Éditorial d’Unité n°15

lundi 22 septembre 2008 par Ernest Simon

 

Le nombre de civils tués dans des bombardements américains ou de l’OTAN en Afghanistan a triplé entre 2006 et 2007, et des erreurs de frappe cet été ont encore exacerbé la colère des populations, affirmait, début septembre, un rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch.

Plus de 7 ans après le début des hostilités, la guerre n’est donc pas finie, loin de là. Alors que le trafic d’opium est reparti de plus belle, sous l’œil bienveillant des autorités en place, la pacification et la reconstruction du territoire sont toujours à l’état de projet. Alors, oui nous défendons le retrait immédiat des troupes françaises en Afghanistan.

Nous ne sommes pas dupes du rôle ambigu des états-uniens sur ce territoire : après avoir formé les talibans dans les années 80, l’occupation de l’Afghanistan répond aussi à des enjeux géostratégiques (et notamment énergétiques). Bien évidemment, nous sommes aussi conscients de la dangerosité de ces mouvements terroristes religieux.

Mais les leçons de l’histoire n’ont toujours pas été retenues. Les peuples s’engouffrent dans le fanatisme religieux quand la question sociale n’a pas été résolue. Cependant, la démocratie et l’amélioration des conditions de vie ne s’exportent pas par les armes. Face à un mouvement terroriste, ce n’est pas la guerre qu’il faut mener, mais de l’infiltration, du renseignement, des actions coordonnées. Des appuis économiques, politiques, syndicaux, culturels, etc. sont nécessaires… mais on ne peut pas décider du sort des peuples à leur place. Les armées d’occupation perdent toujours à la fin, autant s’en rendre compte rapidement.

Autre territoire, autre bruit de bottes. En Géorgie, les velléités d’autodétermination de certains peuples sont probablement réelles mais prises en étau entre un impérialisme russe de retour sur la scène internationale et un impérialisme américain toujours aussi présent, appuyé par des européens en mal d’approvisionnement énergétique. Les fauteurs de guerre sont nombreux. La candidate républicaine à la vice-présidence états-unienne, Sarah Palin, déclare ainsi qu’elle n’exclut pas d’entrer en guerre si la Géorgie ou l’Ukraine sont la cible d’une invasion russe. La campagne électorale pour la présidence des Etats-Unis promet d’être riche…

« Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage » disait Jaurès. Malheureusement, l’histoire nous le confirme régulièrement. Face à cela, il faut repenser l’alternative. Si le modèle social-démocrate européen est bien en panne, les expériences sud-américaines « socialisantes » rencontrent un certain succès et méritent pour cela d’être étudiées avec attention. C’est peut-être là que se fait la refondation .

 

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