Quelques vérités bonnes à dire à 4 jours du 1er tour
18 avril 2012 Laisser un commentaire
A l’issue d’une campagne de 1er tour qui n’a pas été aussi caricaturale que ne veulent bien le dire les éditorialistes, il devient envisageable de dégager les grandes lignes de force de la 1ère séquence électorale d’un année 2012 qui en comptera au moins quatre. La première évidence, c’est que Sarkozy peut être battu. Il semble même se résoudre à la défaite, lui qui avait un temps évoqué de façon pathétique son retrait de la vie politique, préférant l’existence fastueuse d’un médiocre avocat d’affaire à l’ingratitude du travail militant qu’il a comparé à une réclusion au carmel… Hier, sur France Inter, Sarko a même tenté de faire de l’humour à ce sujet. En effet, alors que cette antenne, qui ne le maltraite pas outre mesure depuis qu’il a rappelé en être le principal « actionnaire », avait fait maladroitement précéder son interview d’un retour sur la campagne de Giscard en 1981, le nouvel apôtre de la « France forte » a ironisé en demandant si les programmateurs d’Inter n’avaient pas fait exprès d’évoquer l’amer défaite d’un président sortant juste avant son passage sur les ondes. On pourrait certes imaginer que Sarko tente par là de susciter la sympathie en faisant mine de supporter stoïquement son sort, tel un Poulidor de la politique. Mais cette posture de looser chiraquien ne ressemble par à l’omniprésident qu’a été Bling-Bling. Si cette fois, il ne la sent pas, c’est vraiment qu’il ne la sent pas.










La concurrence mondiale ne date pas d’hier, contrairement à ce que voudrait nous faire croire les partisans du « Grand bon en arrière » néo-libéral. Leur prétendue « révolution » sensée répondre à l’émergence de nouveaux pays industrialisés n’est en rien une nouvelle donnée naturelle et impersonnelle, sorte de deux ex machina auquel tout pays serait tenu de s’adapter depuis la fin des années 1970 sous peine de disparaître ; ce n’est rien d’autre qu’une machine de guerre politique, consciemment et rigoureusement mise en place pour lutter contre les salariés et les acquis qu’ils avaient arrachés aux classes dominantes aux lendemains de la 2de Guerre mondiale. La concurrence des pays émergents n’a été que le prétexte utilisé à l’échelon mondial pour privatiser, déréguler et précariser le monde du travail. L’offensive sans précédent des classes possédantes se faisait ainsi au nom de la sacro-sainte ouverture des économies ou encore de leur « nécessaire adaptation » à l’ordre des choses. Ce fut un coup de génie. En effet, qui pourrait sensément s’opposer à ce qui est naturel ? Qui pourrait s’affirmer hostile à la pluie ou encore contre le printemps sans faire un petit tour par l’HP le plus proche ? La bourgeoisie a réussi à fait passer ses choix politiques mondiaux pour des adaptations techniques qu’on ne peut discuter. Du même coup, elle était en train d’inventer son sésame politique pour les 30 ans à venir : les fameuses « réformes-nécessaires-qui-sont-douloureuses-mais-auquelles-on-ne-peut-pas-échapper »…
La campagne des européennes bat son plein, paraît-il… De fait, notre parti a du mal à emballer les masses. On évoque mécaniquement « l’Europe sociale », solution miracle aux maux de notre continent, mais sans y croire. Le Manifesto est un véritable fil à la patte du PS français. Il faut dire que le social n’y est pas très présent. Si l’on ne parle pas concrètement de salaire minimum européen, de condition de travail, de services publics, d’harmonisation par le haut, « l’Europe sociale » n’est qu’une abstraction incapable de mobiliser des salariés qui se diront : « On connaît la chanson »… D’autres sociaux-démocrates européens, cherchant à liquider le seul acquis du Manifesto -la fin du compromis PPE/PSE-, vont même jusqu’à soutenir Barroso, l’homme qui dérégule plus vite que son ombre, pour un second mandat…
Cher camarade, 
Descartes disait que le bon sens était la chose la mieux partagée au monde.
juin 2008