Après 67 vint 68…

manif à Pointe-à-PitrePar Jean-François Claudon

Les médias aux ordres commencent enfin à en parler, car le silence radio devenait insoutenable. Depuis peu, les salariés peuvent enfin connaître l’ampleur de l’onde de choc sociale qui nous vient des départements d’Outre-Mer. La Guadeloupe est en état de grève générale depuis près d’un mois ; en Martinique, le mouvement commence à faire tâche d’huile, tandis que le collectif unitaire réunionnais appelle à la grève générale sur l’île le 5 mars prochain !

Il s’agit d’un mouvement social d’ensemble, qui trouve ses racines dans les profondeurs de l’histoire antillaise et de l’exploitation de ces peuples. En Guadeloupe, la plate-forme revendicative du « collectif contre l’exploitation », comprenant 126 points, parle ainsi de tous les sujets, même si la mesure la plus évocatrice -et la première- reste le « relèvement immédiat et conséquent d’au moins 200 €, des bas salaires, des retraites et des minima sociaux ».

Il faut à tout prix que cette revendication phare soit généralisée en métropole. Car c’est LE mot d’ordre unifiant qui empêchera les prétendus « réformateurs », d’un côté, et les faux « révolutionnaires », de l’autre, de diviser notre camp et d’exiger tels ou tels préalables à la mobilisation. Tout de suite et tous ensemble contre la vie chère, pour la hausse substantielle des salaires : 200 euros pour tous !

La droite a peur de ce mot d’ordre et de toute « contagion ». Par médias interposés, elle parle de ce mouvement exemplaire, mais dans le seul but de le salir. La droite tente de faire croire que seul l’Etat peut faire respecter « l’ordre public », alors que tous les irresponsables étaient de son côté à la table des négociations. Qui est parti en courant de Pointe-à-Pitre quand il a appris que le patronat guadeloupéen avait signé un protocole d’accord ? Le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, Yves Jégo, venu spécialement sur l’île ! On fait mieux, dans le genre homme politique courageux… Qui menace l’autre camp de représailles ? Un syndicaliste de SUD ? Un affreux indépendantiste ? Non, simplement le préfet de Guadeloupe, quand il a quitté la table des pourparlers…

C’est clair, le gouvernement veut faire pourrir le mouvement. Mais, ce n’est pas son seul but. Là encore, les médias sont bien silencieux. Pourtant, un appel circulant sur Internet nous apprend qu’en Guadeloupe, « 17 Airbus ont débarqué depuis début janvier,  avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu’aux dents. Des chars d’assauts, des minutions, des cercueils en plastique, des vivres ont également été acheminés en même temps que ces forces de répression ». Les délinquants qui nous gouvernent seront bientôt prêts à l’affrontement. Qu’attendons-nous pour venir au secours de nos camarades antillais ? Ils sont l’avant-garde du mouvement qui peut virer Sarko et sa bande. Les Antilles nous montre la voie, comme elles l’ont déjà fait par le passé. En effet, en 1967, une puissante grève avait paralysé la Guadeloupe et avait contraint les angéliques Messmer et Marcellin à ordonner une répression qui a fait près de 200 morts, même si l’Etat n’en a reconnu que 31…

Evitons ce bain de sang inutile en unifiant nos forces. Il y a eu 1967 en Guadeloupe et 1968 en métropole. Espérons qu’en 2009, ce sera la grève générale, au même moment, sur tout le territoire français sans exception !

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