L’accouchement ne sera jamais une marchandise !
12 avril 2012 Laisser un commentaire
La vie est un grand paradoxe. Hier soir, dans le 12e arrondissement, les Bluets étaient en fête. Une maternité en liesse dans la France de Sarkozy, on croit rêver ! Dans la France de ce sombre individu, les femmes se terrent pour enfanter. Dans le pays des banquiers et des actionnaires du CAC 40, la voix du service public est forcément atone. Dans le monde de la rentabilité froide des marchés triomphants, le cri de l’humanité aspirant au bien-être ne peut que se perdre dans le néant, dira-ton… Mais l’humanité est complexe, précisément. Bien plus que ne le pensent les fidèles zélateurs de la RGPP et de la loi Bachelot. Elle ne se résout pas à se mouler docilement dans les cases conçues pour ce faire par d’obscurs bureaucrates qui ont l’orgueil et l’illusion de vouloir régir nos destinées. En vérité, le monde de la périnatalité était en fête hier à Paris, parce qu’il est fondamentalement en colère.









Enfin, ça y est ! Val vient d’être nommé officiellement à la tête de France Inter. Toute la débauche d’énergie que le triste sire de Charlie Hebdo a déployée ses dernières années paye enfin. Comme quoi, il y a une morale dans le monde des grands fauves ! Val est devenu un homme fréquentable pour le gratin médiatico-libéral à grands coups d’édito soporifiques tapant sur les antilibéraux forcément proislamistes -voire hitléro-trotskystes-, sur les « nouveaux beaufs » qui ont voté non au TCE en 2005 (si ça, c’est pas de la haine de classe !), sur les antisionistes qui frayent par définition avec les mollahs et Al Qaida… Il a su faire du journal sulfureux et un rien anar’ de Cavanna et de Siné un brûlot néo-conservateur des plus insipide. Ce génie a même réussi à y associer des gars sympas comme Charb et Riss…
C’était le feuilleton de l’été. « L’affaire », même. Pour les potes de Siné, dont nous étions, il fallait défendre la liberté d’expression coûte que coûte et laisser gueuler cet olibrius qui nous fait si souvent marrer. Pour les marchands d’antisémitisme, il s’agissait à l’inverse de salir en Siné le militant antiraciste et le défenseur inconditionnel de la cause palestinienne. Ces « intellectuels » dont l’antisémitisme est le fond de commerce avaient noué une alliance de circonstance avec Val, ce petit chef médiocre qui voulait définitivement tourner la page du Charlie impertinent et transformer le canard du tandem Cavanna-Siné en journal néo-conservateur au service de son ambition sans limite. C’est pour cette raison que Val n’avait jamais pardonné à Siné d’avoir appelé à voter Non lors du TCE. La campagne de presse a été violente pendant toute l’été dans les médias officiels. En réalité, elle fut aussi violente que la campagne alternative de soutien à Siné n’a été vigoureuse. Retour sur cette affaire, pas si anecdotique qu’elle n’en a l’air…