotte US au large des côtes latino-américaines. D’où les menaces proférées à l’encontre de l’Iran. Dans un monde où la lutte pour les ressources et les marchés fait rage partout, un dernier théâtre de lutte doit retenir notre attention : l’Extrême-Orient. Le retour en force d’un nationalisme nippon décomplexé y entre en résonance avec un sentiment antijaponais largement instrumentalisé par la bureaucratie chinoise pour assurer au pays un semblant de cohésion. C’est dans cette région que les risques de guerre sont les plus élevés.

La perpétuation du système capitaliste met à l’ordre du jour des classes dominantes la destruction d’une partie des forces productives. Un conflit d’ampleur n’étant pas à exclure dans les prochaines années, notre position se doit d’être claire. Dans notre lutte frontale contre les marchands de canon et les impérialistes de tout poil, nous commencerons par balayer devant notre porte. En France, où les fauteurs de guerre ont pignon sur rue, combattre pour la paix impose de défaire les Kouchner, les Dassault, ainsi que les sionistes extrémistes proches de l’Elysée, par la réalisation d’une campagne unitaire vigoureuse pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, mais aussi par le refus de toute aventure guerrière en Iran. De même, nous devons n’avoir de cesse de dénoncer le soutien de nos « élites » aux dictateurs africains « amis » de la France.

Mais s’opposer et dénoncer ne suffit pas. Il faut également soutenir de façon inconditionnelle la lutte des peuples qui cherchent à prendre leur destin en main, celle des Palestiniens comme celle des peuples d’Amérique latine à la pointe du mouvement contre le libéralisme. Il faut renforcer les contacts avec les camarades de ces pays, les aider matériellement s’il le faut et les assurer de notre soutien absolu. La solidarité internationale ne doit pas être un vain mot chez les jeunes socialistes.

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