Toute la gauche mobilisée contre la taxation des indémnités dues aux accidentés du travail !

S'il tombe, ce sera vraiment un privilégié ?Ils étaient tous là à la Bourse du travail. Le PS, avec Gérard Filoche, inspecteur du travail, et Delphine Mayrague, SN adjointe au travail et à l’emploi, le PC avec Pierre Laurent, les Verts (A. Lipietz), le PG (Cl. Debons), le NPA (S. Demarcq), LO (N. Artaud), ainsi que l’Union Solidaire, le Syndicat de la Magistrature et celui des avocats. Ne manquaient à l’appel « que » les grandes centrales syndicales, évidemment au nom de la sacro-sainte indépendance syndicale et d’une Charte d’Amiens qu’il faudrait vraiment que leurs directions relisent un jour… Malgré cela, le 3 novembre, c’était toute la gauche -ou presque- qui était réunie, à l’appel de la Fondation Copernic et de Gérard Filoche, pour dénoncer l’annonce gouvernementale de la mise en place prochaine d’une mesure inique visant à taxer les indemnités versées aux accidentés du travail. « Indécent » et « obscène » étaient les deux mots qui revenaient le plus souvent dans les bouches des différents orateurs. A juste titre, puisque les accidentés du travail, en plus de souffrir d’un préjudice physique ou moral, ne sont indemnisés qu’à hauteur de 60 % de leur salaire dans la plupart des cas… Dans leur détresse, ils ne pouvaient se réjouir que d’une chose : de constater que leur revenu de substitution n’était pas fiscalisé. Mais la droite ne recule devant rien pour mener sa guerre sociale contre les salariés et pour transférer les richesses des plus pauvres vers les plus riches. D’où l’annonce par l’UMP de la mise en place d’une taxe sur ces indemnités au nom de l’égalité et de la justice entre salariés ! Les salariés en faisaient des cauchemars, le Medef en rêvait, Sarko l’a fait…

Le meeting unitaire fut de qualité. Les orateurs ont montré une unité de vue malheureusement trop rare à gauche et chacun a apporté sa pierre à ce bel édifice commun. Moments choisis. Willy Pelletier, pour la fondation Copernic, a ouvert le débat en se félicitant de la tenue d’une telle réunion publique qui accomplissait le tour de force de réunir toutes les organisations politiques de gauche. Martine Billard, député écologiste, a insisté sur la situation réelle des accidentés du travail qui ne perçoivent même pas l’indemnité forfaitaire que touchent par exemple les accidentés de la route. Delphine Mayrague a prouvé par son intervention que le PS était du côté de ceux qui souffrent et que l’unité de la gauche était nécessaire pour faire reculer le gouvernement. La camarade du NPA n’a pas dit autre chose en appelant à un mouvement d’ensemble de tout le salariat contre la droite. Claude Debons n’a eu de cesse dans son intervention de rappeler que la résistance sociale et la création d’une alternative politique au libéralisme doivent procéder du même mouvement sous peine de n’être que de vaines tentatives. Alain Lipietz a quant à lui prouvé que cette mesure « dégueulasse » qui ne rapportera pratiquement rien à l’Etat (à peine 150 millions d’euros !) est faite en réalité pour culpabiliser les salariés et les préparer la « vraie » réforme qui détruira à terme le statut d’accidenté du travail. Le camarade du SM a mis en évidence le transfert de risques dans le monde du travail en replaçant cette mesure inique dans son contexte juridique fait, depuis 2002, de criminalisation des plus fragiles, mais aussi de dépénalisation du droit des affaires… Gérard Filoche, chargé de conclure ce beau moment de front commun de toute la gauche, a montré avec des exemples concrets ce qu’impliquait réellement un accident du travail dans une société marquée à dessein par le chômage de masse et la précarité.

Pour lutter contre les ravages de la sous-traitance, il a proposé une loi en trois volets, qui a été largement approuvée par la salle au vue de l’applaudimètre :

1) le donneur d’ordre doit devenir responsable juridiquement, financièrement et pénalement des faits qui ont lieu chez ses sous-traitants

2) pendant le temps de la mission, les conditions de travail de l’entreprise sous-traitante doivent être alignées sur la convention collective du donneur d’ordre afin d’éviter tout moins-disant social

3) les unités économiques et sociales que dissimulent la sous-traitance doivent être reconnues afin d’empêcher l’externalisation des activités.

Le meeting s’est fini sur une exhortation des intervenants à faire savoir partout que toute la gauche était unie pour défendre les salariés contre cette droite qui détruit tout et contre ce patronat qui en est réduit à aller chercher ses profits dans la chair même des travailleurs. Les salariés de ce pays doivent savoir que leur camp politique se mobilise et que, s’il est uni, il peut soulever des montagnes. Si tel est le cas, il n’aura aucun mal à démettre les êtres méprisables qui nous gouvernent au profit d’une infime minorité.

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