Documents du mouvement social antillais

manif du collectif contre l'exploitationSuivent deux documents émanant d’individualité et d’organisations politiques de gauche antillaises. Notre objectif est de faire connaître au mieux la lutte des salariés de Guadeloupe et des territoires d’Outre-Mer se mobilisant contre le libéralisme, le néo-colonialisme et le patronat local. L’Offensive Socialiste est à 100 % solidaire de cette mobilisation exemplaire.

APPEL VENU DE GUADELOUPE

Chers compatriotes,

C’est un appel de soutien que je lance depuis la Guadeloupe.

Un collectif de 52 organisations (comprenant tous les syndicats, des groupements de mutuelle, des fédérations d’associations, les plus grosses associations de la Guadeloupe, le syndicat des transporteurs, les syndicats des stations de service, syndicat de pêcheurs, etc) a lancé un mouvement de grève depuis le 20 janvier 2009.

Des négociations on été engagées au World Trade Center, avec autour de la table de négociation, une représentation de l’ensemble des décideurs de la Guadeloupe :

– Le collectif : « Lyanag kont profitasyon »   – Rassemblement contre les profiteurs

– Les élus : Conseil Régional – Conseil Général – Les maires – les Députés – Les Sénateurs

– Les socio professionnels : MEDEF – CGPME – CTPME – CCI – CES – etc

– L’Etat : Préfet de Région – Les Directeurs d’administration centrale

Suite à la lecture d’une note émise par le Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, Yves JEGO, le Préfet de Région a décidé d’abandonner la table de négociations pour soi-disant se mettre à travailler.

Aujourd’hui, vendredi 30 janvier 2009, près de 60.000 personnes ont défilé dans les rues de Pointe à Pitre, afin de démontrer leur soutien au « kolectif », or les médias métropolitains, confisqués par SARKOZY, ne font guère écho de ce mouvement dont la substance est unique dans l’histoire de France; car, c’est la première fois qu’un telle manifestation arrive a créer un consensus de toutes les forces vives d’une Région et sans exclusive.

La Guadeloupe réclame la venue du Premier Ministre pour gérer une fin de cette crise. Or, le ministre de tutelle, en l’occurrence Monsieur JEGO, refusant de jouer son rôle légal, refuse de se rendre en Guadeloupe par peur de…

L’Etat Français s’est défaussé devant le peuple guadeloupéen qui a assisté en direct à la démission du gouvernement.

Les négociations étaient retransmises par 3 chaines de télévision locale, les téléspectateurs ont assisté au départ du Préfet qui a refusé de continuer les négociations, promettant de sévir en cas de dérapage.

17 Airbus ont débarqué depuis début janvier,  avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu’aux dents. Des chars d’assauts, des minutions, des cercueils en plastique, des vivres ont également été acheminés en même temps que ces forces de répression. Ce tel dispositif de guerre coûte 3 millions d’euros par jour au contribuable français. Les guadeloupéens auraient préféré que cet argent serve à résoudre quelques uns des 146 points de la plateforme de revendications.

L’Etat français a tiré sur la foule à plusieurs reprises en Guadeloupe : 1910 – 1925 – 1952 – 1967

En 1967, suite à un fort mouvement de grève, messieurs MESSMER, MARCELIN et DE GAULLE ont fait tirer sur la foule et tuer plus de 170 personnes -officiellement seuls 31 morts ont été déclarés par l’Etat.

Pendant que je rédige ce document, le gouvernement vient de décider de transférer les rédactions de RFO à Paris, les émissions locales ne seront plus produites localement.

Sarkozy se fabrique sa dictature par ses exactions, voilà que l’Outre-Mer revient 30 ans en arrière avec les pratiques coloniales.

Chers compatriotes, je vous demande de diffuser ce document par vos relais, il faut que toute la France sache que l’on se bat pour l’ordre juste et contre les profiteurs de toute nature.

 

 

SOLIDAIRES DU PEUPLE GUADELOUPEEN !

Un puissant mouvement social et populaire se développe en Guadeloupe depuis le mois de décembre dernier avec Liyannaj Kont Pwofitasyion. Quarante-neuf organisations syndicales, politiques, populaires, culturelles et sportives  s’élèvent contre la vie chère, les bas salaires, les retraites et les minima sociaux misérables, les licenciements, le chômage. Par leur action, ces organisations ont obtenu l’adhésion de la majorité des travailleurs et du peuple guadeloupéen pour une grève générale commencée depuis le 20 janvier et qui va en s’amplifiant.

Ce mouvement est repris dans toutes les communes, dans de très nombreuses entreprises tant industrielles que commerciales et agricoles et aussi dans diverses administrations. On note quotidiennement de gigantesques défilés et rassemblements avec des manifestants enthousiastes et pacifiques.

L’Etat français par son représentant le préfet, se refuse, suivant les ordres de son ministre à répondre aux légitimes revendications et mise sur le pourrissement du mouvement. Une campagne de dénigrement est à l’œuvre pour critiquer les 123 points de revendications et l’exigence d’une négociation globale et transparente. De nombreux renforts de forces de répression venant de France arrivent en Guadeloupe.

Le préfet vient d’annoncer son départ de la table de négociations tandis qu’Yves Jégo, menace de faire respecter « l’ordre républicain » qui n’a jamais été menacé. Ce même Jégo se refuse à venir en Guadeloupe négocier tandis qu’il se rend, comme en provocation à la Réunion. Les grévistes et manifestants guadeloupéens ne sont pas des terroristes, ne sont pas des preneurs d’otages, ne sont pas des casseurs. Ils sont dans une démarche unitaire,  responsable et exemplaire visant la construction d’une société de justice sociale, de dignité et de responsabilité dans leur pays. Des revendications qui par ailleurs concernent les masses laborieuses de la Martinique.

Les organisations politiques martiniquaises soussignées solidaires de la lutte du peuple guadeloupéen :
Réclament le retrait des troupes supplémentaires venues intimider et réprimer le mouvement social :Non à une nouvelle répression sanglante comme celle de mai 67 en Guadeloupe !
Exigent le retour du préfet et des représentants de l’Etat français à la table pour une négociation globale et transparente.

Appellent le peuple martiniquais à la vigilance et à la solidarité avec la lutte du peuple guadeloupéen.
Appellent les martiniquaises et martiniquais à un rassemblement de solidarité
LUNDI 2 FEVRIER à 18h PLACE ABBE GREGOIRE

aux TERRES SAINVILLE FORT DE France

Combat Ouvrier (C.O), Groupe Révolution Socialiste (GRS), MODEMAS,Mouvement Populaire Franciscain (MPF), Mouvement Populaire pour la Résistance offensive Martiniquaise (MPROM), Parti pour la Libération Martiniquaise (PALIMA),Parti Communiste Martiniquais (PCM), Pati Kominis pou Lendépandans ek Sosialism (PKLS), Parti Progressiste Martiniquais (PPM), Rassemblement Démocratique  pour la Martinique (RDM).

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