Le plan de relance du PS

quand la maison brûle...Par David Torres 

            Après le difficile congrès de Reims, les socialistes paraissaient peu crédibles: englués dans leurs divisions internes, le camp socialiste semblait réduit au silence, enfermé, dans une opposition stérile à la politique de la droite sans  capacité à donner des propositions, et encore moins des propositions réellement à gauche.

 

Et pourtant, c’est dans ce contexte que le PS prend ses responsabilités face à la crise et propose un plan de relance faisant une place importante à l’augmentation des salaires, au contrôle des licenciements, à l’entrée de l’Etat dans le Conseil d’administration des banques qui reçoivent des fonds publics. Il faut dire qu’il y a urgence,  la crise prend une ampleur sans précédent. Pour la première fois depuis 1974, la « croissance » est de -1,2%, les licenciements s’enchainent en vague encore plus fortes que pendant les terribles années 80 et 90. Et cette situation paraît à la fois durable et mondiale.

Face à la déroute totale de sa politique, le gouvernement n’a pas le choix et tente de changer son fusil d’épaule. Bien obligé d’agir face à la crise, il nous propose son plan de relance. Mais évidemment, pas question de toucher aux dividendes de ces amis, les Bouygues, Lagardère…et autres patrons du CAC 40.

C’est pourquoi son plan ne concerne que l’offre sur les marchés et ne vise qu’à renflouer les caisses des entreprises avec les fonds publics. Pas un mot sur les salaires. C’est pourquoi ce plan est voué à l’échec.

Le PS, à l’opposé, propose un plan de cout terme beaucoup plus axé sur la relance des salaires et de la consommation.

 

            D’une part, l’analyse de la crise est convaincante

 

            Les revenus sont partagés de plus en plus inégalitairement, la consommation des ménages pauvres n’est due qu’à l’endettement, en particulier aux USA. Parallèlement, les marchés ont été dérèglementés, favorisant la spéculation. Ces déséquilibres ont provoqués la crise financière.

Or, le document note que la France, à cause des politiques de droite, était déjà bien affaiblie avant la crise. La croissance était déjà en panne, et la consommation des ménages en recul, depuis un an.

La situation de l’emploi n’est pas meilleure. On note une accélération du nombre de destructions d’emplois, bien supérieure au nombre de création, et le chômage explose à un rythme élevé.

La baisse de la consommation est due à la baisse du pouvoir d’achat (-0,3% au deuxième trimestre 2008). Le texte souligne que la stagnation des salaires en est la cause principale.

            Depuis avril 2008, la production industrielle est en chute, et notamment l’industrie automobile.

            Le commerce extérieur est lui aussi dans le rouge. Le déficit est de 56,2 milliards d’euros, un record.

            Enfin, les finances publiques ont été siphonnées au profit des caisses privées. La dette (66% du PIB) comme le déficit public explosent. Les services publics, notamment l’éducation et l’hôpital, sont exsangue.

           

            D’autre part, le plan de Sarkozy est « démonté »:

 

            Ce plan n’a qu’une ampleur très limité: Sur les 26 milliards annoncés, seuls 4 concerne véritablement un plan de relance. Bref, encore un effet d’annonce, il est totalement inadapté face à l’ampleur de la crise. Il n’y a absolument aucune mesure d’urgence concernant la relance du pouvoir d’achat, à part une prime pour les futurs bénéficiaires du RSA. Pas de quoi remette l’économie en ordre.

            Contrairement à ce qu’affirme la droite, la crise ne vient pas d’un sous investissement. Il ne suffit donc pas de soutenir les entreprises. Le problème est plus grave. Il s’agit plus d’une crise de surproduction. La demande est trop faible pour absorber la production. C’est donc la demande qu’il faut relancer par un soutien à la consommation et donc en augmentant les salaires.

 

 

            Enfin, les mesures proposées  vont dans le bon sens:

 

Les propositions socialistes sont  une vraie rupture par apport aux politiques libérales qui nous ont conduites dans le mur. Il vise à relancer l’économie par la demande, c’est  à dire en relançant la consommation du salariat. 

Une série de mesures immédiates est proposée… Une prime immédiate de 500 € pour les 9 millions de bénéficiaires de la prime pour l’emploi, une prime de 500 € pour les bénéficiaires des minima sociaux, primes dont on peut que regretter le caractère ponctuel mais qui auront le mérite de donner un coup de fouet immédiat à la consommation.  Une augmentation du SMIC de 3% (soit 30 € par mois), la soumission des exonérations ce cotisations sociales à la conclusion effective d’accords salariaux annuels. Une augmentation des allocations logement de 10%.

 

…Ainsi que des mesures sur les produits essentiels: La TVA , l’impôt le plus inégalitaire baissera d’un point. Les loyers seront gelés là ou ils augmentent le plus, 300 000 logements sociaux seront construits.

 

L’emploi n’est pas oublié: les scélérates suppressions de postes dans la fonction publique seront immédiatement gelées.

Le chômage sera mieux indemnisé, et plus longtemps.

Le plan de relance du PS affirme une vraie volonté de lutte contre les licenciements dans les entreprises qui licencient alors qu’elles bénéficient d’aide de l’Etat ou qui sont bénéficiaires. Les licenciements économiques seront sous le contrôle des Comités d’entreprises. En cas de désaccord entre le Comité d’entreprise et l’employeur, le juge judiciaire pourra intervenir en urgence pour suspendre la procédure de licenciement économique.

100 000 emplois aidés seraient créés.

L’investissement serait lui aussi relancé: et notamment l’investissement public, pour sauver l’Hôpital public (1,4 milliard d’Euros lui serait alloué) et relancer la construction de logements.

Les entreprises qui manquent de financement, entre autre les PME-PMI, se verraient octroyé des prêts garantis par l’Etat plus facilement, à partir du moment où ils servent à financer des investissements. La filière automobile, particulièrement génératrice d’emplois, serait particulièrement aidée.

 

 

Contrairement au plan Sarkozy, les fonds prêtés aux banques ne le seraient pas sans garanties. Si l’État prête de l’argent aux banques, il doit y avoir des contreparties. L’Etat doit avoir des représentants dans les conseils d’administration et orienter les décisions des groupes bancaires pour que la crise financière ne se reproduise pas. Pour aller plus loin, un pôle public d’investissement industriel sera crée. Les banques et les marchés financiers doivent être contrôlés par un ensemble de règles. Enfin, l’accent est mis sur la lutte contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale.

 

            L’Union Européenne à un rôle essentiel à jouer.

 

Il faut profiter des élections Européennes pour coordonner les différents plans de relance et éviter l’échec du type de 1981. Les Etats doivent cesser leurs politiques non coopératives, en relançant simultanément. Par ailleurs, le plan propose un budget européen spécifique pour la relance. La Banque Européenne d’Investissement pourrait ainsi financer des grands projets à l’échelle Européenne.

 

 

            Un plan qui peut  rassembler les Socialistes.

 

             Le coût du plan est estimé à 50 milliards d’Euros. Mais 10 sont des investissements en capital, et seront donc récupérés. L’annulation de la loi TEPA permet de récupérer 10 à 15 milliards. L’effort budgétaire est donc de 40 Milliards d’Euros. De toute façon, sans plan de relance, il n’y aura pas de croissance et les déficits vont se creuser. Seul le retour à la croissance permet le retour à l’équilibre budgétaire. C’est le pari des socialistes. Ces propositions vont dans le bon sens et peuvent permettent de rassembler le parti derrière un objectif commun.

Avec un tel projet, les socialistes se mettent en « ordre de bataille » pour lutter efficacement contre la droite, avec des propositions dont certaines sont ambitieuses d’autres pourraient aller plus loin : dans la situation ou sont les services publics, un plan de recrutement serait fort utile ; la baisse de 1 point de la TVA est une mesure positive, mais un peu limitée pour une réelle baisse des prix. D’autant qu’en baissant davantage la TVA, on peut proposer d’augmenter des impôts progressifs, ce qui permet l’équilibre budgétaire et va dans le sens de la justice sociale. Le pôle public d’investissement industriel est très prometteur : il pourrait également servir à financer de nouveaux services publics dans la production d’énergies renouvelable par exemple.

Les propositions de ce plan peuvent rassembler les Français mécontents de la politique de la droite.

N’oublions pas que la Guadeloupe, et maintenant la Martinique sont en grève générale. La Réunion devrait suivre elle aussi le mouvement, et appelle à la grève générale le 5 mars. Leurs revendications essentielles ne sont pas incompatibles avec notre plan. Au contraire, elles l’enrichissent. Proposons, comme ils le revendiquent, une augmentation des bas salaires de 200 €. Le plan propose une augmentation du SMIC de 30 €, ce qui est timide et limite fortement les effets de la relance. Le rapport de force qui existe là bas  peut très bien arriver ici, tant les salariés de métropole sont mécontents eux aussi, comme ils l’ont prouvé le 29 Janvier. Reprendre les revendications populaires et les intégrer dans notre plan, tel l’augmentation de 200 € des salaires, peut nous permettre d’infliger un coup fatal à la droite.

 

 

 

 

 

 

 

 

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