Ségo à la remorque d’Obama (et pas l’inverse !)

Obama socialiste ?Par Jean-François Claudon

On ne peut pas lui enlever ça : Ségolène Royal est culottée. C’est, paraît-il, ce qui en elle plaît le plus… Mais, tout de même, il en fallait, du culot, pour affirmer que sa campagne de 2007 a inspiré Barak Obama et son équipe ! Quelqu’un d’un peu méchant -ou simplement de très rancunier- pourrait lui rétorquer sans rire : « Oui, mais Obama, au moins, il a gagné »… Lui, n’a pas réussi l’exploit de faire passer McCain pour un apôtre de la rupture et un ami des travailleurs.

Mais laissons ces vielles histoire derrière nous pour constater une seule chose. Il est bon ton –et souvent chez les socialistes les plus modérés- de vilipender le parti démocrate américain, car il n’est pas « de gôche ». Pourtant, Obama vient de proposer de plafonner les salaires des banquiers dont l’établissement aurait besoin d’une recapitalisation d’origine publique dans les prochains mois. Voilà un mot d’ordre intéressant que celui d’un salaire maximum permettant de redistribuer les richesses et d’augmenter les salaires des travailleurs. Nul doute qu’une proposition allant dans ce sens aurait, en 2007, permis à la candidate socialiste de lancer un pavé dans la mare jaunâtre du « travailler plus pour gagner plus ». Il est même probable qu’avec deux ou trois autres propositions analogues rompant avec les politiques libérales et le monétarisme, la victoire de la gauche aurait été assurée…

Le parti démocrate est un parti bourgeois, malgré l’existence de secteurs ouvriers en son sein et d’un vote qui peut revêtir un caractère de classe pour sanctionner les républicains. Ce n’est pas qu’il ne soit pas assez « à gôche ». Il ne peut pas l’être, car il ne peut pas défendre en même temps les intérêts des actionnaires et ceux des salariés. En revanche, il s’agit d’un parti pragmatique, qui, en temps de crise, peut avoir recours à des expédients « socialisants ». Et c’est là que le bat blesse, car Obama nous montre qu’un politicien intelligent peut remettre en cause -même pour un temps- les règles de l’économie de marché, alors que certains socialistes les ont tellement intégrées, au point d’en faire des dogmes, qu’ils en sont incapables. Obama plus à gauche que la social-démocratie européenne ? Des militants, certainement pas ; mais de certains de nos « chefs », c’est bien possible…

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