Après la « jungle » de Calais, une seule solution : la circulation !

Par Robert Tourcoing (75)

Un Charles Martel d'aujourd'hui tenant tête aux hordes afghanesLa récente pantalonnade calaiso-afghane a ceci de pédagogique qu’elle nous montre, grandeur nature, toutes ce qu’il ne faut pas faire.

Premièrement, l’on s’acharne à démanteler, traquer, faire disparaître, nettoyer, des « jungles », des « filières » et des « zones de non-droit » qui, sitôt les braves pandores partis planter leurs oignons, réapparaissent quelques kilomètres plus loin, quelques appartements plus loin ou même, très souvent, au même endroit. Des énergies administratives et policières considérables sont ainsi mobilisées, des préfectures aux sections consulaires des ambassades, des commissariats de police au Ministère de la Race présidé par notre Iago national, pour un résultat rigoureusement nul. Plutôt que de concourir à cette pitoyable tragi-comédie en costume bleu dans les sous-bois humides, tous ces fonctionnaires pourraient aussi bien rester chez eux ou aller à la pêche. Ce serait plus léger sur leur conscience, et moins nuisible à l’humanité.

Deuxièmement, l’on s’étripe de plateau télévisé en tribune journalistique, pour savoir si oui ou non cette poignée d’Afghans méritait le statut de réfugié, sur le degré d’insécurité qui caractérise tel ou tel quartier de Kaboul ou de Kandahar, sils sont des militants LGBT ou des apostats menacés de mort, s’ils ont traduit en pachtou les Versets sataniques, attirant sur leur tête une fatwa formidable qui justifierait la clémence de notre République aux larges mamelles. Evidemment, tout le monde ment et invente des histoires, à commencer les Afghans, puisqu’ils y sont incités par les règles de l’OFPRA. C’est à qui jouera le plus persécuté, le plus militant de la liberté, et dans ce fatras de galéjades les cas véritables se perdent. De Paris ou d’un bureau climatisé du château fort qui nous sert d’ambassade à Kaboul, il est bien entendu impossible de vérifier sérieusement quoi que ce soit.

Troisièmement, chaque fois que la mouche de l’expulsion, de la « fermeté » et du « respect de la loi » pique quelques cravateux du 7ème arrondissement, nous assistons aux mêmes contorsions infantiles entre un ministre qui jure ses grands yeux que rien n’est programmé, qu’aucun avion n’est sur la piste, et des associations bénévoles qui s’épuisent louablement à traquer les mensonges et les dissimulations d’un gouvernement cachottier, pour repêcher in extremis, sur la passerelle, quelques individus.

 

Nous ne sortirons jamais de ces absurdités avec les demi-mesures tiédasses proposées par les héritiers d’un Michel Rocard déclarant odieusement que « La France ne peut accueillir toute la misère du monde ». Toutes les protestations de vierges effarouchées plaidant gentiment qu’il faut « gérer autrement » l’immigration sont des coups d’épée dans l’eau.

Il faut aller au cœur du problème, couper le mal à la racine. L’article 13 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 institue la liberté de circuler à l’intérieur d’un Etat et le droit de quitter son pays. Il faut avoir le courage de proclamer la liberté de circulation des hommes, et même des femmes, à l’échelle mondiale. Quand les marchandises et les paquets de pognon ont ce droit, gravé dans le marbre de l’OMC ou de la Commission, c’est bien le moins.

Partant de là, toutes les arguties bureaucratiques sur la recevabilité de telle ou telle demande d’asile politique, l’octroi de permis de séjour pour travail, pour mariage dûment consommé devant flic assermenté, les accords de réciprocité sur les exemptions de visas, ainsi que cette navrante chasse à l’homme qui a déjà tué chez nous plus d’une dizaine de personnes, s’évanouiront comme les fantômes d’un passé archaïque. Ils rejoindront, au musée des horreurs périmées, les bataillons de censeurs à ciseaux ou les millions d’indics de la Stasi. Le jour béni où les Etats seront enfin dépouillés du droit de dresser barrières et contrôles à tous les coins de rue de notre planète, celle-ci sera un peu plus vivable.

Sur le marché du travail – très cher à ceux qui, ne travaillant pas mais végétant dans des bureaux, tentent de dresser les Gaulois contre les métèques – la liberté de circulation ne changerait rien. D’une part, si des gens viennent chez nous et investissent même jusqu’à 10 000 euros pour ce faire, c’est qu’il y en a, du travail. D’autre part, jusqu’à preuve du contraire, un travailleur venu d’ailleurs mange et s’habille, donc crée autant de travail qu’il en prend.

 

Donc, non seulement régularisation immédiate de tous les sans-papiers, mais action déterminée pour nier et faire disparaître le principe même, tout à fait puant, qui consiste à diviser des êtres humains en « alphas plus dotés-de-papiers » et « bétas moins dépourvus-de-papiers ».

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