Gagner à tout prix ?

Par Laurent Jouhanny (43)

De quoi La Rochelle sera-t-elle le lancement ?La période estivale à peine terminée, les déchirures, les petites phrases, les individus en mal de reconnaissance se multiplient au sein de la famille socialiste. Si cette situation dure depuis bien trop longtemps et qu’elle est plus qu’inconfortable, il n’en reste pas moins que les Français l’observent avec intérêt. La gauche n’a jamais été aussi attendue.

Cette période de bouleversements économique et écologique donne naissance à un extraordinaire besoin de changement à gauche. Le système actuel basé sur l’exploitation à outrance des Hommes et des ressources naturelles est à bout de souffle. Le pouvoir en place en France essaie de récupérer la chose à grands coups médiatiques sans réelles remises en cause du système. On nous parle de moralisation des marchés, de diminution des bonus tout en jetant des centaines de milliers d’entre nous au placards parce qu’ils coûtent chers.

Ces dernières années s’est développée tout autour de nous une formidable prise de conscience des enjeux planétaires. La défense des droits de travailleurs va de pair avec la défense écologique. Parce que là où l’on bafoue les droits sociaux, on met à mal la nature et inversement, il est inconcevable de ne pas penser en « rouge et vert ». Certains d’entre nous mettent sur la table toujours les mêmes recettes de bonne gestion libérale. Une opposition crédible ne peut se contenter d’invoquer une crise mondiale qui serait inévitable. La remise en cause d’un système qui marche sur la tête est une nécessité. La gauche a le devoir de proposer des alternatives, mais malheureusement, elle n’ose pas, elle ne veut pas.

À en croire les médias ces derniers temps, les Socialistes et la gauche dans son ensemble n’ont qu’un seul but : 2012. Reste une question sous-jacente, et qui est sûrement à l’origine des divergences actuelles : cherche-t-on à gagner 2012 quel qu’en soit le prix idéologique ?

Je suis de ceux qui répondent NON. J’entends parler de nécessaire réunion des « progressistes ».  Ne nous y trompons pas, ce fameux MoDem a changé d’étiquette mais revendiquent les mêmes valeurs. Les dernières échéances électorales nous ont montré que ce parti n’existe que par l’intermédiaire de son Président et de ses fidèles serviteurs telle De Sarnez. Parce que Bayrou est un ancien ministre de gouvernements de droite, parce qu’il est l’instigateur principal de la réforme de la loi Falloux, parce qu’il a des convictions réactionnaires, parce qu’il a voté pour toutes les lois répressives à l’Assemblée nationale, parce que, tout simplement, c’est un homme de droite, il n’est pas « progressiste ».

Peillon, pour ne pas le citer, et ses acolytes de Marseille ont-ils au moins une fois réfléchi à une politique gouvernementale menée par l’alliance « orange et rose » ? Durant la période 1997-2002,  les 35H, le PACS, la CMU et que sais-je encore, auraient-ils été des projets avancés ?

Quand bien même cette aventure mènerait à la « victoire » : faire un montage hétéroclite de partis politiques pour gagner une élection est une chose, conduire une majorité active qui en découle en est une autre. On ne gagne pas une élection en ajoutant des couleurs mais en étant convaincus et convaincants !

Observons autour de nous : partout où la gauche et la droite mènent la même politique, parfois même au sein du même gouvernement (Allemagne), c’est la gauche qui en paye les conséquences (Merkel est prête à être largement confortée). Croire que mélanger la droite et la gauche va combler un vide idéologique et croire que c’est une solution pour mener une « bonne gestion », va à l’encontre des idées auxquelles nous, la gauche, nous nous battons. Que toutes les sensibilités de gauche soient conscientes de l’immense enjeu.

Le vide idéologique qui paralyse nos têtes pensantes n’a pas lieu d’être. Le contexte malheureusement tragique doit nous inciter à oser affirmer nos couleurs. S’il rejoint le mouvement du changement, ce parti peut accélérer la cadence pour obtenir une majorité à gauche. Pour accoucher de cette union, un énorme travail d’humilité, d’écoute, de mise à mal des égos nous attend. L’heure n’est pas à rechercher des postes mais bien à choisir son camp, sans quoi, d’autres feront sans nous.

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