En Espagne, vive la grève générale !

A force d’entendre les médias clamer que la campagne n’enthousiasme personne et qu’elle n’est qu’une suite d’annonces fumeuses proférées par des candidats en manque de « projet mobilisateur », on va finir par le croire… Mais nos amis d’en haut qui font l’opinion d’en bas, au lieu d’étaler leur scepticisme satisfait d’observateurs impartiaux et de doper par-là même l’abstention, feraient bien de se poser cette question : qui, si ce n’est la presse, peut et doit, en démocratie, élever le débat politique et contraindre les partis, par une interpellation aussi permanente qu’impertinente, à répondre aux aspirations profondes des citoyens ? Nombre de journalistes devraient se rendre compte qu’en vitupérant cette campagne, ils ne font que manifester un peu plus leur vacuité… Il est à ce titre hallucinant de voir que la grève générale qui a secoué l’Espagne du PPE triomphant jeudi dernier n’a en rien bouleversé la rengaine démoralisante de la plupart des titres nationaux. Plus d’un million de manifestants, un taux général de grévistes avoisinant les 75 %, avec des pointes aux alentours de 90 % dans certains secteurs de la fonction publique et … rien ! Les salariés espagnols devront fait mieux s’ils veulent un jour faire les gros titres des journaux française et parvenir à faire mentir la maxime d’inspiration pascalienne que fait sienne la presse aux ordres : « vérité en-deçà de Pyrénées, silence au-delà »…

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En Grèce, c’est notre avenir qui se décide : socialisme ou barbarie !

« Les Grecs ont pris des engagements, ils doivent les respecter scrupuleusement. Il n’y a pas le choix, le temps presse ». Cette déclaration de Sarkozy, proférée à l’issue du dernier Conseil des ministres franco-allemands, est passée inaperçue comme jamais une de ses petites phrases ne l’a été. Elle est pourtant lourde d’un sens mortifère pour les peuples d’Europe. Le petit candidat du peuple laisse en effet sous-entendre que la Grèce, en consentant à la cure d’austérité imposée par la capital franco-allemand, sera automatiquement sauvée. Or, comme le rappelle judicieusement Sonia Mitralia, membre du comité grec contre la dette, « selon tous les responsables du désastre grec, si leurs politiques d’austérité s’avéraient efficaces à 100 %, la dette publique grecque serait ramenée en 2020 à 120 % de PIB national, c’est-à-dire au taux qui était le sien… en 2009, quand tout ce jeu de massacre a commencé » ! En somme, ce que Sarko a dit en lançant de tel propos, c’est que lui et ses acolytes s’évertuent à saigner le peuple grec absolument pour rien !

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Etudiants premières victimes de l’austérité !

L’actuelle crise des dettes souveraines en Europe, issue de la crise financière de 2008, suscite partout son lot de destructions sociales, provoquées par la multiplication à l’infini des plans de rigueurs. En Grèce, en Espagne et ailleurs, la jeunesse est devenue la variable d’ajustement des budgets gouvernementaux. Aux mêmes logiques sont appliquées les mêmes potions qui produisent les mêmes effets : l’austérité amène toujours plus d’austérité. Attaqués non pas d’un bloc, mais les uns après les autres, les systèmes nationaux de protection sociale laissent les populations désarmées et la résignation gagne les consciences autant que l’europhobie.

Aujourd’hui, alors que l’UNEF, le principal syndicat étudiant, revendique à juste titre une politique de relance basée sur l’investissement dans l’éducation, qui passe notamment par la mise en sécurité sociale de la jeunesse, la jeunesse européenne semble résignée à l’avenir qui lui est réservé, avec la précarité comme seul horizon indépassable.

« Les seules batailles perdues d’avance sont celles que l’on a pas menées », nous rétorquerait à juste titre Berthold Brecht.

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50 ans après : l’indépendance de l’Algérie, un enjeu des élections à venir

Début 1962, les « opérations de maintien de l’ordre » s’éternisent en Algérie. De Gaulle, pourtant arrivé eu pouvoir en mai 1958 sur le thème de l’Algérie française, est maintenant convaincu de la nécessité d’un processus débouchant sur son indépendance. L’extrême droite et les militaires ne lui pardonnent pas ce revirement et soutiennent la création d’un groupe terroriste, l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS). Ce groupe fanatique de « l’Algérie française » s’en prend aux militants du FLN, que ce soit en France ou en Algérie, ainsi qu’à tous ceux qui les aident (communistes, PSU, chrétiens de gauche, intellectuels…).

En France, le FLN était incontestablement à son apogée en 1961. L’organisation indépendantiste avait tout d’abord fait le vide autour d’elle en éliminant méthodiquement les militants du MNA qui étaient opposés à la stratégie insurrectionnelle prônée par le Front de libération, ainsi qu’à son alignement jugé excessif sur les positions pan-arabes du Caire. Selon Benjamin Stora, « à partir de 1958, sous les coups de boutoir du FLN, le MNA commence à s’effondrer. Fin 60, début 61, le FLN a gagné, la bataille est terminée ». Par ailleurs, le FLN d’Algérie sort exsangue l’offensive dirigée par le général Challe qui se déroulent de 1959 à la mi-61. Le dos au mur, le FLN, qui s’appuyait jusque-là que son dense réseau de maquis dans les djebels, doit maintenant mettre en avant son rayonnement international et, par suite, son implantation de masse en France afin de peser dans les pourparlers avec le pouvoir gaulliste qui se profilent à l’horizon. Les effectif du mouvement indépendantiste le lui permettent : le FLN compte alors plus de 120 000 cotisants en France, dont 36 000 dans la capitale, et plus de 50 000 en région parisienne.

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Envers et contre tout, le peuple syrien vaincra !

Par Jean-François Claudon (75)

« Mettez fin à la violence, arrêtez de tuer vos concitoyens : la répression mène à l’impasse ». Tel est l’avertissement sans frais adressé au régime de Bachar Al-Assad par Ban Ki-moon. Ce dernier trouve même des accents dignes des Philippiques quand il lance impitoyablement au visage du dictateur de Damas que « celui qui exerce le pouvoir en usant de la force ou de la coercition court à sa perte ». Quel brûlot ! Le régime syrien tremble sur ses bases… En réalité, malgré le caractère tragicomique des propos du secrétaire général de l’ONU et de la pathétique incapacité des institutions internationales à faire bouger les lignes, de nombreux observateurs s’accordent à dire que les jours de Bachar Al-Assad sont comptés. « Le soutien du Hezbollah, de la Russie et de l’Iran ne sera pas suffisant pour protéger Assad du sort de Hosni Moubarak », affirme notamment un chercheur cité par le quotidien libanais an-Nahar. Au dire de ce spécialiste, Washington et Paris ont déjà pratiquement acté la fin du régime baasiste. Ehud Barak, ministre israélien de la Défense a lui aussi affirmé début janvier que « la famille Assad n’a plus que quelques semaines à exercer le pouvoir en Syrie ». Il semblerait même que de nombreux travailleurs syriens considèrent déjà le régime comme un mauvais souvenir appartenant à un passé révolu. Pourtant, les faits son têtus. Malgré les cris de faon de Ban Ki-moon, les « protestations » des chancelleries occidentales et de la Ligue arabe, malgré surtout les 5000 cadavres jonchant le sol des villes syriennes de Deraa à Damas, en passant par Homs, et les dizaines de milliers d’arrestations arbitraires qui vouent aux gémonies son régime, Bachar Al-Assad se cramponne au pouvoir, refusant le destin que lui assigne, à l’instar de ses amis Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, le développement impétueux de la révolution arabe.

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A bas la répression sur la place Tahrir !

Par Jean-François Claudon (75)

L’Égypte, à l’instar des autres pays arabes pour lesquels 2011 fut une « année sans pareille », est à un tournant. L’implosion du régime dictatorial de Moubarak, soutenu à bout de bras par les impérialistes occidentaux, a dégagé toute son l’énergie interne. Le processus révolutionnaire a perdu, avec la fin de l’illusion lyrique propre à toute soulèvement démocratique victorieux, son élan initial et doit trouver un nouveau souffle s’il ne veut pas vaciller sur ses bases et, peut-être à très court terme, laisser place nette à la réaction militaire ou encore dégénérer en contre-révolution intégriste. A tâtons, la jeunesse et les travailleurs d’Égypte commencent à comprendre que la chute du tyran ne peut suffire à améliorer leur quotidien puisque le chômage, déjà important avant la révolution de janvier-février 2011, est en passe de devenir une nouvelle plaie d’Égypte. Les masses cairotes, qui représentent 15 % de la population égyptienne et près de la moitié du salariat du pays, ne se sortent pas plus qu’avant de leurs problèmes de logement ou d’approvisionnement et elles se rendent bien compte que le « plus jamais ça » qu’elles ont clamé aux abords de la place Tahrir depuis le 11 février, jour de la chute du Raïs, implique une rupture bien plus profonde qu’il n’y paraît avec l’ordre ancien. Mettre définitivement dehors Moubarak impose au peuple égyptien d’en finir avec l’appareil d’État oppresseur qui a survécu à la chute du tyran. D’en finir avec l’armée des petits chefs, avec l’administration corrompue, mais aussi avec les chancelleries des États occidentaux qui ont soutenu à bout de bras le dictateur et qui ne se sont résolus à admettre sa chute que dans l’espoir de le remplacer à terme par une créature moins controversée. Depuis plusieurs mois, le fossé entre la fraction révolutionnaire du peuple et l’armée s’approfondissait doucement mais sûrement. Les évènements qui se déroulent actuellement sous nos yeux, pour dramatiques qu’ils sont, n’ont donc malheureusement rien de surprenant.

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Soulagement pour Mumia Abu-Jamal : il ne sera pas exécuté… Mais condamné à finir sa vie en prison

Par Julien GUERIN (77)

Condamné à mort en 1982 pour le meurtre présumé d’un policier de Philadelphie, Mumia Abu Jamal, devenu depuis un symbole international de la lutte contre la peine de mort, vient de voir définitivement commuée sa condamnation à une peine de prison à perpétuité. Croupissant depuis trente ans dans le couloir de la mort, Mumia vient de remporter une première victoire. Cependant cette première avancée, qui est aussi un soulagement pour ceux qui l’ont soutenu, demeure insuffisante puisque Mumia reste derrière les barreaux…

Rappelons rapidement la trame de cette histoire qui, une fois de plus, a entaché la justice américaine en mettant en évidence son visage de classe trop souvent raciste. Le 9 décembre 1981, Mumia qui est alors chauffeur de taxi, intervient auprès du policier Daniel Faulkner qui est en train de contrôler son frère. Dans des conditions troubles, une fusillade éclate, le policier est tué tandis que Mumia, blessé, gît sur le trottoir lors de l’arrivée des secours. Une arme, dont il est le détenteur, est retrouvée sur les lieux. Il n’en faut pas plus pour en faire un coupable idéal. L’enquête est bâclée en quelques semaines et, en juillet 1982, le juge Sabo condamne Mumia à la peine de mort après avoir prononcé ses mots : « Je vais les aider à faire griller ce nègre ». Tout est dit sur l’impartialité de ce procès à sens unique. Il faut dire que Mumia n’est pas n’importe quel citoyen américain ordinaire. Né en 1954, c’est un militant convaincu de la cause des noirs, un inlassable défenseur de l’égalité sociale en même temps qu’un pourfendeur de l’Amérique impérialiste et néo-colonialiste. Proche des Black Panthers puis journaliste sur une radio locale, ses billets au vitriol contre les violences policières, le racisme des autorités de Philadelphie et son soutien au groupe activiste MOVE attire sur lui l’attention des autorités. Au moment des faits de décembre 1981 il est donc un coupable idéal.

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Victoire de la droite en Espagne, une semaine après : analyse et perspectives

Par Johann CESA (42)

En Espagne, pas besoin de Goldman Sach’s pour nommer le prochain Premier Ministre ou décider de la politique économique du pays. Les sociaux libéraux ont fait le boulot à sa place. Les élections législatives anticipées ont tranché ! Dimanche dernier, les électeurs espagnols ont infligé une cuisante défaite au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) puisqu’il ne compte plus que 110 sièges au congrès avec seulement 28% des voix, soit son plus mauvais score depuis la fin du franquisme. Cette défaite marque la fin d’une politique blairo-socialiste plus soucieuse du sort des bourses que des conditions d’existences des travailleurs. Cette défaite, une véritable fessé en réalité, doit nous interpeller, socialistes français, sur la capacité à la social-démocratie version Hollande d’affronter la crise économique et sociale et de faire autre chose que la droite. Bref l’alternative au capitalisme et non sa simple alternance.

Une droite espagnole très à droite

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La gauche européenne ne doit pas tomber dans le piège de l’Union nationale !

Par Jean-François Claudon (75)

Georgios n’a pas l’air comme ça, mais c’est un petit marrant. Il en a joué une bonne au peuple grec en annonçant le 31 octobre dernier la tenue d’un référendum sur le fameux « plan de sauvetage de la Grèce », puis en rebroussant chemin dès le jeudi 4 novembre, après s’être fait vertement sermonné par la panzer-chancelière d’Europe qui ne sort plus sans son petit roquet français. A son corps défendant, pensant certainement que le sort de sa caste était étroitement lié à son destin personnel, Papandréou avait sans le savoir ouvert la boîte de Pandore de l’insurrection électorale. Nous avons entrevu, l’espace d’un instant, la perspective d’un soulèvement des peuples d’Europe contre les spéculateurs, d’un incendie social qui prendrait enfin à l’échelle continentale, 6 ans après l’étincelle allumée en France au soir du 29 mai 2005… Papandréou a alors pris conscience de la bombe à retardement qu’il avait malencontreusement enclenchée en en appelant au peuple hellène, mais il était trop tard. Cette fin de race issue de la plus grande dynastie de politiciens que la Grèce n’ait jamais enfantée avait failli. Les bourgeoisies européennes, par la voix du tandem Merkel-Sarko, n’avait plus qu’à mettre au rancart cette marionnette qui s’est soudainement animée, mais qui ne faisait plus rire personne. Et c’est maintenant au tour du guignol de Milan d’être poussé dehors par la main bien visible du « marché ». Sale temps pour les comiques qui, par leur sauts d’humeur intempestifs, hérissent le poil des spéculateurs… L’heure est aux gouvernements de salut public du capital !

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En Grèce, referendum populaire ou plébiscite réactionnaire ?

grècePanique ! Chaos ! Coup de poker ! Confusion ! Krach ! Tout y passe pour signifier la stupeur qui saisit ce matin les éditorialistes bien-pensants suite au coup politique que vient d’asséner à son corps défendant Papandréou aux libéraux européens, en annonçant son souhait de consulter le peuple grec sur la question du plan de sauvetage de l’euro. Le Figaro, organe de presse sarkozyste s’il en est, allant même jusqu’à accuser Papandréou de « mettre l’euro en péril » à lui tout seul… Les bourses se sont déjà affolées et les banques continuent à perdre gros aux jeux du casino dont elles avaient pourtant inventé les règles, tout en prônant évidemment la “dérégulation” qui laisse libre cours à la “main invisible” du sacro-saint “marché”. Loin de nous de vouloir défendre le prétendu “socialiste” Papandréou qui continue de saigner aux quatre veines les salariés grecs, et qui de toute façon défendra ce plan de sauvetage, mais il nous semble important, malgré et contre la politique néo-libérale menée par le Pasok depuis 2009, de saluer ce formidable pied de nez adressé au tandem de forcenés Sarko-Merkel !

Une victoire pour le peuple grec

Des mois et des mois qu’ils se mettent en grève régulièrement, qu’ils subissent les multiples plans de rigueur de la troïka BCE-Commission Européenne-FMI, qu’ils essuient les pires quolibets venus du monde entier ; les salariés grecs vont pouvoir prendre leur revanche. Ce referendum ne règlera pas automatiquement leurs problèmes socio-économiques, mais il apparait aujourd’hui comme une bouffée d’air démocratique pour un peuple à qui l’on promettait déjà un gouvernement d’union nationale entérinant illico le plan de sauvetage européen, malgré les des centaines de milliers de manifestants qui réclament inlassablement des législatives anticipées. Seules élections capables de renverser ce gouvernement dit “social-démocrate”, devenu le toutou docile des marchés financiers, et de permettre à un nouveau Premier Ministre d’avoir une réelle légitimité démocratique pour affronter les diktats des délinquants de la finance de marché. Ce referendum n’est qu’une première étape pour permettre à la Grèce de sortir de sa crise politique. La crise sociale, elle, va perdurer encore un bon moment… Lire la suite

Une semaine après l’horreur

Par Jean-François Claudon (75)

Une semaine… Une semaine que cet aryen forcené de Breivik a mis son funeste plan à exécution. Les images de l’horrible massacre perpétré sur l’île d’Utøya trottent encore dans nos têtes. La stupeur des premières heures a rapidement laissé la place à l’émotion et aux messages de condoléances et de soutien. A la tête d’une délégation de jeunes socialistes, la présidente du Mouvement s’est rendue dès le samedi 23 juillet, en compagnie du Premier secrétaire par intérim du PS, à l’ambassade de Norvège. Lundi, Lauriane Deniaud a assuré le peuple norvégien de tout notre soutien avec d’autant plus de ferveur que « la tuerie d’Utøya a une particularité pour nous, les jeunes socialistes [...] : ce sont des nôtres qui sont tombés sous les balles et sous cette haine froide ». Dès le 23 juillet, un communiqué commun de la IUSY et d’ECOSY affirmait que, lors du festival de la Internationale des Jeunes Socialistes qui se déroule en Autriche depuis le début de la semaine, « nous exprimerons nos condoléances, notre chagrin et notre respect pour les victimes et leurs familles ». Respect aux victimes, mille fois, cela va de soi ! Mais rendre hommage ne peut se réduire à verser quelques larmes sur une gerbe de roses et à confier les morts à un quelconque Dieu ou même à Marx. Le temps du deuil est nécessaire, mais il ne peut suffire. L’émotion légitime qui nous étreint tous doit laisser la place à l’indignation et à l’action. Nous avons été stupéfaits, puis horrifiés et nous avons pleuré. Mais, pour être fidèles aux victime innocentes des balles de Breivik, il faut faire l’effort d’analyser la situation nouvelle et d’en déduire une position politique juste pour que la mort de 68 des nôtres ne soit pas vaine. « Ne pas pleurer, ne pas détester, mais comprendre ». Ce mot d’ordre de Spinoza, nous devons le faire nôtre, au moins pour un temps.

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En Grèce, il faut les empêcher de nuire !

Par Jean-François Claudon (75)

N’en déplaise à Marx, quand l’histoire se répète, ce n’est pas toujours sous la forme de la farce. Ce piétinement, qui exprime en dernière analyse l’incapacité pour l’homme d’écrire sa propre histoire tant qu’il s’agite sous la talon de fer de l’accumulation du capital, peut parfois prendre la forme d’une tragédie. Et dans la drame que vit la Grèce, l’acte second a déjà commencé. Le premier avait débuté avec la crise de liquidités et la débâcle bancaire qu’avait suscitées l’effondrement des subprimes en 2008-2009. L’intrigue de cet acte initial est connue : plans de sauvegarde des banques, attaques contre les acquis sociaux du salariat et résistances des travailleurs hellènes qui ont mis en déroute la droite de Karamanlis en 2008-2009 et qui ont fini par hisser au pouvoir le PASOK de Papandréou. Et comme dans toute bonne tragédie, l’acte II a commencé en 2010 par un rebondissement.

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Et si, en Espagne, « l’indignation » se muait en révolution ?

L’actuel « printemps des peuples », dont l’étincelle jaillit en Tunisie il y a plus de six mois, ne cesse de s’approfondir. Car après l’Égypte, la Libye et la Syrie, c’est au tour de l’Espagne de rentrer dans la danse. Mais nous ne sommes plus sous le règne du Caudillo. Depuis la « transition démocratique » et la modernisation économique du pays, l’Espagne s’est arrachée à son indolence pluriséculaire pour devenir une grande puissance arrimée à l’Europe du Nord, sans pour autant se débarrasser de tous les oripeaux d’ancien régime dont elle s’était parée depuis le crépuscule du « Siècle d’Or ». Plus qu’à l’approfondissement d’une même dynamique, c’est en fait à la rencontre des deux tendances politiques actuelles les plus fondamentales à laquelle nous assistons : la révolution méditerranéenne contre le déficit démocratique des régimes en place et la lutte du salariat contre les plans d’austérité que lui impose le capitalisme en crise. L’Espagne au carrefour entre la Grèce et l’Égypte ? C’est géographiquement peu orthodoxe, mais ce n’est pas absolument dénué de sens !

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William et Kate, le nouvel “opium du peuple”

Par Jean-François Claudon (75)

LE grand jour a enfin eu lieu ! On ne pouvait d’ailleurs s’y tromper : la reine hésitait entre deux chapeaux plus improbables l’un que l’autre, l’opinion publique de sa Majesté trépignait d’impatience, les têtes couronnées du monde entier arrivaient à Londres parées de leurs plus beaux atours, la grande bourgeoisie enrageait de voir ce faste qui lui est -malgré ses millions- à jamais inaccessible, la presse européenne tentait de faire rêver le bon peuple malgré le désintérêt manifeste que suscite sur le continent le folklore monarchique d’outre-Manche. Pas de doute, le mariage princier de William et de sa belle roturière vient d’avoir lieu. Pendant les centaines d’heures d’antenne télé et radio qui ont couvert l’événement, on a tout dit, sur tous les tons. Ici, on était absolument fan ; là, on la jouait un peu amusé ; ailleurs, on prenait la chose très au sérieux. Le couple princier a été examiné sous toutes les coutures. Des documentaires d’investigation, un téléfilm au goût de navet qui relate la rencontre, des petites phrases savamment distillées au gré des interviews… N’en jetez plus ! Tout a été dit ! Tout ? Pas tout à fait en réalité. Une question a été sciemment et pudiquement laissée de côté : celle du coût social de cet événement qu’on a du mal à placer dans la catégories des grandes dates qui jalonnent l’histoire de l’humanité…

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Le peuple tunisien mérite mieux que ses dirigeants actuels

Par Robert Tourcoing (75)

C’est ce que le Président Sarkozy ne dira pas. Pourtant, il le disait à propos de l’Iran, avec raison. D’ailleurs, beaucoup de peuples méritent mieux que leurs dirigeants… peut-être même nous ! Il ne le dira pas, et pourtant la situation est assez comparable: les Tunisiens se révoltent contre un régime autoritaire et corrompu, il y a des morts, la liberté de la presse est piétinée, les universités sont bouclées. Alors, les ténors habituels de la Liberté vont-ils donner de la voix ? Probablement pas, car la Tunisie, c’est leurs vacances. Mme Alliot-Marie y a passé les fêtes, paraît-il. Le « camarade » Delanoë y a une villa. Bernard Henri-Lévy serait plutôt branché Maroc. Bref, si les peuples maghrébins se soulèvent, c’est par exemple leur jardinier, leur portier, leur femme de ménage, qui vont demander des augmentations ! Au-delà de l’anecdote, la Tunisie est une terre assez fructueuse pour quelques entreprises européennes, notamment françaises et italiennes, qui y jouissent de bonnes conditions1. Alors, qu’un homme à poigne soit sensible aux pots-de-vin et tienne la population en respect2, voilà qui fait les affaires de certains.

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Approfondissement de la lutte des classes au Venezuela

Nous proposons à nos lecteurs un article rédigé par un camarade marxiste vénézuélien, qui est paru sur le site de « la Riposte », le 28 décembre 2010. Si nous ne sommes pas forcément en accord avec la totalité des conclusions qui émanent de ce texte, nous tenons à jouer notre rôle dans le combat qui oppose les masses populaires et les possédants au cœur de l’Amérique latine depuis maintenant plus de 10 ans. Pour les socialistes de toute “obédience”, soutenir le processus révolutionnaire latino-américain en général, et vénézuelien en particulier, revient à faire connaître en Europe la situation sociale et politique qui prévaut dans cette prétendue “chasse gardée” de l’impérialisme nord-américain décidément si rebelle !

Venezuela : début d’une nouvelle offensive contre l’oligarchie capitaliste

Le 17 décembre dernier, les députés du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) ont voté une nouvelle loi d’habilitation qui permet à Hugo Chavez de prendre des mesures rapides, par décret, au cours des 18 prochains mois. Le Président du Venezuela pourra légiférer dans les domaines suivants : infrastructure, transports, services publics, logement, finances, fiscalité, utilisation des terres urbaines et rurales, sécurité civile, défense nationale, coopération internationale et « système socio-économique ».

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« Peuples d’Europe, soulevez-vous » : gauches européennes, réveillez-vous !

Par Julien Guérin (77)

En mai dernier, alors que le gouvernement grec mettait en application un brutal plan de rigueur sous l’injonction de l’UE et du FMI, une immense banderole portant cette inscription était déployée sur le Parthénon. Elle invitait les salariés européens à refuser l’austérité imposée par leur gouvernement et à ouvrir la voie pour imposer d’autres choix politiques et économiques. Depuis un an, ce sont les travailleurs qui paient une crise dont ils ne sont pas responsables : coupes budgétaires, baisse des salaires, licenciements, casse des acquis sociaux (retraites, sécurité sociale…). Rien ou presque ne différencie fondamentalement les choix des gouvernements grecs, portugais, espagnols dirigés par des sociaux-démocrates de ceux des conservateurs qui gouvernent la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Allemagne ou l’Irlande. Dans toutes les grandes capitales d’Europe, les dirigeants n’ont plus qu’un mot à la bouche : lutter contre les déficits et la dette publique. Alors que les États se sont massivement endettés fin 2008 pour garantir les fonds bancaires et éviter un effondrement généralisé du système, les institutions européennes leur demandent désormais de respecter les absurdes critères de Maastricht sur les déficits. Le carcan libéral de l’UE apparaît plus clairement que jamais depuis quelques mois et met en lumière le cruel déficit démocratique des institutions européennes. Les souverainetés populaires sont clairement niées par l’examen préalable des budgets nationaux par la Commission et les préconisations des eurocrates vont toujours dans le même sens : « du sang, de la sueur et des larmes » pour les salariés.

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En Equateur, l’histoire bégaye

Par Jean-François Claudon (75)

A ceux qui doutent que la lutte des classes soit internationale par nature, il n’est pas besoin de répondre par de longs exposés théoriques. Pas besoin non plus de revenir à la situation de la Grèce, garrotée par les traders et les spéculateurs de tous les pays. Pour les sceptiques qui voient la démocratie pure et éthérée là où il y a avant tout rapport de force social et affrontement, la meilleure école reste l’Amérique latine. Nous l’écrivions il y a quelques mois : « l’Amérique latine est à un tournant et l’échec du “Front de résistance au coup d’État” au Honduras aura une signification politique décisive pour tout le sous-continent ». Le rapport de force social, favorable à notre camp depuis la fin des années 1990, semble de nouveau pencher du côté de l’impérialisme. Bien sûr, pas de façon décisive, car la structure sociale objective de la plupart des États de l’Amérique latine, ainsi que la sympathie réelle de millions de travailleurs du sous-continent pour les réalisations d’un Chavez ou d’un Morales, exprimant une volonté farouche de ne pas revenir en arrière, à l’époque des dictatures militaro-libérales, ne peuvent pas assurer à la réaction une victoire aussi facile. Mais la lutte pour l’émancipation n’est jamais un combat hors-sol. Et force est de constater que les événements récents qui se sont déroulés en Équateur prouvent que la contre-révolution, avançant de plus en plus ouvertement main dans la main avec l’impérialisme nord-américain, a su relever la tête…

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A bas la colonisation en terre palestinienne !

Par Tuncay Cilgi (64)

Tout le monde se réjouit de l’annonce faite par le cabinet du 1er ministre israélien, B. Netanyahou, d’un possible « compromis » sur le prolongement du moratoire relatif à la colonisation israélienne. Il aura fallu que le monde entier « implore » le gouvernement d’Israël pour obtenir la simple annonce d’un tel compromis. Mais qu’à cela ne tienne, il n’y a pas encore une décision définitive du gouvernement israélien de l’arrêt total des colonisations en cours. On n’est certes pas surpris de la décision des autorités israéliennes, qui a subi une pression multiforme, à commencer par celle des États-Unis. Cela dit, on avait atteint en Palestine le paroxysme de l’injustice accumulée. Le gouvernement israélien colonise la Palestine contre le droit international et particulièrement la résolution 242 de l’ONU qui exige « le retrait des forces armées israéliennes de tous les territoires occupés » de la Palestine en 1967 lors de la Guerre des Six Jours. L’État d’Israël détient la bombe atomique contre les traités internationaux. Son armée embrigadée et frénétique a attaqué un convoi naval humanitaire international en haute mer à l’encontre du droit international. Le dernier rapport de la commission d’enquête des droits de l’homme de l’ONU, daté du 23 septembre 2010, accable les autorités israéliennes allant jusqu’à dire qu’il y a des preuves suffisantes pour les poursuivre devant la « justice internationale ».

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Le Parti travailliste va-t-il enfin tourner la page blairiste ?

Par Julien Guérin (77)

Après leur défaite aux élections législatives du printemps dernier et le retour au pouvoir d’un parti conservateur re- -looké par le jeune David Cameron mais n’ayant absolument rien renié du thatchérisme, le parti travailliste vient d’élire un nouveau leader. En Grande-Bretagne, cette élection est décisive car le nouveau leader du parti devient de fait le chef de l’opposition et le candidat naturel au poste de premier ministre. Les militants travaillistes, dans l’opposition pour la première fois depuis treize ans, viennent de trancher le duel fratricide entre les Milband, c’est le frère cadet Ed qui a été désigné d’une courte tête. La démission de Gordon Brown avait laissé le poste vacant en juin dernier et avait marqué le début d’une intense campagne interne. La victoire d’Ed Milband est une surprise tant David, ancien ministre et apparaissant comme un homme plus expérimenté, est longtemps apparu comme le favori. Les médias présentent l’arrivée d’Ed, quarante-et-un ans, comme un virage à gauche du parti travailliste. C’est en cela que nous devons garder un œil attentif sur ses premières déclarations et examiner avec soin la ligne qu’il développe.

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