Pour un front de toute la gauche !

Article paru dans L’Humanité du 20 octobre 2009

Fete de l'Huma« L’Offensive Socialiste » vient de publier une tribune libre dans un journal qui lui est cher, celui fondé par Jaurès en 1904. Nous remercions la rédaction de L’Humanité de nous avoir ouvert ses colonnes pour exposer à ses lecteurs notre ligne politique. Ce travail collectif de synthèse se résume en quelques mots, car nous pensons qu’une orientation politique juste n’a de sens qu’à être énoncée clairement. Face à la crise généralisée du capitalisme, la gauche doit mettre en avant un programme d’urgence sociale et démocratique. Ce projet ne peut être qu’une première étape et, une fois que notre camp aura repris confiance en ses forces, il sera temps de mobiliser l’énergie des salariés pour avancer de façon décisive vers le socialisme.  La seule stratégie pour être en capacité de mettre en œuvre ce programme commun, c’est l’union de toute la gauche, au-delà des sectarismes et des intérêts de personnes. Bref, mieux qu’un front de gauche, nous proposons un front de toute la gauche pour balayer Sarko père et fils, la droite et leur politique au service du patronat et des actionnaires !

Pour redevenir une alternative crédible et un espoir pour les salariés et la jeunesse, la gauche doit tirer les leçons de ses passages au pouvoir. Elle doit sortir des vieilles recettes sociales-libérales qui l’ont détournée de son projet : la rupture avec le capitalisme. Pour cela, il est indispensable de fermer la « parenthèse » libérale, ouverte en 1983, qui a conduit la gauche sur un terrain qui n’était pas le sien : blocage des salaires, privatisation des services publics et orthodoxie monétaire.

La crise actuelle du capitalisme prouve aux yeux de tous que ces choix malheureux nous mènent à l’impasse. Ce sont précisément les politiques libérales fondées sur l’abaissement du « coût » du travail d’un côté et sur la dérégulation de la finance de l’autre qui sont  les principaux ressorts de la crise. Ainsi, loin des gesticulations de Sarkozy au G Vain, il s’agit aujourd’hui, pour la gauche, de mettre un terme à la dictature des actionnaires en s’appuyant sur la force sociale majoritaire dans notre pays : les salariés.

Pour satisfaire leur attente grandissante, une seule solution : la redistribution ! Répartir autrement les richesses, cela signifie d’abord augmenter massivement les salaires, à commencer par le SMIC à 1600 euros. Soulageant les ménages et dopant l’activité, cette mesure-phare contribuera en outre à détruire les racines du mal, puisqu’en diminuant les profits, on assèche les flux nourrissant la finance de marché. Pour les mêmes raisons, nous prônons une vision offensive des 35 h, sans perte de salaire et sans contrepartie en terme de flexibilité. La durée réelle du travail doit en outre se rapprocher au maximum des 35 h légales. S’attaquer aux heures supp’ chères à Sarko, c’est le seul moyen dont nous disposons pour partager le travail entre les salariés et s’attaquer frontalement au chômage de masse. Travailler moins et mieux pour travailler tous, tel est notre mot d’ordre.

C’est pourquoi nous défendrons bec et ongles la retraite à 60 ans, véritable acquis de civilisation. Les régimes sont déficitaires ? Qu’à cela ne tienne ! La gauche ne doit plus avoir peur de dire qu’il faut faire payer les profits ! Augmentons les cotisations patronales, augmentons les salaires et nous sauverons le système solidaire! Nous récupèrerons du même coup les 10 points sur le partage de la valeur ajoutée que le capital à réussi à siphonner depuis les années 80.

1600, 35, 60 : ces trois mesures fortes, associées à la défense des services publics et de la laïcité, constituent le socle du programme d’urgence qui nous mènera ensemble à la victoire !

Car s’organiser collectivement à gauche pour battre la droite est une impérieuse nécessité.  La gauche sociale a su se rassembler pour poser le rapport de force dans la rue, lors des grandes manifestations du début de l’année. Ce qui a manqué à ces mouvements sociaux, c’est un réel débouché politique pour battre Sarkozy.

L’unité des partis de gauche est la seule force capable d’offrir une alternative. S’appuyant sur ces mobilisations sociales, la gauche se doit d’incarner la représentation politique du salariat. Comme il n’y a qu’un salariat qui partage des intérêts communs, il ne doit y avoir qu’une seule gauche unie derrière un programme commun de gouvernement discuté publiquement devant les salariés. D’ailleurs, au-delà des postures, ce programme existe déjà. Toute la gauche se prononce pour l’augmentation des salaires, pour la défense et l’extension des services publics, mais aussi contre les licenciements boursiers. Cette unité -appelons-la comme nous voulons, pourquoi pas un front de toute la gauche-, l’important est qu’elle se fasse sans exclusive. Certains veulent l’unité à gauche, mais sans les socialistes. Peut-on vraiment parler d’unité de la gauche en excluant son principal parti ? Non ! Pas plus qu’en y intégrant le Modem par le biais de primaires paillettes sans programme !

C’est toute la gauche, mais rien que la gauche, du PS au NPA, qui doit dès aujourd’hui se rassembler derrière un projet de rupture pour préparer l’après-Sarkozy.

L’Offensive Socialiste, sensibilité du Mouvement des Jeunes Socialistes

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :