Dehors Sarko et sa bande ! Des élections, maintenant !

Par David Torrès (31)

... et file à Saint-Hélène !Entre 80 et 90 000 chômeurs de plus… chaque mois. 250 000 emplois détruits pour 2009, selon les plus basses estimations de l’Unedic, qui table sur une récession de 1%. Or, la chute de la croissance risque d’être plus forte que cela…. Et même si l’on croît les anticipations du FMI qui « voit » un retour à 0,5% de croissance en 2010 (mais quel crédit leur apporter, ont-ils vu venir la crise ???), le chômage continuerait d’augmenter d’au moins 120 000 chômeurs.

Voila qui met définitivement fin à l’idée selon laquelle cette crise n’est que financière et ne contaminerait pas « l’économie réelle ».

Ce n’est pas pour autant la fin des idées stupides.

Rappelons-nous, c’était le 14 septembre 2006, à Paris, devant la « Convention pour la France : Combattre la précarité, permettre à chacun d’être propriétaire ». Nicolas Sarkozy, candidat, fait son plaidoyer pour le crédit hypothécaire. En 2007 alors que la crise s’étendait aux États-Unis, le discours de Sarkozy n’avait toujours pas changé :

« Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe. Or, une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne croit pas en l’avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. « 

Et c’est justement du surendettement des ménages américains ainsi que des crédits hypothécaires, les subprimes, que viendra la crise. Ce système tant admiré, tant vanté par la droite, et bien c’est le seul et l’unique responsable de la crise. Crise qui touche évidemment en premier lieu les plus précaires, les plus démunis. C’est leur politique, celle que nous, socialistes, combattons depuis des années, celle de la dictature des marchés financiers, du non-droit pour les capitaux, qui nous a conduits droit dans le mur.

Cette crise est leur crise, c’est la crise de leur système, et pourtant c’est nous qui la payons.

Face à l’immense échec des politiques libérales, ont-ils au moins la présence d’esprit de changer de cap ?

Ce gouvernement et ce président ont une vue si étriquée, des valeurs si réactionnaires qu’ils en sont bien incapables. Ils « maintiennent le cap des réformes ». Leurs « réformes » nous ont conduit dans le mur ? peu importe, disent-ils, nous avons été élus pour les mener jusqu’au bout, c’est ce que nous ferons. Et ils recapitalisent les banques en perdition avec de l’argent public, le nôtre, celui des salariés-contribuables, pour mieux re-privatiser plus tard : privatisation des profits, socialisation des pertes.

Fiers d’eux, ils nous disent que la France s’en sort mieux, du moins moins mal que les autres pays développés. Hypocrisie encore une fois. Si le choc de la crise est moins brutal en France qu’en Espagne ou en Italie, c’est parce qu’il reste ce minimum de protection sociale qu’ils n’ont pas encore eu le temps de briser. Car c’est cela le contenu de leurs réformes : remplir les caisses du privé avec de l’argent public. Piller la Sécu, les services publics, abaisser au maximum les salaires, tout cela pour le seul profit des amis-actionnaires du président. Les grands patrons du CAC 40 (les 40 plus grandes entreprises de France cotées en bourse) eux, s’en sont mis plein les poches ces dernières années. Leurs profits ont explosé, ils ont spéculé avec, et provoqué indirectement la crise. Et si elle est relativement moins forte qu’ailleurs, c’est parce que depuis des années, des syndicats, des militants, des salariés, se sont battus pour que les protections sociales ne disparaissent pas.

C’est ce qu’il reste de l’allocation chômage, du salaire minimum, ce minimum de redistribution des richesses qui permet encore aux Français de consommer, et donc aux entreprises de produire.

Ils doivent partir, et vite !

La colère sociale monte depuis des mois. Il y a toujours plus de monde à chaque journée de mobilisation, et toujours plus de colère. Les Français le sentent bien, ce sont les politiques libérales, celles de Sarkozy et de ces amis Bush, Berlusconi… qui nous ont menés là.  Ils ont compris que ce n’est plus possible dorénavant, qu’il faut changer de cap pour sortir de la crise et non pas s’entêter  dans la voie de la catastrophe. Ils savent aussi que ce gouvernement ne le peut pas. Sarkozy, « chef du gouvernement » et symbole de ce système en est la cible.

Ils nous ont menés à la crise, maintenant ils ne savent pas comment nous en sortir, alors ils doivent partir.

Tel un Don quichotte se battant contre les moulins du libéralisme qui brasse des milliards sur les marchés financiers, notre président veut maintenant réguler l’économie casino qu’il aime tant et qu’il a largement contribué à mette en place.

Haro sur les stock options, il faut contrôler l’activité des traders !

Mais sur les racines du problème, pas un mot. Les actionnaires, qui dictent leur lois sur les grandes entreprises et donc sur des millions de salariés peuvent continuer leur manège tranquilles !

Personne ne remet en cause les taux de profits qu’ils exigent des entreprises. 15% de rendement ou nous retirons nos capitaux. En clair, cela signifie : continuons de gratter sur les salaires pour nos sacro-saints profits. Continuons d’accumuler des profits records. Car ne l’oublions, tout le monde ne vit pas la crise de la même manière : en 2008, en pleine tourmente financière, les entreprises du CAC 40 ont reçu 54,2 milliards d’euros de bénéfices. Et que font ils de ces profits faramineux ?

Ils investissent, disent-ils, mais c’est faux. Les salaires sont trop bas et il est inutile d’investir, il n’y a pas assez de demande pour absorber une augmentation de production. C’est justement cela qui a provoqué la crise. Car cette crise, en dernière analyse, est une crise de surproduction. Alors ces profits, ils les spéculent, provoquant des « bulles financières » et les crises financières qui les accompagnent. C’est ce système dans son ensemble qu’il faut remettre en cause. Et là, bien sûr, pas la peine de compter sur notre président.

Ce que nous voulons : des élections anticipées

Nous ne devons pas attendre 2012 pour proposer l’alternative, les salariés de ce pays savent qu’une autre politique que le libéralisme est à la fois possible et plus que jamais nécessaire, et ils veulent qu’on la leur propose maintenant.

La situation est particulièrement explosive : les manifs de 2003, celles contre le CPE avaient comme « adversaire » le gouvernement, et au-delà du gouvernement le premier ministre. La Vème république est ainsi faite : pour que le pouvoir reste stable, le fusible est le premier ministre; Raffarin n’était-il pas considéré comme un « fusible » ?

Depuis l’arrivée au pouvoir de notre hyper-président, la situation est aujourd’hui totalement différente. Il n’y a plus de 1er ministre fusible. L’adversaire, c’est lui. C’est pourquoi il faut tous les chasser d’un coup. Il n’y a donc qu’une solution : des élections anticipées. Des présidentielles et des législatives pour changer de président et de gouvernement.

Que ceux pour qui le changement de calendrier pose un problème se rappellent : Chirac l’a fait en 1997. Les élections anticipées arrangeaient bien la droite à ce moment (enfin, c’est ce qu’ils croyaient…), alors pourquoi la gauche ne se battrait pas pour l’imposer ?

Cette revendication est tout à fait légitime. Sarko et sa clique, eux, ne sont plus du tout légitimes. Dans un système démocratique, les élus sont les représentants du peuple. Qui représentent ils aujourd’hui ? Qui les soutient ? A part le MEDEF, personne. Jamais un président et un gouvernement n’ont été aussi décriés, ils ne représentent plus personne. Voilà pourquoi la gauche doit ouvrir des perspectives politiques au mouvement social : des élections maintenant.

Il ne faut pas rater l’occasion : seul un mouvement social puissant, regroupant des millions de personnes, peut imposer la tenue d’élections anticipées. Ce mouvement social, il est latent, on a vu son irrésistible puissance le 29 janvier et le 19 Avril. Nous le reverrons, soyons en sûrs, le 1er mai. La gauche a raté l’occasion de se battre dans ce but en 2003, lors des grandes grèves contre la réforme des retraites. Elle l’a raté contre le CPE ; cette fois-ci, il ne faut pas rater l’occasion. Ce mot d’ordre doit être celui de toute la gauche et en particulier celui de son parti le plus puissant : le Parti Socialiste.

Bien sûr, cette revendication ouvre la voie à une gauche réellement de gauche au pouvoir. Elle pose le problème de l’unité de la gauche pour battre la droite, elle pose aussi le problème du programme commun de toute la gauche. Ces trois éléments sont liés, l’un ne va pas sans les deux autres. C’est sur ces points que nous autres, socialistes, devons nous battre maintenant.

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