Socialisation des pertes ou socialisation des banques ?

Par Ernest Simon (44)

« Être radical, c’est aller à la racine », Karl Marx. Face à l’ampleur de la crise financière , les mesures morales de Sarkozy ne vont pas faire grand-chose. Il parle de supprimer les parachutes dorés des entreprises qui perdent de l’argent, mais qu’est-ce qu’ont à voir ces parachutes avec la crise financière ?

S’il y a crise, c’est parce que l’économie s’est financiarisée au point de perdre tout contact avec l’économie réelle.

 On nous parle de transparence mais c’est un véritable système mafieux qui a été institutionnalisé et qui s ’appuie notamment sur de nombreux paradis fiscaux, (dont plusieurs sont en Europe !). Les bourses initialement conçues pour prêter de l’argent à des investisseurs sont devenues l’instrument financier pour organiser la captation de la valeur produite par les salariés dans les entreprises.

Quand il s ’agit du pouvoir d’achat, les caisses sont vides , m ais quand il s ’agit de sauver un système pourri jus q u’à la moelle , ce sont des centaines de milliards qui sortent d’on ne sait où. Et pourtant, pour résoudre la faim dans le monde , certains disent qu’il suffit de 50 milliards …

Dans un tel contexte, il n’a jamais été aussi facile d’être de gauche. Au PS, certains sont un peu embêtés , car leur motion a été écrite avant le début de la nouvelle vague de la crise. C’est vrai que prôner « l’économie de la connaissance », c’est un peu faible pour répondre aux enjeux de la crise actuelle .

A L’Offensive Socialiste, on est plutôt à l’aise à soutenir politiquement la motion dont Benoît Hamon est le premier signataire e t qui réunit tous ceux qui font la gauche du PS. Cette motion s ’est bâtie sur une critique du capitalisme financier et invite à pense r la société post libérale. C’est ce que nous appelons avoir « un monde d’avance » ! La crise est née du pillage des richesses par une minorité. La sortie de la crise ne pourra se faire que sur la base d’une ligne politique visant à mieux répartir ces richesses. La socialisation des pertes n’est pas une solution. Il faut certes intervenir, mais dans ce cas pour reconstruire un secteur bancaire public fort à même de porter les bases financières d’un autre mode de production.

C’e s t pourquoi nous défendons :

– une restriction à la libre circulation généralisée des capitaux ;

– la mise en place de restrictions européennes au libre -échange pour stopper la dépression salariale et protéger l’environnement ;

– la création d’un pôle financier public par la nationalisation partielle du secteur bancaire ;

– la mise en oeuvre d’une supervision européenne ;

– la dénonciation du pacte de stabilité et de croissance.

Le présent est l’enclume où s e fait l’avenir. Es t-ce un écroulement ? Non, non, un commencement…

3 questions à Oncle Simon

Deux économistes se rencontrent :

– Tu comprends ce qui se passe?

– Attends, je vais t’expliquer.

– Non, non, expliquer ce n’est pas difficile , moi aussi, je suis économiste. Non, ce que je te demande c’est est-ce que tu comprends ?

Ce qui est effrayant dans cette crise , c’est que des « gamins » se sont amusés à construire des produits financiers tellement complexes que personne n’est en mesure d’estimer réellement les risques .

Alors oui, tous les commentateurs peuvent vous expliquer comment ces titres ont été créés, mais personne ne comprend ce qui se passe! La machine échappe à ses créateurs !

Qu’e s t-ce qu’un millier de traders gisant enchaînés au fond de la mer ? Un bon début !

Faut-il se réjouir de l’écroulement du capitalisme financier ? Il est certes appréciable que l’escroquerie massifiée  soit mise à nue. Pour autant, la crise financière va progressivement entraîner une crise économique qui ne manquera pas d’atteindre le salariat ave c son lot de chômage et de baisse du pouvoir d’achat. S’il faut se défier de la religion de la croissance , il ne faut pas oublier qu’en l’état actuel des choses, seule la croissance économique permet à cette majorité qui travaille de voir sa situation s ’améliorer. La crise doit donc être l’occasion de bâtir une société post-libérale où l’amélioration des conditions de vie passe par un modèle de développement soutenable pour l’environnement et qui ne passe pas forcément par le consommer plus !

Un économiste , c’est quelqu’un qui vous dira demain pourquoi ce qu’il a prédit hier n’est pas réalisé aujourd’hui.

Et oui, ils vont être nombreux tous ces économistes libéraux à nous expliquer que la libéralisation de l’économie c’est une bonne chose mais là c’est juste que ça à été mal appliqué et qu’il y a seulement quelques brebis galeuses sans morale. Vive le pragmatisme!

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