Éditorial d’Unité n°16

jeudi 23 octobre 2008 par Julien Guérin

delocalisation 

 

« La production du capitalisme engendre, avec l’inexorabilité d’une loi de la nature, sa propre négation » disait Karl Marx en 1869, à l’heure de la crise économique et financière la plus grave depuis 1929 ces paroles semblent sonner plus justes que jamais !

Depuis quelques semaines, des rangs de l’UMP à ceux du MEDEF en passant par l’Elysée , les banquiers et les patrons, tous réclament un retour de l’Etat et une meilleure régulation du capitalisme financier ! On croît rêver ! On se pince, quand on sait que ce sont eux les reponsables du naufrage actuel (sur lequel nous revenons de manière détaillée dans ce numéro) , un peu comme si on demandait à des pyromanes d’éteindre eux mêmes les incendies qu’ils viennent d’allumer ! Il faut être clair : si Sarko et sa bande de tatchériens sectaires s’agitent aujourd’hui ce n’est que pour sauver un système en faillite. Il en est de même de tous les gouvernements libéraux de la planète : en Allemagne, en Italie et même aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, temples du libéralisme pur et dur, les Etats volent au secours des banques en faillite…Ils nationalisent les pertes avant de reprivatiser les profits dés lors que des vents meilleurs souffleront pour le libéralisme. Des milliards d’euros sont mis sur le table pour sauver les banques alors que l’on nous expliquait que les caisses étaient vides il y a quelques semaines à peine. Des milliards pour sauver les banques et rien pour les salaires ou les retraites, rien pour les travailleurs licenciès de Renault ! Voilà aujourd’hui la vérité d’un système qui éclate dans toute sa brutalité. Sarkozy peut bien dénoncer le capitalisme financier il n’en continue pas moins sur la même voie et en profite même pour accélerer ses sales coups : privatisation de la Poste, suppression de milliers de postes dans l’éducation nationale, asphyxie de l’hôpital public et de la Sécu, baisse d’împôts confirmées pour les riches…Bref rien de nouveu sous le soleil !

Il ne faut pas avoir peur de le dire, depuis quelques jours le spectacle auquel nous assistons n’est rien d’autre que le paroxysme d’un système que tous les socialistes doivent combattre : le capitalisme qui, en recherchant le profit par tous les moyens, va à sa perte ! La question d’une alternative à cette économie de rentiers, de nantis qui vivent oisivement et jouent en bourse les économies des travaillleurs et des salariés est posée.

A Gauche, on en revient encore une fois au tournant de 1983 et aux choix libéraux opérés à ce moment là…il est urgent que nous tournions la page (nous le répétons depuis des années) et que les socialistes soient en mesure de dire qu’il travaillent, dés maintenant , à l’émergence d’un autre modèle économique et politique. Il est temps d’être offensif, de lever haut les couleurs de la gauche, là est l’enjeu du congrès de Reims, et là est aussi la responsabilité du MJS. La direction du PS n’est pour l’instant pas du tout à la hauteur, c’est donc aux jeunes du MJS et à tous les socialistes de gauche de s’affirmer dans le débat. Oui, aujourd’hui nationalisation et socialisation des banques ne doivent pas être des mots tabous ! Il est temps que nous défendions une vraie redistribution des richesses du capital vers le travail car ce n’est pas aux jeunes et aux salariés de payer les conséquences de cette crise (aux responsables de payer !). Il faut enfin mettre un terme à l’indépendance de la BCE, de même, les socialistes, la gauche et le mouvement social doivent plus que jamais se battre pour que cette Europe des banquiers et du capital soit réorientée radicalement et sorte des dogmes de Maastricht. Nous pensons aussi que la question du libre échange doit être posée, qu’il est temps de refaire de la politique, de refaire du socialisme vraiment pour être à la hauteur de la situation. Pour avoir un monde d’avance (comme nous le défendons aux côtés de Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez et Gérard Filoche dans la motion unie de la gauche du parti) travaillons dés aujourtd’hui à un autre monde débarrassé de la dictature des capitalistes, des grands patrons et des spéculateurs. Contre la crise du capitalisme, oui osons le socialisme camarades !

Julien GUERIN

 

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